Comment les Européens sont-ils connectés ?

Comment les Européens sont-ils connectés ?

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Pierre Jougla

Biographie

Diplômé de l’IEP de Bordeaux et de l’Université de sciences politiques de Cardiff, Pierre Jougla travaille aujourd'hui au sein du département Politique d’un institut de sondage.

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La Commission et plus précisément la Direction générale de la société de l’information et des médias s’est penchée comme chaque année sur les communications électroniques auprès des ménages européens. Délits d’Opinion, en partenariat avec les Euros du Village, s’est penché sur les différence qui existaient entre les citoyens européens.

Une évolution qu’on ne pourra plus constater à ce stade : la proportion des Européens ayant dans leur foyer un accès à la téléphonie a augmenté de 3 points en un an, pour atteindre 98%. La télévision, c’est 98% aussi ; mais en hausse de deux points « seulement ». Internet ? Encore loin du compte : 57%, mais en hausse de 8 points sur la même période.

La télévision, objet démocratique par excellence ?

Aux rares qui prédisent la fin de la télévision, l’Eurobaromètre inflige un démenti cinglant. Fin 2009, la quasi-totalité des foyers européens abritaient une télévision : au moins 93% en Finlande, jusqu’à 100% en Grèce, en Espagne et à Chypre. Elle est toujours principalement reçue par voie hertzienne (34%, -7 points en deux ans), par le câble (30%, -4 points), par satellite (24%, +2), mais de plus en plus par la voie numérique terrestre (23%, +11) et encore marginalement (4%, +2) par réseau téléphonie + modem – les box, comme on dit couramment dans l’hexagone. En effet, ces dernières sont particulièrement répandues en France, où 19% des foyers les utilisent pour recevoir la télévision (+13 points entre 2008 et 2009). La télévision numérique terrestre y est aussi appréciée (35%, +14), mais pas autant qu’en Espagne, où elle a pris en un an la première place dans les foyers (60%, +48).

Un accès à la téléphonie très répandu, mais moins égalitaire

98% des Européens ont en 2009 accès à la téléphonie, fixe ou mobile. On retrouve des scores de 100% en Suède, à Malte, au Luxembourg, aux Pays-Bas, à Chypre, au Danemark et en Slovénie. Lanterne rouge, la Roumanie, où près de 15% des ménages n’ont pas accès au téléphone.

Le portable poursuit son développement

Le taux de pénétration du mobile en Europe s’établit en 2009 à 87%, en hausse de 4 points en un an. Une hausse particulièrement marquée en Bulgarie (+10), en Espagne (+9) et en Slovaquie (+8). In fine, même dans les pays où le mobile est le moins répandu, ce sont au moins sept habitants sur 10 qui y ont accès (72% en Roumanie et 78% en Bulgarie).

Si plus de 6 ménages sur 10 (62%, en hausse de 4 points en deux ans) ont aujourd’hui accès à la fois à la téléphonie fixe et à la téléphonie mobile, les mobile only sont bien plus nombreux (25%, stable) que les landline only (11%, -3). Et ils le sont bien plus encore dans les douze États membres qui sont devenus de nouveaux membres de l’UE en mai 2004 ou janvier 2007 : 46% des ménages n’y ont accès qu’au mobile, pour 21% des quinze premiers membres.

Mais le fixe résiste

Le téléphone fixe n’est pas mort, loin s’en faut : 73% des Européens y ont accès, en hausse de 3 points sur un an. Mais l’accès à la téléphonie fixe connaît des évolutions très différentes selon les pays : on observe des hausses de 14 points au Portugal (54%), 11 points en Lituanie (44%), 8 points en Allemagne (89%), en Hongrie (50%) et en Italie (67%), mais des baisses de 13 points en Finlande (28%) et de 10 points en Pologne (52%). In fine, l’accès est encore beaucoup moins développé dans les douze États qui sont devenus de nouveaux membres de l’UE en mai 2004 ou janvier 2007 : 48%, pour 78% dans les pays de l’Europe des Quinze.

Un ordinateur dans deux tiers des foyers

En moyenne, fin 2009, ce sont 64% des ménages qui sont équipés, en hausse de 7 points en un an. Mais on observe le même phénomène (quoique dans une moindre mesure) pour l’équipement en ordinateurs dans les foyers que le téléphone fixe : les deux tiers (66%) des habitants des pays de l’Europe des Quinze sont équipés d’un ordinateur, pour une grosse moitié (53%) dans les États devenus membres de l’UE plus récemment.

Près de six européens sur 10 ont accès à Internet, un tiers à l’Internet mobile

L’accès à Internet suit lui aussi une tendance haussière, qui s’établit en moyenne à 57%, en hausse de 8 points. Et le haut débit continue sa progression : en hausse de 12 points, à 48%, arrivant en tête dans l’ensemble des pays de l’UE, même si le bas débit reste très répandu en Lituanie (31%) et en Allemagne (25%).

Notons aussi qu’un tiers des Européens (33%) peuvent se connecter à Internet depuis leur mobile. Des différences sensibles sont là aussi observables selon les pays (58% en Suède, pour 15% en Bulgarie et 12% en Roumanie).

Un tiers des Européens utilisent les réseaux sociaux

La Commission s’est aussi penchée en 2009 sur l’utilisation des réseaux sociaux (Facebook, MySpace, Twitter etc.) : fin 2009, plus d’un tiers (35%) des Européens les utilisaient, contre 63% qui déclaraient ne jamais les utiliser ou n’ayant pas d’accès à Internet. Une proportion qui varie là encore selon les pays étudiés : 57% des Lettons, 52% des Néerlandais et des Danois les utilisent, pour 19% en Roumanie et 23% en Bulgarie, les deux pays qui sont le moins en pointe sur l’Internet mobile.

Et lorsqu’ils utilisent les réseaux sociaux, les Européens le font de manière plutôt fréquente : 57% le font au moins deux ou trois fois par semaine, contre moins d’un quart (23%) qui les utilisent une fois par semaine ou deux fois par mois.

L’inquiétude quant à l’usage des données personnelles : une question qui divise

Parallèlement, les citoyens Européens sont divisés quant à l’inquiétude face au mauvais usage des données personnelles disponibles sur les réseaux sociaux : 45% s’en disent soucieux, contre 44% qui ne s’en disent pas soucieux.

Mais cette inquiétude davantage dans les pays de l’Europe des Quinze (47% d’inquiets, pour 38% dans les douze autres États), et surtout chez la première génération de parents dont les enfants sont de véritables digital natives (53% d’inquiets parmi les 40-54 ans), les plus éduqués (51%) et enfin les utilisateurs des réseaux sociaux eux-mêmes (51%), plus sensibles que les non-utilisateurs (43%).

 

Retrouvez les Euros du Village sur : http://www.eurosduvillage.eu

 

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