Chinois, pollueurs inconscients?

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Raphaël Leclerc

Co-fondateur Délits d'Opinion

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Biographie

Ancien élève de la Sorbonne, du Kings Collège à Londres et diplômé de la London School of Economics, Raphaël Leclerc a travaillé en institut d’études sur des thématiques d’opinion puis en cabinet de conseil en communication. Il est aujourd’hui Directeur Conseil au sein d’ELABE, un acteur hybride qui associe études, planning stratégique et conseil.

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21% des Chinois sont conscients du changement climatique et estiment qu’il constitue une menace pour leur personne.

A quelques 5 000km de Copenhague où se déroule depuis lundi 7 décembre la conférence mondiale sur le changement climatique se trouve la Chine, deuxième pollueur mondial derrière les Etats-Unis. Dans cet immense pays, à qui l’on promet un avenir taille XXL le niveau d’information moyen est relativement faible, que cela soit sur les sujets politiques, économiques ou environnementaux. La censure en place rend la diffusion et le partage de l’information particulièrement difficile et permet d’expliquer pourquoi selon le dernier sondage de l’institut Gallup seulement 1 Chinois sur 5 est conscient du changement climatique et des menaces qu’il fait peser sur chacun d’entre nous.

Ce chiffre indique que les représentants chinois qui se rendent à Copenhague pour annoncer une diminution de 40% de leurs émissions de carbones ne sont  pas poussés par une opinion publique particulièrement mobilisée. Pour comprendre cette méconnaissance, presque inquiétante, il faut analyser plus globalement  le niveau d’information de la population chinoise sur le thème du réchauffement climatique.

En effet, moins de deux chinois sur trois (62%) sont conscients des transformations climatiques en cours.  Dans le détail, on note un fort clivage entre ce que l’on appelle les deux Chine, celle de la ville et la Chine rurale. Les Chinois vivant en ville sont 77% à se déclarer conscients des évolutions climatiques tandis que les ruraux sont une faible majorité (52%) à partager le même avis.

On observe également un clivage très fort selon le niveau de diplômes des personnes interrogées ; un clivage qui fait même disparaître celui de la localisation géographique. Les ruraux ayant quitté l’école après huit années d’études  (eq. en France de la fin du cycle primaire) sont 47%  à se dire conscients des modifications climatiques contre 78% pour les ruraux étant allés au terme des quinze années d’études (eq. Baccalauréat). On observe la même dynamique pour les urbains avec respectivement 63% et 86% de personnes conscientes des évolutions climatiques.

La double corrélation qui existe entre l’information, le lieu de résidence et la poursuite d’études est confirmée par le taux très important de Chinois diplômés de l’enseignement supérieur se disant conscients des transformations du climat : 98% ; un résultat supérieur à la moyenne américaine (97%) !

On retiendra donc que s’il semble exister deux Chine concernant le degré de connaissance des transformations climatiques, il existe également deux Chine de la pollution. En conclusion, la Chine est bien double, étirée entre des pollueurs-urbains-diplômés conscients des enjeux de Copenhague et une population rurale peu éduquées pour qui les accords internationaux sur l’avenir de la planète ne semble pas être une priorité… A moins qu’ils ne remettent en cause la prochaine mousson !

 

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