Peur à la grecque

Photo du profil de Matthieu Chaigne

Matthieu Chaigne

Co-fondateur Délits d’Opinion

Réseaux sociaux

twitterlinkedin

Biographie

Diplômé de Dauphine, de l’EDHEC et d’un master de Lettres à la Sorbonne, Matthieu Chaigne commence sa carrière au département Stratégies d’opinion d’un institut d’opinion. En 2007, il intègre le groupe de communication Ogilvy & Mather en tant que planneur stratégique. Il est depuis 2012 Directeur Conseil du cabinet de communication stratégique Taddeo.

Tous les articles de cet expert

Dans un sondage CSA publié au début du mois de mai par le quotidien Aujourd’hui en France,  67% de nos compatriotes indiquaient redouter une contamination de la crise grecque en France. Un chiffre qui démontrait alors l’ampleur de la peur, suscitée par la crise de liquidités  de notre voisin européen. Une inquiétude  qui n’épargne aucune catégorie sociale : quel que soit leur niveau d’éducation, quelle que soit leur compréhension des mécanismes de la crise, nos compatriotes redoutent l’effet papillon.

Cette angoisse croissante rend-elle légitime l’intervention européenne aux yeux de nos compatriotes ?

L’analyse d’un sondage Ifop pour La lettre de l’Opinion, révèle que la peur gonfle les rangs des « interventionnistes ». Alors que seuls 53 % de nos compatriotes se prononçaient en faveur d’une intervention financière de la France pour aider les grecs mi mars, ils sont 66 % à la souhaiter en ce mois de mai 2010.

Mais cette adhésion globale ne doit pas occulter la voix  « des protectionnistes ».  Seule une courte majorité des employés et ouvriers, soit respectivement  55% et 52%  d’entre eux, se prononcent pour un soutien financier de la France à la Grèce. Une aide financière vécue comme un cadeau à l’étranger, alors qu’eux-mêmes souffrent et craignent pour leur pouvoir d’achat.

Alors, la crise grecque, symbole de l’immense fragilité du peuple européen ou de sa solidarité sans faille ?  Les français hésitent, et la tentation du repli sur soi n’a jamais semblée aussi forte.

Selon l’Ifop, 38 % de nos compatriotes se prononcent pour le retour de l’euro. Un chiffre qui atteint 58 % auprès des employés et 59 %  auprès des ouvriers. Cette nouvelle crise souligne  l’important travail pédagogique à mener, pour démontrer que l’euro, et plus globalement la construction européenne sont, autant une interdépendance entre européens qu’un bouclier protecteur  pour la France.

Partager ce contenu :

Laisser un commentaire