TNS Sofres décortique la popularité de Sarkozy depuis 4 ans

TNS Sofres décortique la popularité de Sarkozy depuis 4 ans

 

Ce document s’appuie sur le baromètre politique réalisé tous les mois par TNS Sofres pour Le Figaro Magazine depuis plus de 30 ans.

L’enquête est réalisée en face-à-face au domicile des interviewés auprès d’un échantillon national de 1000 personnes. L’échantillon est représentatif de l’ensemble de la population française âgée de 18 ans et plus selon la méthode des quotas (sexe, âge, profession du chef de ménage), avec stratification par région et catégorie d’agglomération.

La question posée pour mesurer la cote de confiance du chef de l’Etat est la suivante : « Faites-vous tout à fait confiance, plutôt confiance, plutôt pas confiance ou pas du tout confiance à Nicolas Sarkozy pour résoudre les problèmes qui se posent en France actuellement ? »

Les quatre premières années du mandat de Nicolas Sarkozy ont été marquées par des évolutions très nettes de sa popularité auprès de l’opinion publique, liées à la fois à la traditionnelle usure du pouvoir, à la politique menée et aux mesures prises, mais aussi à la conjoncture économique, aux différentes affaires ou encore au style particulier d’un chef de l’Etat qui avait souhaité la rupture avec le mode de gouvernance hérité de ses prédécesseurs.

Le présent document se propose de revenir sur les différents évènements qui ont émaillé les quatre premières années afin d’en analyser l’impact sur l’opinion et sur la cote de popularité du Président. Au regard de l’évolution de la courbe de popularité (cf. page 3), quatre phases se distinguent nettement   :

  1. L’état de grâce (de juin 2007 à septembre 2007 ; 4 mois)
  2. La chute (de octobre 2007 à mai 2008 ; 8 mois)
  3. La résistance (de juin 2008 à octobre 2009 ; 16 mois)
  4. L’érosion (depuis novembre 2009 ; 18 mois 

 

1 – L’état de grâce (mai 2007 – septembre 2007)

 

Le traditionnel « état de grâce » qui caractérise les premiers mois d’une présidence voit Nicolas Sarkozy se placer au niveau de ses prédécesseurs, à environ 65 % de cote de confiance. Il se maintient à ce niveau pendant quatre mois, jusqu’au début de l’automne.

Elu à une nette majorité le 6 mai, Nicolas Sarkozy voit la majorité en place largement reconduite lors des élections législatives des 10 et 17 juin suivants, même si une quarantaine de sièges sont perdus par rapport à la législature précédente. Les premiers mois de la nouvelle présidence sont marqués par des mesures visant à la fois l’électorat de droite traditionnel, les soutiens du Front National et les sympathisants de gauche.

La formation du premier gouvernement souligne la tentative de séduction des électeurs d’extrême-droite avec la mise en place d’un Ministère de l’Immigration et de l’Identité Nationale, confié à Brice Hortefeux, tout comme l’adoption en août de la loi sur la récidive instaurant des peines planchers et supprimant l’excuse de minorité pour les récidivistes de plus de 16 ans.

Le Président cherche également à séduire l’électorat de gauche, comme le prouvent la mise en place d’un gouvernement d’ouverture composé de plusieurs personnalités issues de la société civile (Amara, Hirsch, Yade et Dati) et de la gauche (Kouchner, Besson, Jouyet) ainsi que l’annonce de plusieurs mesures à rebours des politiques traditionnellement défendues par la droite (RSA, Pacte Ecologique…).

Enfin, l’été 2007 est consacré aux projets économiques et sociaux du nouveau Président, avec notamment l’adoption de la loi sur le service minimum dans les services publics ou de la loi TEPA (le « paquet fiscal », qui comporte entre autres la mise en place du bouclier fiscal, la défiscalisation des heures supplémentaires ou la diminution des droits de succession).

Pendant cette période, le style de Nicolas Sarkozy, qui s’illustre notamment par la soirée au Fouquet’s pour fêter sa victoire, le séjour sur le yacht de Vincent Bolloré ou la mise en avant de sa vie privée attire les critiques de l’opposition et d’une partie de la presse sans avoir d’effet immédiat dans l’opinion. Celle-ci salue par ailleurs le succès obtenu avec la libération de 11 infirmières bulgares détenues en Lybie depuis 1999.

Dans ce contexte, le nouveau Président bénéficie d’une cote de popularité élevée dans tous les segments de l’électorat. Les sympathisants de droite soutiennent très largement le nouveau Président (plus de 95 % de confiance), saluant la mise en place des premières réformes économiques et sociales, tandis que les sympathisants de l’extrême-droite, que Nicolas Sarkozy avait su attirer dès le premier tour de l’élection présidentielle puis pendant le scrutin législatif, se montrent convaincus par son action et lui accordent leur confiance à hauteur d’environ 80 %.

Au sein de l’opposition du centre et de gauche, environ la moitié des électeurs de François Bayrou et un tiers des sympathisants de gauche déclarent faire confiance à Nicolas Sarkozy.

On constate dès les premiers mois différents niveaux d’appréciation de Nicolas Sarkozy au sein des couches de la population, qui sont liées à la sociologie des différentes parties de l’électorat, et qui resteront des permanences tout au long de son mandat. Plus les individus sont âgés, plus ils semblent apprécier Nicolas Sarkozy : les 65 ans et plus sont presque systématiquement 10 points au-dessus du reste de la population. En termes des catégories socioprofessionnelles, on constate en revanche peu de différences dans l’appréciation du Président de la République, les ouvriers ne se montrant pas ouvertement plus confiants que les cadres (58% dans les deux catégories en juillet)

2 – La chute (octobre 2007 – mai 2008)

 

La deuxième phase du mandat de Nicolas Sarkozy est marquée par une chute particulièrement brutale de sa cote de confiance, qui passe de 64 % en septembre 2007 à 32 % en mai 2008, soit une baisse de 32 points en 9 mois.

La période est marquée par une série de réformes contestées ou jugées décevantes par l’opinion française, au premier rang desquelles le paquet fiscal qui laisse sceptiques un grand nombre de Français, et notamment les catégories populaires. Rappelons que le thème du pouvoir d’achat n’avait pas émergé plus qu’un autre lors de la campagne présidentielle ; mais la mise en avant du paquet fiscal par le Gouvernement à partir de l’été, suivies des critiques appuyées de l’opposition, de la forte médiatisation du thème et de la baisse concomitante du chômage (8.8% début 2007 et 7.9% début 2008) ont notamment contribué à l’augmentation forte et rapide de la place de cette préoccupation dans l’opinion (citée comme telle par 39% des Français en avril 2007 contre 58% en janvier 2008 ; +19 points, voir annexe). La promotion du thème « travailler plus pour gagner plus » a de plus été fortement handicapée par l’augmentation de salaire de 172 % que s’est octroyé le Président à la même époque. Parmi les autres mesures contestées, citons celles ayant trait à la sécurité et à l’immigration (loi relative à la maîtrise de l’immigration de novembre 2007 qui alimente une polémique sur d’éventuels tests génétiques).

L’actualité internationale est aussi source de difficultés pour le Président, avec la visite à Paris du colonel Kadhafi en décembre 2007, critiquée par l’opposition et par certains membres du Gouvernement, et la polémique sur les droits de l’homme au Tibet en marge de la préparation des JO de Pékin.

Le style du nouveau Président, qui n’hésite pas à mettre en avant sa vie personnelle (séparation avec Cécilia Sarkozy en octobre, liaison puis mariage avec Carla Bruni en février 2008) ou dont les dérapages verbaux sont soulignés par la presse (notamment avec un pêcheur du Guilvinec en novembre 2007 ou au Salon de l’agriculture en février 2008), marquent également particulièrement l’opinion. 

Dans ce contexte, la baisse de la cote de popularité de Nicolas Sarkozy est particulièrement forte au sein des électorats qui n’appartiennent pas à la majorité présidentielle : le décrochage est très prononcé chez les électeurs de François Bayrou (-42 pts, de 71% à 29 %), chez les sympathisants de gauche (sa cote passe de 38 % à seulement 10%, -28 pts), chez ceux du FN (-39 pts, de 77 % à 38 %) ou encore les sans préférence partisane (-34 pts, de 61% à 27%). Les évolutions sont moins marquées parmi les sympathisants de la majorité présidentielle (UMP, NC, MPF) : la cote de Nicolas Sarkozy passe chez eux de 97 % à 78% (-19 pts).

L’effondrement de la popularité de Nicolas Sarkozy est particulièrement fort chez les ouvriers, chez qui il perd environ 38 points sur cette période pour s’établir à environ 25 % de cote de confiance. Cette baisse est due aux attentes déçues des catégories populaires envers les promesses de Nicolas Sarkozy, censé provoquer la rupture : alors que certaines mesures du paquet fiscal peuvent paraître socialement injustes, les hausses des prix des carburants, de l’énergie et de nombreux produits alimentaires viennent montrer qu’elles ont de plus été inefficaces pour améliorer la situation. La chute est sensiblement moins forte chez les autres catégories socioprofessionnelles, mais dans toutes elle est supérieure à 20 points.

3 – La résistance (juin 2008 – octobre 2009) 

 

La troisième partie du mandat de Nicolas Sarkozy se caractérise par une certaine stabilisation de sa cote de confiance, agrémentée même d’une légère hausse. Pendant environ un an et demi, cette dernière oscille entre 32 % et 41 %, avec une moyenne de 37 % sur la période.

Cette période est marquée à la fois par une forte dimension internationale de la Présidence, puis par la gestion de la crise économique survenue en septembre 2008. Cette première dimension est notamment symbolisée par la Présidence française de l’Union Européenne, au cours de laquelle Nicolas Sarkozy préside au lancement de l’Union Pour la Méditerranée, puis joue un rôle de négociateur dans la résolution du conflit russo-géorgien, autant d’initiatives qui assoient sa stature internationale au cours de l’été 2008.

Par ailleurs, la crise économique mondiale qui survient en septembre 2008 avec la faillite de Lehman Brothers redore quelque peu l’image de Nicolas Sarkozy dans l’opinion, cette dernière appréciant dans cette situation la rapidité de décision et d’action du Président, ainsi que sa fermeté et son dynamisme pour souder les pays européens dans une action commune. L’adoption d’un plan de sauvetage qu’il pilote lors de la réunion de l’Eurogroupe à Paris en octobre, puis la mise en place d’un plan de relance de 26 milliards d’euros annoncé en décembre donnent à l’opinion publique l’impression que la situation économique reste maitrisée, malgré tout de même quelques « cafouillages » au sein du Gouvernement, pendant les grèves aux Antilles au début de l’année 2009 ou pendant le débat autour du grand emprunt proposé par le chef de l’Etat à l’été 2009.

La stabilité s’observe également selon la préférence partisane des personnes interrogées. Les sympathisants de la droite parlementaire restent très favorables à Nicolas Sarkozy (84 % en moyenne sur la période), loin devant ceux du MoDem (33%), du FN (29 %) ou de gauche (15 %), et l’on constate globalement peu de variations d’un mois à l’autre. 

 4 – L’érosion (depuis novembre 2009)

 

La quatrième et dernière partie de la Présidence de Nicolas Sarkozy se caractérise par une diminution lente mais régulière de sa cote de confiance, qui passe de 39% en octobre 2009 à 23% en avril 2011 (-16 pts).

Cette période est marquée par un grand nombre de scandales et de polémiques, et notamment l’affaire Jean Sarkozy/EPAD en octobre 2009, dont l’impact dans l’opinion semble être dans un premier temps minimisé par l’exécutif au vu de la lenteur de réaction. Affaire Woerth-Betancourt, affaires Joyandet/Blanc/Boutin, affaire MAM… : celles-ci affaiblissent un Président qui semble en outre avoir moins de prise sur sa majorité et ses ministres que par le passé, les critiques sur ses décisions et sa stratégie politique étant de plus en plus ouvertes au sein de la majorité, ainsi que les querelles internes à l’UMP.

Ces tiraillements internes se font notamment jour à l’occasion du remaniement de novembre 2010, qui voit l’exclusion du Gouvernement de plusieurs personnalités centristes – dont Jean-Louis Borloo – et un recentrage sur les personnalités politiques issues de la droite « classique », c’est-à-dire des ex-membres du RPR.

Dans le même temps, les difficultés économiques et sociales dues à la crise plombent également le moral de l‘opinion, en raison d’un chômage en hausse constante (7,8% à l’automne 2008 et 9,6% un an plus tard) mais aussi à cause d’une situation économique européenne inquiétante : la crise de la dette publique grecque, tout en révélant les failles d’un système économique européen perçu jusqu’ici comme solide, révèle également la mésentente entre les leaders européens, au premier rang desquels le couple franco-allemand.

Certaines mesures et actions du Gouvernement jettent par ailleurs le trouble dans l’opinion, soit qu’elles suscitent la polémique au sein même de la majorité (Grand Emprunt, débat sur l’Islam), soit qu’elles manifestent un retour en arrière sur la politique entreprise (taxe carbone, paquet fiscal).

Dans ce contexte, la réforme des retraites est d’autant plus mal perçue que le débat s’étale sur neuf mois de l’année, le Gouvernement ayant voulu en amont une phase de concertation avec les partenaires sociaux. Sans proposition de la part du Gouvernement (le projet n’est proposé que fin juin) et de l’opposition (dont les positions sont parfois contradictoires, notamment sur la question emblématique de l’âge de départ), les Français s’inquiètent et le financement des retraites devient leur 2ème préoccupation (cité par 42% des Français fin 2009 contre 58% en septembre 2010 ; +16 pts). Une série de manifestations réunissant plusieurs millions de personnes a lieu en septembre et en octobre 2010.

Enfin, la situation au Proche-Orient et au Maghreb impacte directement l’échiquier politique français dans les premiers mois de 2011 : si l’inaction du Président lui est reprochée dans sa gestion de la révolution tunisienne, ce sont surtout les critiques sur la conduite de Michèle Alliot-Marie, qui doit démissionner en février de son poste de ministre de la Défense, qui marquent l’opinion. Quant à l’activisme de Nicolas Sarkozy concernant la guerre en Lybie qui conduit à l’intervention d’une coalition internationale dans ce pays, il semble avoir peu d’effets encore sur sa cote de popularité.

Face à cette situation, le Président tente de reprendre la main à plusieurs reprises, notamment en adoptant un discours plus autoritaire sur les questions d’immigration et d’insécurité. Le débat sur l’identité nationale est lancé fin 2009 et les conclusions sont rendues en février, après plusieurs mois de polémiques. En août 2010, suite à des émeutes à Grenoble et à la mort d’un Rom ayant voulu forcer un barrage de police, Nicolas Sarkozy prononce à Grenoble un discours très à doite, où il insiste notamment sur le lien entre immigration et délinquance ; pour autant, l’insécurité reste une priorité secondaire dans l’opinion (la 8ème dans notre baromètre), même si elle augmente légèrement tendanciellement. L’impact du débat sur l’Islam – transformé en débat sur la laïcité – début 2011 est sans doute plus prégnant, car outre les critiques des media et de l’opposition, il se déroule dans un contexte de montée en puissance du FN et de Marine Le Pen. Cette droitisation de la politique de Nicolas Sarkozy – sur le modèle de 2007 comme le commentent largement les media – est notamment symbolisée par les positions du Ministre de l’Intérieur Claude Guéant ; elle provoque à l’inverse l’opposition de la frange plus modérée de la droite, avec le refus de François Fillon de participer au débat ou le départ de Jean-Louis Borloo de l’UMP.

Cette radicalisation de la politique engagée par Nicolas Sarkozy semble n’avoir qu’un faible effet parmi les sympathisants d’extrême-droite : on constate une hausse régulière de la confiance envers Nicolas Sarkozy entre juillet et décembre 2010, qui passe de 18 % à 31 %, mais l’élection de Marine Le Pen à la tête du FN en janvier 2011, puis les élections cantonales de la même année, en remettant l’extrême-droite au centre de l’actualité politique, viennent briser cette dynamique (sa cote redescend à 22% en avril). La cote d’avenir de Marine Le Pen monte, elle, à 25% chez les Français alors qu’elle était de 14% en avril 2010.

En revanche, l’effet est notable chez les électeurs du centre et de gauche, mais de manière négative : la cote de Nicolas Sarkozy passe de 39 % à 22 % (-17 pts) chez ceux qui se classent au centre de l’échiquier politique ; les électeurs de gauche sont presque unanimement opposés au Président (son taux d’approbation parmi cette catégorie passe définitivement sous la barre des 10 %). On note aussi que le déclin se poursuit au sein de l’électorat naturel de Nicolas Sarkozy : en avril 2011, seuls 71 % des sympathisants d’un des partis de la majorité présidentielle (NC, UMP, MPF) déclarent encore lui faire confiance, un chiffre qui tombe à 60 % parmi ses électeurs du premier tour en 2007.

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A un an de l’élection présidentielle, Nicolas Sarkozy semble donc dans une position peu confortable, à la fois affaibli sur sa droite et sur sa gauche. A droite, l’électorat extrémiste refuse, à l’inverse de 2007, de lui accorder sa confiance et semble davantage attiré pour l’instant par une Marine le Pen représentant une forme de renouveau, et dont les propos ont permis de rendre plus acceptable le FN à une grande part de l’électorat de droite (et également chez les individus sans préférence partisane, chez qui sa cote augmente). Au centre, l’électorat rebuté par la tournure politique droitiste dispose en outre d’une offre assez élargie, allant de Jean-Louis Borloo au potentiel candidat DSK, en passant le candidat aux primaires des Verts Nicolas Hulot, François Bayrou ou même sans doute Dominique de Villepin.

A ce stade de son mandat, si Nicolas Sarkozy conserve une cote de confiance similaire à celle de Jacques Chirac en 2006, il est largement en dessous des deux Présidents qui ont sollicité un second mandat et qui l’ont gagné. Ainsi, à un an de l’élection présidentielle de 1988, François Mitterrand avait une cote de confiance de 54 %, et Jacques Chirac en avril 2001 voyait sa cote s’élever à 51 % là où Nicolas Sarkozy atteint 23 %. Quant à Valery Giscard d’Estaing, qui reste pour l’instant le seul Président sortant à avoir été battu en briguant un deuxième mandat, il se situait plus haut encore, sa cote de confiance s’établissant en avril 1980 à 56 %.

La différence entre Nicolas Sarkozy et ses prédécesseurs s’explique en grande partie par le fait que ces derniers étaient favorisés par la situation institutionnelle de la cohabitation. Si l’impopularité pesait essentiellement sur le Gouvernement dans le premier cas et que la popularité du Gouvernement bénéficiait au Président en place dans le second cas, dans les deux situations les Présidents avaient l’avantage de pouvoir représenter un nouvel espoir de changement.

 

 

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