Les révolutions arabes font-elles peur ?

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Matthieu Chaigne

Co-fondateur Délits d’Opinion

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Biographie

Diplômé de Dauphine, de l’EDHEC et d’un master de Lettres à la Sorbonne, Matthieu Chaigne commence sa carrière en tant que planneur stratégique au sein d'Ogilvy. En  2012,il intègre le cabinet de communication stratégique Taddeo comme Directeur Conseil. Il est aujourd'hui Directeur Associé du groupe BVA (pôle conseil/ Le pouvoir des idées)  il est par ailleurs l'auteur de "La France en Face" aux éditions du Rocher.  

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Alors que différents pays d’Afrique du Nord et du Moyen-Orient  vivent des bouleversements historiques, l’institut Ifop a voulu tester les ressentis de nos compatriotes. Et, à la lumière des résultats, on ne peut guère parler d’engouement. Les Français ressentent majoritairement de l’appréhension : 49% d’entre eux évoquent un sentiment  de  crainte contre 40% qui ressentent plutôt de l’espoir.

Hormis les 18-24 ans, toutes les tranches d’âges éprouvent des sentiments majoritairement négatifs à l’égard de ces soulèvements populaires.  La sensibilité politique joue  aussi grandement  dans la perception de cette situation : ainsi les électeurs de droite se montrent beaucoup plus craintifs à l’égard de cette révolte, tandis que les électeurs de gauche éprouvent majoritairement de l’espoir.

Alors qu’on aurait pu s’attendre à un plébiscite envers ce mouvement révolutionnaire, les sympathisants de Lutte Ouvrière et du NPA d’Olivier Besancenot semblent  éprouver des sentiments particulièrement partagés envers cette destitution des régimes autoritaires : pour 52 %  » les  évènements qui se produisent depuis plusieurs semaines dans les pays arabes, inspirent   de la crainte, contre 34% qui ressentent de l’espoir. De la même façon les employés, ouvriers et retraités s’inquiètent particulièrement des conséquences de ces changements de régime.

Comment expliquer des sentiments aussi mitigés vis-à-vis d’un mouvement d’émancipation ?

Au cœur des préoccupations des  personnes interrogées,  de droite comme de gauche, on anticipe « une augmentation du nombre d’immigrés en direction de l’Europe ». L'hypothèse d’un afflux d'immigrés parait probable à une grande majorité d’électeurs de droite. Un diagnostic largement partagé à gauche. Ainsi,  ces derniers sont 78%  à juger probable l’augmentation du nombre d’immigrés, soit 8 points de moins seulement que les électeurs de droite.
 
Les révolutions en cours inquiètent nos compatriotes. Le renversement de régimes autoritaires signe aussi à leurs yeux, l’émergence de nouvelles menaces – immigration, risque islamique- qui pourraient impacter négativement leur quotidien.

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