Les Français et l’équipe de France de football : La reconquête est-elle possible ?

Les Français et l’équipe de France de football : La reconquête est-elle possible ?

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Raphaël Leclerc

Co-fondateur Délits d'Opinion

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Biographie

Ancien élève de la Sorbonne, du Kings Collège à Londres et diplômé de la London School of Economics, Raphaël Leclerc a travaillé en institut d’études sur des thématiques d’opinion puis en cabinet de conseil en communication. Il est aujourd’hui Directeur Conseil au sein d’ELABE, un acteur hybride qui associe études, planning stratégique et conseil.

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Hasard du calendrier c’est le surlendemain de ce qui reste l'un des matchs les plus aboutis de l’équipe de France de football que BVA a rendu public une étude sur le désamour entre les Français et leur équipe nationale. Si ce sujet a déjà été plusieurs fois évoqué par Délits d’Opinion, à l’occasion de la Coupe du monde 2010 ou plus récemment au lendemain de l’Euro 2012, celle dont Erik Bielderman disait qu’elle « n’avait pas su se rendre aimable », est en train de toucher le fond ; preuve que l’institution a beaucoup plus souffert que les joueurs impliqués. A six mois d'une coupe du monde historique sur le sol brésilien les Bleus peuvent-ils rallumer la flamme ?

Une victoire

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en trompe l’œil qui n’altère pas le jugement à l’acide des Français

Samedi matin tous les indicateurs semblaient au vert : Un succès 6-0 face à la sélection australienne qui dispose déjà de son sésame pour la Coupe du Monde au Brésil en juin 2014, une audience de plus de 6 millions de téléspectateurs (25% de PdM) et pour finir l’impression de redécouvrir les talents bleus trop souvent individualistes ou en manque de confiance lorsqu’ils devaient revêtir la tunique tricolore. Bref, la France du football semblait reprendre des couleurs à trois jours du match décisif contre la Finlande et alors que se profile un match de barrage à hauts risques dans quelques semaines.

L’enquête BVA confirme que plus d’un tiers des Français s’intéressent aux matchs de l’équipe nationale (37%). Un chiffre qui représente tout de même entre 16 et 18 millions de personnes, soit un total relativement proche des meilleures audiences sportives de l’histoire. De plus, ce chiffre est à relativiser dans la mesure où le pays n’est pas (encore) engagé dans une compétition internationale.

Plus inquiétant est le chiffre de la popularité de l’équipe : 14% des personnes interrogées déclarent en avoir une bonne opinion ; ce chiffre atteignant 25% chez les Français qui s’intéressent à l’équipe de France. Pour expliquer ce jugement l’enquête révèle que le grand public juge ces joueurs « trop payés » (par leur club) : 86%), « individualistes » : 84% et « grossiers » : 73%. Autant de qualificatifs qui dépassent le cercle sportif et viennent stigmatiser le rupture du lien entre le pays et sa représentation footballistique dont seuls 8% des Français jugent qu’elle « aime le maillot ».

Lloris, joueur le plus apprécié par les Français, loin devant Ribery possible Ballon d'or FIFA

Indéniablement le fiasco de Knysna en 2010 et la tristement célèbre « affaire du bus » restent dans la mémoire collective (76%) à côté de Séville 1982, de la victoire à l’Euro 1984, de la défaite face à la Bulgarie en 1993 ou du 12 juillet 1998. Mais les Français confient également un manque de passion pour les joueurs qui incarnent l’équipe de France, comme si la médiocrité des résultats joint aux dérapages extra-football avait achevé de creuser le fossé né en Afrique du Sud au cours de la période Domenech : Hugo Lloris est à ce jour le joueur le plus apprécié tandis que Ribery (9%), Benzema (5%) et Nasri (1%) pointent en queue de peloton.

Alors que le France semblerait ne pas pouvoir bénéficier du statut de tête de série à l’occasion de son match de barrage, les Français se montrent très pessimistes sur une qualification : 34% pensent que les Bleus s’envoleront pour le Brésil et la Coupe du monde. Ce jugement est cependant bien plus favorable pour les amateurs de football (56%), signe qu’au-delà du jeu, une majorité de Français s’est éloigné de cette équipe de France.

Comment se racheter une image ?… Avant tout en se rachetant une conduite

S’il est un point sur lesquels les Français s’accordent c’est le souhait de conserver Didier Deschamps comme sélectionneur national, même si celui-ci ne parvient pas à qualifier les Bleus (56%). L’ancien capitaine reste le symbole de la rigueur, de la victoire et de la droiture, sur et en dehors du terrain.

Dans le sport comme en politique la chute n’est jamais mortelle, à condition de savoir remonter en selle. Pour les Bleus le chemin de la rémission est tout tracé : Tout d’abord un comportement exemplaire de la part des joueurs et des preuves tangibles d’une passion retrouvée pour le maillot. A ce titre, la démonstration de l’équipe de Tony Parker (bien mieux payés que les joueurs de football) devrait faire réfléchir certains footballeurs sur « l’esprit France ». Deuxièmement la capacité à reproduire des matchs comme celui de vendredi où les talents se fondent dans un collectif retrouvé. Enfin il faudra du temps, sans doute encore beaucoup de temps, des émotions et des succès pour que les Français pardonnent ces années volées aux supporters et au peuple Bleu-Blanc-Rouge.

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