Rediffusion : E-commerce : la révolution en marche

Photo du profil de Raphaël Leclerc

Raphaël Leclerc

Co-fondateur Délits d'Opinion

Réseaux sociaux

twitterlinkedin

Biographie

Ancien élève de la Sorbonne, du Kings Collège à Londres et diplômé de la London School of Economics, Raphaël Leclerc a travaillé en institut d’études sur des thématiques d’opinion puis en cabinet de conseil en communication. Il est aujourd’hui Directeur Conseil au sein d’ELABE, un acteur hybride qui associe études, planning stratégique et conseil.

Tous les articles de cet expert

On ne le dira jamais assez, notre manière de consommer se transforme chaque jour un peu plus. Pas encore totalement horizontale mais plus du tout verticale la relation entre les marques et les consommateurs est en profonde mutation; plus exactement en évolution constante. Dans cette révolution au long cours l’e-commerce se taille la part du lion et contribue à refondre en profondeur les comportements d’achats. En 3 ans on a observé une croissance de 80% de le-commerce pour atteindre plus de 45Mds de CA sur l’année 2012 en France.

On ne consomme plus, on ne s’informe plus et on n’interagit plus comme hier avec les marques. Le consommateur de 2013 veut du service 24/7, désire partager un moment avec l’entreprise dont il consomme le produit, souhaite plus d’attention, exige une connaissance de ses demandes avant même qu’elles existent, impose une totale transparence sur le prix, etc. Bref, les liens entre consommateurs et entreprises sont renforcés, dans l’intensité, la fréquence et la proximité. Dans ce contexte on observe une croissance forte de l’e-commerce et de ses acteurs, usant au mieux des potentialités d’Internet. Après le rush Noël/soldes, l’Institut CSA a réalisé une étude détaillée sur l’avenir de l’e-commerce (FEVAD) et les tendances qui devraient structurer son développement, au moins sur 2013…

L’achat sur Internet, une tendance forte qui s’explique par l’impératif d’économies

80% des internautes ont eu recours à Internet pour réaliser leurs achats de Noel et 98% se sont déclarés satisfaits des produits achetés. Alors que la fracture numérique s’est estompée, celle de l-e-commerce semble être la nouvelle digue qui vient de céder ; presque sans crier gare. Ces résultats viennent confirmer que l’e-commerce n’est plus une mode mais bien une norme. Pour l’expliquer on citera le nombre très faible d’incidents de livraison (étude IFOP de 2012)

Dans le détail les Français confient que l’utilisation d’Internet leur permet de « comparer les prix » (72%), de « bénéficier de promotions et de prix attractifs » (72%), ou bien encore « d’économiser du carburant » (25%). Clairement, Internet est avant toute chose le moyen de réaliser des économies même si les personnes interrogées déclarent que le contexte économique de 2013 ne devrait pas modifier sensiblement leur comportement d’achat cette année. Si ce deux réponses peuvent sembler paradoxales elles démontrent l’intégration par  les consommateurs des nouveaux comportements d’achats. A ce jour, seuls les problèmes de rupture de stocks et du prix de la livraison sont mis en avant pour expliquer certaines réticences.

Cette tendance est renforcée par la typologie des produits qui sont achetés sur le Net. On note ainsi que parmi les produits qui devraient être achetés davantage en 2013, les « produits alimentaires » et les « bons d’achats » figurent en tête. Des indicateurs forts d’une dégradation du contexte et des perspectives.

Le virage du smartphone devrait se confirmer en 2013

Devenu le meilleur ami de l’homme, le Smartphone a causé une nouvelle révolution après celle d’Internet et des réseaux sociaux. En permettant la géolocalisation, l’achat mobile, la comparaison instantanée et finalement la mobilité « utile », l’outil est devenu religion. Celui que l’on nomme le M-commerce représente en 2012, 2,2 milliards d’euros. C’est une hausse de 633% en deux ans.

On note d’ailleurs que l’achat de produits personnalisés comme « les habits ou les chaussures » est en forte progression : 18% des Français déclarent vouloir en acheter plus via Smartphone cette année que la précédente (soit environ 8m de consommateurs). Autres exemple, les « tickets et billets », qu’ils soient pour se déplacer (train, avion) ou pour assister à un spectacle (concerts, expositions) sont déjà devenus des incontournables des achats via le téléphone portable.

On observe que le Smartphone est avant tout utilisé pour comparer les offres (77%), obtenir plus d’informations (56%) et connaitre les avis des clients sur un produit (44%). Ces éléments confirment que l’action d’achat ne se fait plus uniquement de l’entreprise à l’individu. La prise en compte d’avis extérieurs est devenue cruciale comme le démontre l’explosion de sites de « marketing par l’essai », les forums consommateurs et des sites d’avis sur les produits de grande consommation.

Si les lieux de commerces ont toujours un avenir cette étude fait émerger les tendances qui dicteront les évolutions de demain. Alors que le modèle de l’hypermarché semble voué à se transformer, le drive et l’e-commerce sont des virages importants que tous les groupes de distributions doivent bien négocier. Cet impératif de transformation est devenu une nécessité au risque de se voir dépasser, en sortie de virage, par les pure-player de l’e-commerce que sont Amazon, Groupon, ConsYoumers, Vente privée ou les acteurs de demain, lesquels pourraient venir de Chine.

Partager ce contenu :