Nicolas Sarkozy a t-il convaincu les Français?

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Matthieu Chaigne

Co-fondateur Délits d’Opinion

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Biographie

Diplômé de Dauphine, de l’EDHEC et d’un master de Lettres à la Sorbonne, Matthieu Chaigne commence sa carrière en tant que planneur stratégique au sein d'Ogilvy. En  2012,il intègre le cabinet de communication stratégique Taddeo comme Directeur Conseil. Il est aujourd'hui Directeur Associé du groupe BVA (pôle conseil/ Le pouvoir des idées)  il est par ailleurs l'auteur de "La France en Face" aux éditions du Rocher.  

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L’intervention du Président de la République, le 27 octobre sur TF1 et France 2 a-t-elle convaincu les Français ? Deux instituts de sondage, TNS Sofres et OpinionWay, ont conduit une enquête dans ce sens. Et les résultats peuvent apparaitre à première vue contradictoires.

Selon TNS Sofres, une majorité de français ayant regardé l’intervention du président n’a pas été convaincue. 56% estiment que Nicolas Sarkozy « n’a pas été convaincant » contre 44% d’un avis contraire. Les résultats fournis par OpinionWay vont dans le sens opposé. 55% des Français affirment que le Président de la République a été convaincant contre 45% d’un avis contraire. Légitimement, les commanditaires peuvent d’un côté titrer que « les Français n’ont pas été convaincus » par la prestation de Sarkozy, et affirmer pour les commanditaires d’Opinion Way que « les Français ont été convaincus ».

Qui croire ? Une question d’autant plus épineuse que les instituts ne peuvent ici se réfugier derrière des libellés de questions divergentes ; Les intitulés des questions posées par les deux instituts sont identiques, de même que les bases des répondants. En effet, le temps est heureusement révolu, où l’on communiquait des chiffres incluant des sondés, qui pour certains, se prononçaient sur une intervention qu’ils n’avaient pas vue…

En réalité ces écarts sont seulement le reflet des limites, maintes fois évoquées des enquêtes d’opinion. D’abord les sondages d’opinion, à la différence des intentions de vote, ne sont pas redressés en dehors du seul respect de la méthode des quotas – sexe, âge, CSP, catégorie d’agglomération, et zone géographique d’habitation-. Quand les intentions de vote prévoient des questions de reconstitution de vote antérieurs pour recouper les réponses apportées avec des données réelles, les enquêtes d’opinion prennent la parole du sondé comme seule vérité. Une situation qui nécessite plus que jamais de nuancer les résultats par des marges d’erreurs de 2 à 3 points

Au final, ce début de polémique confirme que les chiffres bruts ne veulent pas dire grand-chose et que seule compte la tendance. En l’occurrence, et ici réside peut-être la seule information incontestable de ces sondages, le Président, comparativement aux précédentes interventions a su davantage mobiliser son camp ainsi que les électeurs du centre. Une information pas totalement inintéressante….

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