Elections régionales : un scrutin qui n’a pas su passionner

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Mayeul l'Huillier

Co-fondateur de Délits d’Opinion

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Biographie

Après un diplôme de l’Edhec, Mayeul l'Huillier a consacré les premières années de sa vie professionnelle aux études d'opinion et aux affaires publiques. Il travaille désormais dans le secteur viticole où il dirige le Syndicat Viticole des Graves. 

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Le léger sursaut citoyen du second tour n’aura pas suffi à cacher l’ampleur de la crise. Avec un taux d’abstention de 48.81% ce dimanche 21 mars,  ce scrutin signe bien sûr la victoire incontestable de la gauche, mais révèle aussi l’ampleur d’un fossé qui se creuse entre nos concitoyens et les représentants politiques. Les Français ont clairement boudé la campagne. Selon un sondage de l’institut CSA réalisé dimanche 14 mars après le 1er tour des élections régionales, 34% des personnes intérrogées affirmaient s’être intéressées beaucoup ou assez à la campagne électorale. A l’inverse, les deux tiers de la population expriment un intérêt limité ou nul, soit 14 points de plus que lors des élections européennes de Juin 2009 qui ne semblaient déjà pas avoir passionné les Français.

Ce résultat révèle un désintérêt plus marqué dans certaines catégories de population comme les plus jeunes (23% d’intérêt chez les moins de 30 ans), les femmes (30%), les catégories socioprofessionnelles les moins aisées (25% chez les CSP-), et les moins diplômés (29% des sans diplôme), c’est-à-dire certaines des catégories de population sur lesquelles Nicolas Sarkozy s’était appuyé pour se faire élire à l’Elysée en 2007. En regardant le vote des répondants à l’élection présidentielle de 2007, on retrouve donc logiquement le plus faible intérêt chez les électeurs de l’ancien maire de Neuilly (33%) après les abstentionnistes de 2007 (27%).

Enfin, l’intérêt des électeurs pour ce scrutin régional est fortement plus marqué chez les personnes ayant voté pour les listes du Front de Gauche (59%) et, dans une moindre mesure, du Parti Socialiste (46%), montrant ainsi la capacité de ces deux forces d’opposition à mobiliser leurs électeurs sur les enjeux du vote. A contrario, avec 34% d’intérêt chez les électeurs du FN, il apparaît clairement que ce n’est pas spécifiquement la campagne et les problématiques régionales qui ont aidé le Front National à atteindre 11,6% au niveau national.

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