Les voix du seigneur sont impénétrables

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Matthieu Chaigne

Co-fondateur Délits d’Opinion

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Biographie

Diplômé de Dauphine, de l’EDHEC et d’un master de Lettres à la Sorbonne, Matthieu Chaigne commence sa carrière en tant que planneur stratégique au sein d'Ogilvy. En  2012,il intègre le cabinet de communication stratégique Taddeo comme Directeur Conseil. Il est aujourd'hui Directeur Associé du groupe BVA (pôle conseil/ Le pouvoir des idées)  il est par ailleurs l'auteur de "La France en Face" aux éditions du Rocher.  

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Un rappel du pape Benoit XVI sur le respect de la dignité humaine, diverses initiatives de prêtres opposés à la politique du gouvernement à l’égard des Roms ont ravivé une question que l’on pensait reléguée aux oubliettes depuis les occupations d’églises par des sans-papiers, il y a maintenant 15 ans : est-il du rôle de l’Eglise catholique  d’interférer dans la politique intérieure française. Interrogés sur cette question par l’institut CSA, les Français sont divisés, mais une courte majorité, 53%, désapprouve la prise de position de l’Eglise catholique dans son ensemble estimant que «  l’église n’était pas dans son rôle ».

Or, à la lecture du sondage, il semble que la guerre des religions entre catholiques et « laicards » n’ait pas eu lieu. Les catholiques sont en effet 54 % à estimer que l’Eglise n’était pas dans son rôle, attestant que, sur ce sujet, l’affinité politique ait pris le pas sur les convictions religieuses.

Premier constat,  en effet, les Français se sont positionnés  à l’aune de leur conviction. En d’autres termes, les partisans de la politique sécuritaire ont eu davantage tendance à trouver que «  l’église n’était pas dans son rôle en critiquant la politique du gouvernement, notamment à l’égard des Roms ». Parmi eux,  les électeurs de droite, ont particulièrement mal vécu – 63% d’entre eux-  le fait que l’église catholique ait outrepassé son rôle. Un chiffre d’autant plus fort que les électeurs de droite ont historiquement une surreprésentation de catholiques en leur sein. A l’inverse, les électeurs de gauche ont trouvé un allié inespéré dans l’église pour critiquer la politique sécuritaire du gouvernement. Ces électeurs ont donc logiquement estimé que l’église était dans son rôle : les ennemis de mes ennemis……

Cette affirmation doit cependant être fortement nuancée auprès des électeurs catholiques pratiquants. Alors que 40% seulement des catholiques soutiennent l’église catholique dans cette séquence,  ce chiffre atteint 56 % auprès des catholiques pratiquants. Entre la voix de Dieu et celle du gouvernement Sarkozy, ces électeurs ont tranché.

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