Eloge de la lecture estivale

Eloge de la lecture estivale

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Marc-André Allard

Directeur général de Dragon Rouge – Études & planning stratégique Chargé de cours au CELSA

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livre-étéDe même qu’il y a des joggers du dimanche, il y a des lecteurs d’été (je m’inclus d’ailleurs dans ces deux catégories). La raison, bien souvent, en est simple : en vacances, on dispose de davantage de temps pour lire.

Les motivations, elles, sont diverses. On peut vouloir entamer et terminer enfin ce roman acheté l’hiver dernier (je recommande à ce sujet Chaos Calme, de Sandro Veronesi). On peut choisir un livre en fonction de sa destination, comme les écrits d’Edward Abbey pour qui visite les parcs de l’Ouest américain. Certains se détendront en lisant le succès de librairie annoncé de l’été. D’autres se feront un avis personnel sur la qualité des ouvrages pressentis pour les prix littéraires de la rentrée.

Et puis, il y a aussi les non lecteurs. Une récente enquête indique que 30% des Français ne lisent pas un seul livre par an (étude TNS Sofres/La Croix, mars 2009). Une proportion qui connaît des variations sur les trente dernières années, mais qui englobe bon gré mal casino gré un tiers des Français. Dans le même temps, la proportion de « grands lecteurs » (cinq ouvrages lus par an, ou davantage) fléchit au bénéfice des « petits lecteurs », ce qui semble indiquer une tendance lourde à la régression du temps consacré à la lecture.

Alors, lire, un luxe de vacanciers ? Un luxe dont il est recommandé d’abuser en tout cas. Le linguiste Alain Bentolila, étudiant le rapport des jeunes français à l’écrit, estimait en 2005 que 12% à 15% d’entre eux vivaient avec 400 mots seulement. Rappelons qu’on estime en général qu’un élève quittant le CP doit posséder un vocabulaire acquis de 2 000 mots, le bagage minimal nécessaire à une maîtrise correcte de la lecture. Maîtrise qui, à son tour, conditionne l’accès aux études, à la culture, à l’emploi…

Toujours selon l’enquête TNS Sofres, les lecteurs, eux, déclarent avant tout être motivés par l’envie de se détendre (50%) et de se cultiver, de s’instruire (49%). La lecture estivale serait donc un bon moyen d’allier l’utile à l’agréable en vacances… De quoi se déculpabiliser, le cas échéant, d’emporter le dernier Guillaume Musso avec soi dans son sac de plage. Bonnes vacances et bonnes lectures à tous !

 

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