Baromètre Harris Interactive/Délits d’Opinion : la fin de l’état de bienveillance pour Macron

Baromètre Harris Interactive/Délits d’Opinion : la fin de l’état de bienveillance pour Macron

Photo du profil de Jean-Daniel Levy

Jean-Daniel Levy

Directeur du Département Politique & Opinion de l’Institut Harris Interactive

Biographie

Directeur du Département Politique & Opinion de l’Institut Harris Interactive

Tous les articles de cet expert

 

Le baromètre Harris Interactive / Délits d’Opinion observe une chute conséquente de popularité de l’exécutif. Jean-Daniel Lévy, directeur du pôle politique et opinion d’Harris Interactive, revient sur les chiffres clés.

Délits d’Opinion : Se dirige-t-on vers la fin de « l’Etat de grâce » d’Emmanuel Macron ?

Jean-Daniel Lévy : Alors que les mythiques « 100 jours » d’Emmanuel Macron ne sont pas encore révolus, le Président de la République connaît, en effet, un premier recul, et même un net recul, de sa côte de confiance (-8 points). Si une – courte – majorité de Français continue de soutenir le locataire de l’Elysée (51%), ce chiffre ne dépasse que de peu celui obtenu par François Hollande à la même période, en juillet 2012 (50%, alors en recul de 4 points depuis le début de son mandat). Notons que dans un contexte d’annonce de la réduction des APL et de réforme de la CSG, la confiance dans le Président de la République recule de 9 points auprès des moins de 35 ans, et de 16 points parmi les 50-64 ans par rapport au mois dernier.

Délits d’Opinion : Emmanuel Macron est-il donc en train de décevoir ses propres électeurs ?

Jean-Daniel Lévy : Un peu plus de deux mois après son entrée à l’Elysée, plus de 9 électeurs d’Emmanuel Macron au 1er tour de l’élection présidentielle sur 10 maintiennent leur confiance au chef de l’Etat. Notons néanmoins que cette proportion recule de 5 points par rapport au mois dernier. Le doute quant à la capacité du Président de la République à mener une bonne politique pour la France est notamment restituée parmi les électeurs de Jean-Luc Mélenchon, déjà peu confiants avant cette dernière mesure (-9 points, de 38% à 29%). Le doute progresse plus encore parmi les Français ayant choisi Benoît Hamon ou François Fillon à la présidentielle (-16 points), deux électorats dont désormais seule une minorité des membres continue de faire confiance à Emmanuel Macron (respectivement 40% et 46%).

Délits d’Opinion : Le gouvernement connaît-il un recul similaire de la confiance des Français ?

Jean-Daniel Lévy : Oui, mais… Oui, les membres les mieux identifiés du gouvernement et exerçant déjà un rôle de responsabilité ou vigie politique avant la dernière élection présidentielle connaissent une érosion de la confiance accordée par les Français comparable à celle du Président de la République : -9 points pour Édouard Philippe (49%), -8 points pour Nicolas Hulot (59%), -5 points pour Jean-Yves Le Drian (54%) et pour Bruno Le Maire (40%). Mais les ministres issus de la société civile s’avèrent moins touchés par ce recul de la confiance (par exemple Laura Flessel : 53% de confiance, -2 points). Il faut préciser ici que cette moindre affectation apparente de ces « nouveaux » ministres tient en partie à l’accroissement progressive de leur notoriété : si la part des Français leur accordant leur confiance reste effectivement plutôt stable, le nombre de Français émettant ouvertement des critiques, au lieu de s’abstenir de tout jugement (attitude adoptée jusqu’alors), progresse nettement.

Délits d’Opinion : L’opposition profite-t-elle de cette situation ?

Jean-Daniel Lévy : Encore faut-il arriver à la qualifier. Si un responsable politique semble avoir – au moins provisoirement atteint cet objectif – c’est Jean-Luc Mélenchon. Il voit la confiance exprimée à son égard progresser de 4 points (32%) et est le parlementaire identifié le plus positivement. A titre de comparaison, Marine Le Pen (20%, – 1), malgré sa présence au 2nd tour de la présidentielle, ne marque pas les esprits. Chez les sympathisants Les Républicains, on remarquera que c’est LE grand absent qui suscite le regard le plus positif : Nicolas Sarkozy (71%). Du côté des socialistes, trois femmes et un ancien Premier ministre génèrent un regard positif : Christiane Taubira, Anne Hidalgo, Martine Aubry et Bernard Cazeneuve, ce-dernier restant – quant à lui – la deuxième personnalité en laquelle les Français (3ème des proches du PS) accordent leur confiance. Benoît Hamon, enfin, bénéficie d’un regard bienveillant de 56% des sympathisants du PS quand bien même il a quitté cette formation politique.

Enquête réalisée en ligne du 25 au 27 juillet 2017. Échantillon de 1 000 personnes, représentatif des Français âgés de 18 ans et plus. Méthode des quotas et redressement appliqués aux variables suivantes : sexe, âge, catégorie socioprofessionnelle et région d’habitation de l’interviewé(e).

 

Partager ce contenu :

Laisser un commentaire