Elections américaines : « Les Européens célèbrent Obama sans savoir ce qu’il propose »

Elections américaines : « Les Européens célèbrent Obama sans savoir ce qu’il propose »

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Pierre Toullec

Président de l'Association des Amis du Parti Républicain

Biographie

Président de l'Association des Amis du Parti Républicain

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En dépit de la tempête Isaac qui retarde les célébrations, la convention Républicaine a démarré à Tampa. Celle-ci doit introniser Mitt ROMNEY comme candidat officiel du parti républicain.

Alors que Barack OBAMA reste une super star en France, Délits d’Opinion a rencontré Pierre TOULLEC, fondateur et président des amis du Parti Républicain.

Délits d’Opinion : Pourquoi créer une telle association ?

Pierre TOULLEC : Créer cette association était une réelle nécessité au vu de la situation politique Française actuelle. Mitt Romney avance vers l’élection à la tête d’une campagne structurée et solide, et dans le même temps d’une possibilité de victoire le 6 novembre. S’il devient Président des États-Unis, la France le saura. Quelle sera la réaction de nos compatriotes ?

En 2008, les Européens ont « célébré » la victoire du Président Obama sans connaitre son programme. A la Gay Pride Parisienne de 2008 par exemple, des affiches en l’honneur de celui qui était alors le Sénateur Obama étaient présentes. Pourtant son opinion à l’époque était claire : le mariage est une institution sacrée devant Dieu et n’est qu’entre un homme et une femme. C’est ce qu’il a affirmé de nombreuses fois en 2008. Les Européens célébraient donc cet homme sans avoir aucune idée de ce qu’il proposait. Il était un symbole mais n’avait aucune solution crédible. Son programme de gauche dure a créé la plus longue période de l’histoire des États-Unis avec un taux de chômage au-dessus de 8%. Mais à cause de la popularité du Président Américain, nombre d’Européens ont voulu aller dans le même sens. Le Président Sarkozy a ainsi mis en place une politique de « relance » par les dépenses publiques et de rigueur par la hausse des impôts, directement inspirée de la politique du Président Obama. C’était une erreur. Le Président Hollande prend la même voie. C’est toujours une erreur. Aux États-Unis comme en France cela n’a pas marché, nous en avons pour preuve la situation économique actuelle.

De son côté, Mitt Romney sera impopulaire simplement à cause des caricatures – et parfois des mensonges – qui seront affirmés à son sujet. Ceci, sans que les Français ne connaissent son programme. Pourtant son expérience le rend crédible pour une relance des États-Unis. En appliquant son programme, il va relancer l’économie Américaine en permettant le retour de la croissance, de l’emploi, et de l’idée que pour grandir, une société doit promouvoir l’égalité dans l’opportunité de réussir par son travail plutôt que dans l’égalité dans l’assistanat.

C’est cela la raison de la création de cette association : présenter Mitt Romney aux Français, leurs présenter ses solutions pour l’Amérique, première puissance mondiale, et expliquer comment ces solutions peuvent être adaptées pour la France.

Délits d’Opinion : Pour ceux qui ne le connaissent pas encore, pouvez-vous nous présenter Mitt Romney ?

Pierre TOULLEC : Le père de Mitt Romney, George Romney, est né dans une famille pauvre de l’autre côté du Rio Grande. A l’âge de 5 ans, au début de la guerre civile Mexicaine, sa famille a fui aux États-Unis. Sans diplôme, il commence à travailler jeune. Il monte progressivement les échelons et devient le directeur de l’American Motors Corporation. En 1962, il est élu gouverneur du Michigan. En 1968, il s’engage sans succès dans la primaire Républicaine pour l’élection présidentielle en s’opposant à Richard Nixon.

Ce sont ces valeurs de travail que George Romney a inculqué à son fils. Mitt Romney ne vient pas d’une famille pauvre grâce au dur labeur de son père. Mais il ne vient pas non plus d’une famille particulièrement riche. Toute sa vie, Mitt Romney s’est engagé à fond dans tout ce qu’il faisait. Diplômé d’Harvard, il crée son entreprise en 1984 et se spécialise dans le sauvetage d’autres entreprises en difficulté et l’investissement dans des entreprises prometteuses. C’est ainsi qu’il s’est enrichi.

En 1999, fort de son expérience et de ses succès, il est engagé pour sauver les Jeux Olympiques de Salt Lake City de 2002. A cette époque, ces Jeux sont noyés dans plusieurs scandales et un grave déficit fait que les organisateurs pensent à l’annuler. Après trois ans de dur travail, Mitt Romney a sauvé les Jeux, aujourd’hui considérés comme les meilleurs organisés sur le territoire des États-Unis.

A la suite de ces Jeux, il se présente pour le poste de Gouverneur du Massachusetts. Cet État est lui aussi en graves difficultés. Il n’existe quasiment qu’un parti dans cet État : à l’époque, 85% des élus du Parlement du Massachusetts sont Démocrates. Pourtant, il décide de se présenter comme Républicain. Il est élu avec 50% des voix en novembre 2002. Lorsqu’il quitte son poste à la fin de son mandat en janvier 2007, pendant quatre années les comptes publics sont dans le vert, la dette diminue, le chômage aussi et la croissance revient. Durant ces quatre années, Mitt Romney fut obligé de négocier et de s’ouvrir à ses adversaires, le parlement étant idéologiquement hostile à ses solutions.

Ce sont toutes ces expériences qui ont forgé Mitt Romney, son caractère et sa philosophie. Il n’est pas devenu « conservateur » en lisant des livres ou en allant à des meetings politiques. Il est devenu qui il est aujourd’hui par l’expérience et l’apprentissage de la vie, en voyant ce qui marche et ce qui ne marche pas.

Délits d’Opinion : Quels sont ses principaux atouts au sein de l’opinion ?

Pierre TOULLEC : Le principal atout de Mitt Romney est depuis longtemps son expérience. Dans les milieux politiques Français et Américains, s’engager sans avoir une opinion philosophique et sans pouvoir continuellement citer des auteurs est difficile. Hélas, la plupart des hommes politiques Américains et Français ne savent faire que cela : citer des auteurs et débattre de philosophie. Pas Mitt Romney. Il l’admet lui-même : il n’est pas un idéologue, il ne connait pas (ou mal) les grands auteurs qui font battre le cœur des militants conservateurs. Il est en revanche très bon pour exprimer ce qu’il a appris par une vie entière de travail dans le privé. Le bon sens de gestionnaire qu’il a développé s’approche fortement de la philosophie conservatrice Américaine. C’est pour cela qu’il a pu monter au sein du Parti Républicain. Les électeurs et les cadres du parti ont apprécié de voir un élu capable d’exprimer de manière claire les solutions pour sortir les États-Unis de leurs problèmes actuels.

Cela lui a bien entendu aussi porté tort. La primaire Républicaine très violente en a été la preuve. La plupart de ses adversaires lui reprochaient de ne pas avoir été de droite toute sa vie car justement il ne s’occupait que rarement de politique. Il travaillait. Au final, les électeurs Républicains ont préféré le pragmatisme à l’idéologie. Petit à petit, l’ensemble des réseaux Républicains traditionnels se sont rangés derrière lui, certains avec une méfiance continuelle. Aujourd’hui encore, certains conservateurs ont du mal à accepter de suivre un homme qui n’est pas devenu conservateur par la philosophie. Mais au final, ils savent que c’est ce qui fait de lui le meilleur candidat pour remettre les États-Unis sur pied.

Délits d’Opinion : En quoi constitue-t-il une alternative souhaitable selon vous à Barack Obama ?

Pierre TOULLEC : J’ai personnellement commencé à suivre Mitt Romney de très près dès 2007. J’ai rapidement apprécié sa manière de parler et d’expliquer ce qu’il a fait dans sa vie. Lors des primaires de 2008, je souhaitais réellement sa victoire face à John McCain. En 2012, je n’avais pas à dire qui je souhaitais voir l’emporter au cours de la primaire. Mon travail au sein des Amis du Parti Républicain était de présenter les faits le plus objectivement possible, tâche que je pense avoir accomplie. Cependant, de chez moi, j’ai eu très peur lorsque Newt Gingrich a remporté la Caroline du Sud, puis lorsque Rick Santorum a fait une percée dans plusieurs Etats.

Je souhaite la victoire de Mitt Romney depuis longtemps car j’apprécie le fait qu’il n’est pas un idéologue. Il propose des solutions concrètes parce qu’il a vu que ces solutions marchent. Son expérience l’a amené à défendre les points de vue qu’il a aujourd’hui. Il est le type d’homme politique qui devrait dominer la scène publique : une personne d’expérience qui se présente parce qu’il sait ce qu’il fait plutôt que parce qu’il a lu dans un livre une idée et qu’elle lui a semblé à peu près logique.

Toute sa carrière, Mitt Romney s’est spécialisé dans le sauvetage de situations difficiles.

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Son expertise s’est développée en plongeant dans des entreprises pour lesquelles tout le monde avait perdu espoir et en cherchant à les sauver. Il a vu en direct les conséquences de l’intervention de l’Etat et les conséquences de l’absence d’intervention de l’Etat. Il a vu les conséquences des différentes cultures d’entreprises : celles qui marchent et celles qui ne fonctionnent pas. Celles qui fonctionnent alors que la logique aurait dit qu’elles ne le devraient pas. Celles dans lesquelles chacun s’engage à fond pour la réussite plutôt que simplement recevoir un salaire, conduisant au succès de tous.

Au-delà de la philosophie ou de certains autres détails de son programme, c’est cela qui me fait avoir confiance en Mitt Romney. J’apprécie énormément ce savoir-faire et sa confiance dans l’expérience plutôt que dans l’idéologie. Ce caractère se voit en regardant ses proches et ses équipes de campagnes : ils sont présents parce qu’ils ont de l’expérience, et non en fonction de leur popularité. Paul Ryan, son choix pour la Vice-Présidence, en est l’exemple typique.

Plus que jamais je suis persuadé que c’est la bonne manière de faire. Depuis trois ans et demi, les Américains ont un président qui n’a pas d’expérience concrète : le Président Obama n’a jamais eu un réel emploi à l’exception d’être élu, et chaque fois qu’il a été élu, il a commencé à faire campagne pour un autre poste avant même d’exercer ses fonctions. Il a appris la rhétorique dans des classes politiques. Il a formé sa vision du monde en lisant des auteurs toujours orientés vers les mêmes idées.

Le Président Obama a fondé sa vision du monde uniquement sur des lectures plutôt que sur le travail, la rencontre de travailleurs ou un engagement dans la vie professionnelle. La conséquence se voit encore chaque jour : après trois ans et demi de présidence, Barack Obama est toujours en train d’apprendre le métier et n’est pas certain de ce qu’il fait. Il reste un excellent orateur, capable de donner de grandes leçons de philosophie, mais il ne sait pas comment relancer l’économie Américaine. Il ne comprend pas pourquoi son programme de dépenses massives dans l’économie n’a pas marché. Il ne comprend pas pourquoi les États-Unis sont arrivés en août 2012 à 43 mois de chômage au-dessus de 8% sans interruption, ce pour la première fois dans l’histoire des États-Unis.

Si je suis autant passionné par ce sujet, par la candidature de Mitt Romney, c’est aussi parce que les décisions prises par le gouvernement Américain nous touchent par ricochet. Les États-Unis, première puissance économique mondiale, sont un moteur ou un frein pour l’économie Européenne, en fonction de leur situation économique. Bien entendu, les Européens ont fait de nombreuses erreurs et continuent à en faire. Pour cela, nous ne pouvons nous en prendra qu’à nous-mêmes. Mais si les États-Unis continuent à stagner, nous continuerons à stagner, voire entrer à nouveau en récession. Pour ma part, je finis mes études dans un an. Je serais très inquiet pour mon avenir et pour celui de tous les Européens si le Président Obama est réélu.

Délits d’Opinion : Cette semaine Mitt Romney doit prononcer un discours très attendu lors de la convention républicaine. Alors que son intronisation ne fait aucun doute,quels sont les enjeux de cet événement ?

Pierre TOULLEC : La convention en elle-même est très importante car elle va fixer l’avenir du Parti Républicain pour les élections de novembre et pour les deux années à venir (jusqu’à la tenue des primaires des élections de 2014). C’est un moment d’union dans un parti. Ce rassemblement est particulièrement important lorsque vous avez des primaires aussi dures qu’il y en a aux États-Unis. Il y a le temps pour l’affrontement au sein du parti, puis le temps de se dire que finalement, face aux Démocrates, ces différences comptent moins.

Le discours de Mitt Romney lui-même est fondamental car il va présenter sa vision générale pour les États-Unis. Ce ne sera plus uniquement des mesures précises sur quelques points de programme. Ce sera aussi et surtout une vision d’avenir sous une administration Romney.

C’est aussi l’occasion pour lui de se présenter tel qu’il est aux yeux des électeurs Américains. Jusqu’ici, à l’exception des citoyens très engagés en politique, peu de gens ont suivi la campagne dans le détail. La majorité des Américains ont principalement découvert Mitt Romney sous le prisme du jeu politique, à travers des clips de campagne ou des interviews de 3 à 10 minutes. A la suite de ce discours, les citoyens Américains doivent pouvoir dire « voilà qui est Mitt Romney » plutôt que de continuer à penser « voilà ce que l’on dit sur Mitt Romney ». Si le gouverneur parvient à faire cela, alors cette élection devrait devenir bien plus facile que prévue.

Propos recueillis par Olivier

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