Baromètre Harris interactive/Délits d’Opinion : un climat bienveillant pour Macron

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Jean-Daniel Levy

Directeur du Département Politique & Opinion de l’Institut Harris Interactive

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1.Délits d’Opinion : Avec 57% de Français accordant leur confiance au nouveau Président, peut-on parler d’un « état de grâce » ?

Jean-Daniel Lévy : Pas tout à fait. La confiance des Français à l’égard des responsables politiques a tendance à s’étioler dans le temps. Et la période suivant l’élection du nouveau président de la République ne peut être qualifiée de la sorte. Reste qu’Emmanuel Macron, dont on a pu voir la circonspection même d’une partie de son électorat de premier tour au moment du dépôt du bulletin de vote dans l’urne, bénéficie d’une forme de confiance qui peut le réjouir. Déjà parce qu’elle se situe à un niveau supérieur à celui connu par François Hollande (54%). Également – et surtout – parce que la confiance est assez nette de la part de différentes catégories de population : entre les générations, si la confiance est plus manifeste de la part des personnes âgées de 65 ans et plus (66%), elle est majoritaire dans toutes les classes d’âge. De même 57% des CSP+ et 50% des catégories populaires accordent leur confiance au Président. Politiquement si le regard des sympathisants La République En Marche frise logiquement le plébiscite (98%), celui des proches du PS (69%) et LR (64%) peuvent être considérés comme bienveillants. Rappelons qu’à l’issue de son élection, François Hollande ne bénéficiait de la confiance que de 6% des proches de l’UMP et 18% du Front National. Même chez ces derniers le regard est, aujourd’hui, plus positif.

Edouard Philippe, moins connu, s’inscrit dans « l’aspiration d’opinion » du Président. Si la confiance est en peu en deçà de celle accordée au Président, elle conserve une structure assez proche. Près d’un sympathisant socialiste sur deux, plus des deux tiers des proches des Républicains, la quasi-totalité des électeurs La République en Marche lui accordent leur confiance.

On remarquera d’ailleurs qu’invités à se prononcer sur les raisons de la confiance accordée au nouveau Premier Ministre, les Français parlent avant tout… d’Emmanuel Macron. Notons que s’il devait y avoir un reproche adressé à Edouard Philippe ce serait le fait qu’il est… de Droite. Evidemment de la part de personnes se situant à Gauche sur l’échiquier politique.

 

2.Délits d’Opinion : Concernant la confiance à l’égard des ministres, lesquels en bénéficient le plus ?

Jean-Daniel Lévy : Notons que trois d’entre eux recueillent une confiance majoritaire : Nicolas Hulot (63%), Jean-Yves Le Drian (58%) et Laura Flessel (55%). Soit deux personnalités de la société civile et un ancien ministre d’un gouvernement socialiste. Aucun ministre ne suscite un rejet majoritaire. Et, actuellement, de nombreux Français ne se prononcent pas. Soient parce qu’ils ne connaissent pas assez bien les acteurs soient n’identifient pas clairement leurs attributions. Politiquement, les sympathisants « La République En Marche » accordent de façon systématique leur confiance aux ministres. Les sympathisants socialistes adoptent une attitude également bienveillante, certes moins marquée, mais bienveillante. Notons qu’ils ne semblent pas critiquer Jean-Yves Le Drian. Il est en effet le ministre en lequel ces Français accordent le plus leur confiance (à 79%). A Droite, c’est la même attitude qui prévaut. Jean-Yves Le Drian, trans-courants, est le ministre privilégié. 61% accordent leur confiance à Bruno Le Maire. L’ancien candidat à la primaire de la Droite et du centre ne souffre pas ainsi d’un procès en « trahison ». Plus identifié que Gérald Darmanin il ne subit pas les foudres d’opinion d’un électorat qui le considéreraient comme acteur personnel désintéressé du collectif.3.

 

3. Délits d’Opinion : L’élection présidentielle a des effets sur les autres personnalités…

Jean-Daniel Lévy : Oui. Sur des candidats : Alain Juppé, personnalité en laquelle les Français ont le plus confiance (41%, -3), Jean-Luc Mélenchon (35%, -4), Benoît Hamon (33%, -2), Nathalie Kosciusko-Morizet (27%, +2), Arnaud Montebourg (27%, -2), Nicolas Sarkozy (23%, -2), Marine Le Pen (21%, -8), Manuel Valls (18%, -5) et surtout Nicolas Dupont-Aignan (18%, -13). On remarquera que le dernier premier ministre de François Hollande, Bernard Cazeneuve, suscite la confiance de 40% des Français et que Xavier Bertrand comme Anne Hidalgo profitent de l’exposition médiatique dont ils ont pu bénéficier (respectivement +5 et +3). Enfin, Florian Philippot (-7) subit les effets de son positionnement politique. Il perd 8 points chez les proches du FN (62%), 12 chez ceux des Républicains (10%).

 

Ce n’est, ici comme pour le reste du baromètre, pas tant sur le fond que sur la forme qu’il est jugé. Dans des moments de souhait d’unité on peut remarquer que ceux indiquant qu’ils « souhaitent jouer le jeu » en tirent (au moins actuellement) une forme de bénéfice d’opinion.

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