Les Français, européens solidaires… en attendant leur tour

Les Français, européens solidaires… en attendant leur tour

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Raphaël Leclerc

Co-fondateur Délits d'Opinion

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Biographie

Ancien élève de la Sorbonne, du Kings Collège à Londres et diplômé de la London School of Economics, Raphaël Leclerc a travaillé en institut d’études sur des thématiques d’opinion puis en cabinet de conseil en communication. Il est aujourd’hui Directeur Conseil au sein d’ELABE, un acteur hybride qui associe études, planning stratégique et conseil.

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Il y a quelques heures, le président Allemand Horst Köhler a apposé sa signature au bas du document de « prêt » consenti par l’Union Européenne et validé en début de journée par le Bundestag puis par la chambre haute, le Bundesrat. Après des semaines de dures négociations qui sont allées jusqu’à évoquer la réquisition de plusieurs iles Grecques par l’Union Européenne, Athènes va recevoir un peu plus de 110 Mds d’euros dont 80 Mds proviennent des caisses – plutôt vides – des pays membres de l’UE.   

Alors que l’opinion publique allemande s’est fortement mobilisée contre le prêt de 22,4 Mds d’euros (pour les citoyens allemands), les Français se sont montrés bien plus solidaires pour leurs homologues hellènes. Dans un sondage réalisé par l’institut BVA pour la matinale de Canal+, 60% des Français déclarent soutenir la décision des pays membres de venir en aide à la Grèce.

Dans le détail on retiendra que les publics les plus touchés par la crise économique actuelle, à savoir les jeunes (52%), et les personnes disposants des plus faibles revenus (46%), se montrent moins favorables à cet élan de générosité. On peut également noter qu’aux yeux des Français, ce soutien financier doit s’accompagner de mesures fortes (62%) ; une position défendue en particulier par les électeurs de droite (82%) alors que les sympathisants de gauche sont moins nombreux à soutenir les contreparties dictées par Berlin (44%).

Cette image d’une France solidaire alors que le contexte de crise s’amplifie et que les agences de notation n’hésitent plus à dégrader la note des pays de l’UE pourrait sembler particulièrement remarquable. Pourtant, une autre indication permet de donner une coloration bien plus négative à ce geste, rappelant ici que la politique et les relations internationales ne se basent pas uniquement sur de bons sentiments.

En effet, trois quart des Français estiment que la France pourrait connaitre une situation de crise financière comparable à celle de la Grèce dans les mois à venir (61% en mars 2010 selon l’Ifop). A l’inverse, dans cette étude de l’Ifop publiée le 25 mars 2010, seuls 34% des Allemands estimaient que leur pays pouvait connaitre une situation proche de celle de la Grèce dans un avenir proche.

Ainsi, il semblerait exister une corrélation entre la perception du risque de faillite pour la population et son soutien au plan d’aide européen. Cette solidarité « par défaut » est donc « concédée » plus qu’elle n’est pleinement souhaitée. Pensant être les prochains sur l’échafaud, les Français font un investissement en prêtant ces 6 Mds aux grecs… Espérant les retrouver lorsqu’ils en auront besoin… Pessimisme quant tu nous tiens !

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