L’euro, monnaie de la discorde ?

L’euro, monnaie de la discorde ?

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Matthieu Chaigne

Co-fondateur Délits d’Opinion

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Biographie

Diplômé de Dauphine, de l’EDHEC et d’un master de Lettres à la Sorbonne, Matthieu Chaigne commence sa carrière en tant que planneur stratégique au sein d'Ogilvy. En  2012,il intègre le cabinet de communication stratégique Taddeo comme Directeur Conseil. Il est aujourd'hui Directeur Associé du groupe BVA (pôle conseil/ Le pouvoir des idées)  il est par ailleurs l'auteur de "La France en Face" aux éditions du Rocher.  

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Lors de la cérémonie des vœux, le chef de l’Etat se livrait  à un vibrant plaidoyer pour la défense de l’Euro, soumis à de violentes critiques depuis quelques mois. Après sa contribution supposée à la  hausse des prix, la monnaie unique est en effet soupçonnée de favoriser la dérive  financière de la zone européenne.

Mais, au-delà des querelles d’experts, qu’en pensent les français ? Interrogés sur la question en janvier 2011 par l’IFOP, nos concitoyens sont 28% à souhaiter « que la France abandonne l’Euro et revienne au franc », contre 72% d’un avis contraire.

Etonnement, le souhait de quitter l’euro semble diminuer, alors même que les critiques ne se sont pas taries ces 6 derniers mois. Ainsi,  en mai 2010, 38% de nos compatriotes  souhaitaient une sortie de la monnaie européenne, soit 10 points de plus qu’aujourd’hui.  La probabilité plus forte d’une implosion de la monnaie européenne conjuguée aux efforts de pédagogie d’une grande partie de la classe politique auront sans doute contribué  à limiter les velléités d’indépendance.

Néanmoins, ces chiffres cachent de grandes disparités entre les catégories socioprofessionnelles. Les employés et les ouvriers, plus sensibles aux mouvements de prix, sont les plus hostiles à la nouvelle monnaie européenne, souhaitant à respectivement 40% et 49% une sortie de l’euro. A l’inverse, les professions libérales et cadres supérieurs ne sont que 11% à souhaiter une sortie de l’euro. Comme habituellement sur les questions européennes, le degré d’éducation influe également fortement sur la perception et les avantages de la monnaie européenne. Enfin, une analyse par tranche d’âge permet  de constater que les plus nostalgiques du franc ne sont pas les plus âgés, contrairement aux idées reçues. Ainsi les plus de 65 ans ne sont que 13% à souhaiter un retrait  français de la zone euro.

Malgré une défiance vis-à-vis de l’euro qui a visiblement  atteint un effet de seuil,  la question sera sans aucun doute présente durant la campagne présidentielle. Souhaitée par 71% des sympathisants FN et 52% des sympathisants de la LCR, la sortie éventuelle de l’euro par la France constituera une zone de clivage forte entre partis de gouvernement et partis contestataires.

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