« Etre européen aujourd’hui, c’est être contestataire »

« Etre européen aujourd’hui, c’est être contestataire »

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Damien Abad

Député de la cinquième circonscription de l'Ain

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Président des Jeunes Centristes - Tête de liste Nouveau Centre pour les élections européennes (circonscription Sud-Ouest)

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elections-europeennesDamien Abad, président des Jeunes Centristes, s’est confié à Délits d’Opinion, quelques jours après avoir été nommé tête de liste en région Sud-Ouest par le Nouveau Centre dans la perspective des élections européennes. Il revient sur le message européen du Nouveau Centre et le rôle de l’Europe dans le contexte actuel.

 

Délits d’Opinion : Les élections européennes du mois de juin 2009 s’annoncent marquées par un certain désintérêt de la part des Français et une percée de l’extrême gauche et pourraient être l’occasion de sanctionner le gouvernement. Dans ces conditions comment faire entendre le message pro-européen défendu par le Nouveau Centre ?

Damien Abad : Les élections européennes ont toujours été un terrain d’expression pour les mouvements contestataires. Celles de 2009 n’échapperont pas à la règle, surtout dans un contexte de crise. Cependant, je crois qu’être européen aujourd’hui, c’est être contestataire. Contestataire par rapport à une Europe sous-traitante et sous influente. Contestataire par rapport à une Europe qui n’apporte que des réponses institutionnelles. Contestataire par rapport à une Europe qui ne s’adresse plus aux jeunes qui ont grandi dans un monde bouleversé par la mondialisation.

Il faut donc changer de manière de parler de l’Europe. Ma candidature est une formidable opportunité pour réconcilier les jeunes avec l’idéal européen. Il faut réinventer un nouvel imaginaire européen – comme il en existait un dans les années 50, autour du triptyque « pain, paix, liberté » – autour des nouveaux défis mondiaux, qu’ils soient écologiques, démographiques, économiques, politiques ou culturels. Afin que les jeunes adhèrent à nouveau au projet politique européen, je proposerai une Europe de la Culture, de l’Education et de la Jeunesse avec notamment la mise en place d’un Pass Européen culture, transport et hébergement, pour les 15-30 ans.

 

Délits d’Opinion : L’Europe suscite en France un scepticisme important, souligné par les taux d’abstention importants aux élections européennes de 1999 et 2004 et stigmatisé par le rejet du traité constitutionnel par référendum en 2005. Est-ce dans le contexte actuel (crise économique, présidence française de l’UE) le moment de réconcilier les Français avec l’idée européenne ?

Damien Abad : Depuis trente ans, le taux d’abstention n’a cessé d’augmenter à chaque scrutin européen et il est à craindre que moins d’un électeur sur deux se déplacera le 7 juin 2009. Mais on ne peut pas d’un côté se lamenter sur le taux de participation aux élections européennes qui décline à chaque scrutin depuis 30 ans, sur leur nationalisation, et de l’autre se satisfaire de l’idée que, quels que soient les résultats des élections, la politique menée à Bruxelles sera toujours la même. L’Europe est malade de son consensus ; elle a besoin de clivage politique.
Il faut qu’à travers le suffrage des citoyens européens émerge, d’une façon ou d’une autre, une majorité ayant clairement un mandat pour infléchir la politique européenne en fonction de ce que veulent les Européens et non pas en fonction de ce que veulent la Commission et les Etats Membres.

 

Délits d’Opinion : La crise n’a, pour le moment, pas été aussi violente sur le vieux continent qu’on aurait pu le penser et cela grâce au travail collectif de l’Union Européenne. Malgré cela, les individus ont du mal à identifier ce que fait l’Europe au quotidien. Comment renforcer les liens directs qui existent entre les citoyens européens et l’UE ?

Damien Abad : Pour la première fois depuis bien longtemps, et ce grâce au volontarisme de la Présidence Française, l’Europe est davantage apparue comme une solution qu’un problème, un bouclier anti-crise unique et non un « machin » libéral impuissant.

Chacun d’entre nous a pu constater que l’Europe est utile et nécessaire quand elle réagit à des crises, quand elle agit et quand elle protège. Il nous faut désormais construire une Europe plus démocratique et plus proche des citoyens, avec par exemple des SPOT TV sur les canaux nationaux (France Télévision) après 20 heures (depuis la suppression de la publicité), pour informer des décisions débattues au sein du Parlement Européen.

Mais pour réconcilier les citoyens européens avec l’Union Européenne, il faudra privilégier l’Europe des projets. La campagne que je conduirai se fera sur des actions concrètes, telles que le climat, l’énergie ou l’emploi, qui répondent aux attentes des français dans leur vie quotidienne.

 

Propos recueillis par Mayeul l’Huillier

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