Fonctionnaires la fin d’un tabou

Fonctionnaires la fin d’un tabou

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Matthieu Chaigne

Co-fondateur Délits d’Opinion

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Biographie

Diplômé de Dauphine, de l’EDHEC et d’un master de Lettres à la Sorbonne, Matthieu Chaigne commence sa carrière au département Stratégies d’opinion d’un institut d’opinion. En 2007, il intègre le groupe de communication Ogilvy & Mather en tant que planneur stratégique. Il est depuis 2012 Directeur Conseil du cabinet de communication stratégique Taddeo. il est par ailleurs l'auteur de "La France en Face" aux éditions du Rocher.  

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Une enquête vient de sortir sur les fonctionnaires (OpinionWay / Les échos). Est-ce qu’elle témoigne d’une fracture entre les Français et l’administration ?

 

L’étude démontre d’abord la fin d’un modèle quantitativiste. Les Français sont face à un paradoxe : il jugent qu’il y a beaucoup (voire trop)  de fonctionnaires. Et constatent, pour la moitié d’entre eux que la qualité de service qui n’est pas au rendez-vous.

L’équation selon laquelle plus de fonctionnaire permettrait plus de service public n’est plus opérante à leurs yeux.

Pour autant, toutes les études témoignent d’un fort attachement des Français à leur service public. Et pour que modèle fonctionne mieux, nos compatriotes veulent la fin du statut quo.

 

 

Précisément, fin du statut à vie des fonctionnaires, mise en place d’un plan de départ volontaire :  ce sondage teste des mesures assez radicales qui sont plébiscitées par les Français. Est c’est un tabou qui saute. ?

57% des français jugent qu’il faut mettre fin au statut des fonctionnaires. 76% sont en faveur d’un plan de départ volontaire dans la fonction publique. Les chiffres témoignent, nous l’avons dit, d’une volonté de déverrouiller la fonction publique pour accroitre son efficacité.

Mais le tabou du nombre n’est pas tombé partout : les administrations locales sont dans la ligne de mire, ainsi que, dans une moindre mesure, la culture. A l’inverse, les Français veulent sanctuariser les effectifs de l’école ou de l’armée.

 Ces deux questions sont à lire dans un constat partagé depuis longtemps par près d’un Français sur deux : il y aurait trop de fonctionnaires en France. Le chiffre est de  43%  aujourd’hui. Il y a 5 ans, une étude BVA  montrait déjà que ce sentiment était majoritaire.

Ce qui change, c’est bien la fin des totems symboliques, qui  sautent au profit du pragmatisme. 

Les fonctionnaires seront-ils les grands perdants ?

Le point le plus intéressant de l’enquête est ici : les fonctionnaires eux-mêmes ne sont pas contre les annonces.

Ils sont bien-sûr très minoritaires à penser être trop nombreux, mais ils ne voient pas forcément d’un mauvais œil la réforme : ils sont près de trois quart à souhaiter la mise en place d’un plan de départ volontaire et 59% à souhaiter la mise en place d’une rémunération au mérite dans la fonction publique. Derrière ces changements, il y a aussi l’espoir d’être mieux considéré, d’être traité de façon plus individuelle, et bien-sûr de bénéficier de nouvelles opportunités professionnelles tant en interne qu’en externe.

Les clés de succès  de ces réformes sont connues : faire que les plan ne se traduisent pas par le départ des meilleurs éléments, et accompagner chacun dans une période  de transition potentiellement anxiogène.

 

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