Quel monde d'après-crise en France ?

Quel monde d'après-crise en France ?

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Eddy Vautrin-Dumaine

Chargé d'étude TNS Sofrès

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Biographie

Diplômé de l'IEP dAix-en-Provence, de l'Université de Freiburg-en-Breisgau (Allemagne) et de l'Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne, Eddy travaille actuellement dans le département politique d'un institut de sondage.

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Alors que la nouvelle d’une France en récession est tombée le 15 mai dernier, quels leviers de sortie de crise semblent crédibles et réalisables aux yeux des Français ? Une question qui nécessite d’appréhender les causes perçues de la crise en même temps que les contraintes de son dépassement. Mais aussi de questionner la perception de l’action publique et la confiance à son égard, au regard des 71% des Français qui affirment que les réformes engagées auront des répercutions négatives sur la situation économique et sociale de leurs concitoyens. Car, seule une compréhension juste du ressenti réel des Français peut permettre d’esquisser un après-crise crédible et capable de sortir le pays de la spirale mortifère.

Une crise subie, vécue et perçue par les Français

Les Français sont inquiets. Selon une enquête de l'Ifop sur le déclassement social et l’auto-positionnement dans la société réalisée pour le compte de la Fondation Jean Jaurès qui sépare schématiquement la société selon une ligne passant au sein des classes moyennes : en moins de deux ans, les Français se disant appartenir aux catégories défavorisées, aux catégories modestes et aux classes moyennes inférieures a augmenté de 10 points (passant de 57 % à 67 %). Dans le même temps, l'autre bloc constitué par les classes moyennes véritables, les classes moyennes supérieures et les favorisés ou les aisés a plongé de 43 % à 33 %. Cette tendance de fond interpelle et inquiète les Français encore davantage que nos concitoyens européens. Craignant d’être confrontés à ce que Philippe Guibert et Alain Mergier appellent le « descendeur social », les Français sont tout particulièrement pessimistes : 85% d’entre eux considèrent que la crise va s’aggraver dans l’année qui vient contre 3 européens sur 4.

Cette crise a bouleversée la hiérarchie des préoccupations des Français. Les questions économiques (chômage, lutte contre les déficits) sont désormais en tête des thèmes sur lesquels il est à leurs yeux indispensable d’agir, au risque d’aller vers une explosion sociale dans les prochains mois que 70% des Français soit une hausse de 4 points comparé à 2009 et 81% des ouvriers jugent désormais plausible.

La France d’après la crise : les leviers perçus d’une sortie de crise

Qui dit crise, dit recherche d’un ou des coupables.

Des grosses entreprises irresponsables et une fiscalité trop lourde

Lorsque les Français cherchent une issue à la crise, nombreux sont qui s’interrogent sur les handicaps de la France. Ainsi

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la crise est à mettre au fait d’exigences de rémunération trop fortes pour les actionnaires, et patrons pour 37% d’entre eux, des industries qui ferment (26%) ou d’impôts trop excessifs (26%).

De l’autre côté du tableau, 1/3 des Français considèrent que la crise nous oblige à rebondir et à mettre en place des réformes nécessaires. A qui confier cette recherche d’un souffle nouveau ?

Les PME et les initiatives locales plébiscitées

Parce que les autorités ne sont pas seulement incapables de trouver des solutions à la crise, mais parce qu’elles aggravent la situation de leurs administrés selon nos concitoyens, nombreux sont ceux qui plébiscitent les entreprises et plus particulièrement les PME pour proposer des solutions, puisque 53% des Français les considèrent comme l’acteur le plus à même de proposer des solutions constructives. A cela s’ajoute la valorisation toujours plus importante de ce qui est local face à ce qui apparait comme global. En effet, alors que 7 Français sur 10 affirment préférer consommer local, les Français, dans leur comportement semblent désormais plus confiants envers ce qui leur semble proche et maitrisable versus. ce qui leur semble lointain, et qu’ils n’ont de cesse de remettre en question.

Le pari de l’optimisme

Craignant la détérioration d’un climat social déjà délétère, l’exécutif entend bien tenter le pari de l’optimisme. En demandant à Jean-Marc Ayrault de présenter un plan d’investissement à la fin du mois de juin pour le numérique, la santé, la transition énergétique, les infrastructures de transport tout en précisant pour que pour en assurer le financement, tout ne pouvait pas venir de l'Etat, François Hollande a de ce fait inscrit son discours dans les leviers de croissance perçus par les Français espérant pouvoir impulser l’an II de la présidence Hollande, placé sous le signe de « l’offensive » et de l’innovation. En effet, 81% des Français considèrent que la qualité des services et produits de leur pays est « plutôt » un atout pour sortir de la crise (soit 7 points de plus que l’ensemble des Européens), comme la recherche et l’innovation technique en matière de produits et services pour 74% des Français (soit 7 points de plus que l’ensemble des Européens).

L’an II de la présidence Hollande semble faire le pari de l’optimisme en misant sur la confiance des Français envers leur capacité à innover et rebondir. En somme il ne s’agit ni plus ni moins de faire en sorte que les promesses politiques comme la réduction du déficit public soient accompagnés par l’affirmation d’objectifs plus consensuels, calés sur une temporalité différente, celle du temps long, et surtout moins contestables, moins qualifiables d’échec.

Un danger tout de même, ne pas prendre la pente du déni, au sein d’une opinion profondément pessimiste ni même celle de l’illusion, cette « foi démesurée » selon Balzac, alors que 6 Français sur 10 (63%) qui ont vu ou entendu parler de la conférence de presse du Président ne l’ont pas trouvé convaincant. Le fossé entre la représentation de la crise et l’attitude de l’exécutif semble pour l’instant nuire à la crédibilité du discours de l’exécutif.

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