Taxe carbone, fossoyeur du développement durable.

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Matthieu Chaigne

Co-fondateur Délits d’Opinion

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Biographie

Diplômé de Dauphine, de l’EDHEC et d’un master de Lettres à la Sorbonne, Matthieu Chaigne commence sa carrière en tant que planneur stratégique au sein d'Ogilvy. En  2012,il intègre le cabinet de communication stratégique Taddeo comme Directeur Conseil. Il est aujourd'hui Directeur Associé du groupe BVA (pôle conseil/ Le pouvoir des idées)  il est par ailleurs l'auteur de "La France en Face" aux éditions du Rocher.  

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Plus ca va,  plus il pue. Pollué par les tractations politiques, récupéré  par les  écologistes de la 25ème heure, ayatollahs à la recherche d’une virginité écologique, le développement durable est en train de perdre son âme. La taxe carbone  porte le coup fatal, sapant  la philosophie et l’avenir de ce projet de société.

C’était  pourtant un bel ovni. Une révolution douce, impulsée par la société civile. Avant-gardes éclairées, les citoyens ont  les premiers  manifesté leur préoccupation dans les années 2000.  Ils ont imposé ce sujet au cœur de la campagne présidentielle de 2007. Ils ont  enfin  utilisé l’arme  la plus efficace, la consommation,  pour toucher le nerf de la guerre : l’économie. A travers leurs choix de consommation, les citoyens  ont obligé les entreprises à adopter des pratiques plus soucieuses de l’environnement et  plus justes éthiquement.

La taxe carbone  signe la fin du consensus.  Elle travestit  un sujet fondé sur l’initiative personnelle en règle coercitive, punitive, injuste. Instaurer une taxe  c’est laisser croire qu’une ponction résoudra ce problème gigantesque, c’est ignorer qu’une plus juste répartition des richesses, un meilleur souci de l’environnement  nécessiteront un changement drastique, profond et couteux des comportements individuels,  incompatibles avec une  logique de contrainte.

Bien-sûr, cette taxe  fait l’unanimité contre elle. 65% des Français y sont opposés selon l’IFOP. Un refus qui dépasse tous les clivages, Ce n’est pas grave diront encore certaines élites éclairées, qui pensent que les avancées écologiques et éthiques peuvent se faire malgré les citoyens. Qui jugent que les compensations sauront calmer des concitoyens surtaxés, qui savent toujours ce qu’on leur ponctionne et ignorent ce qu’on leur rend.

Dans leur tour d’ivoire, ils ignorent que la conversion écologique des français est encore fraiche. Si les Français connaissent en grande majorité le terme développement durable, ils méconnaissent souvent ce que le concept recoupe. Grâce à la taxe carbone,  le développement durable est maintenant assimilé à une lubie de riches et de bobos  ignorant que La France ne se résume  pas à  Paris,  et que les velib sont rares dans les campagnes de la Beauce.

Contre-productive, parce qu’elle n’est pas dissuasive, nuisible, parce qu’elle dépossède les français de leur responsabilité individuelle, la taxe carbone fait un formidable bond en arrière : en 2009,  on peut désormais  acheter le droit de polluer.

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