"Que des inconvénients à un remaniement" maintenant

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Bruno Jeanbart

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En ce début d’année politique mouvementée, Délits d’Opinion a rencontré Bruno Jeanbart, directeur des études politiques d’Opinion Way, afin den nous éclairer sur cette année qui s’annonce chargée.

Délits d’Opinion : En ce début d’année, le Président de la République semble vouloir reprendre le contrôle de l’agenda en fixant un cap clair avec son pacte de responsabilité. Cette stratégie vous paraît-elle adaptée et viable afin de rassurer l’opinion publique ?

Bruno Jeanbart : L’impopularité présidentielle, alors que l’année sera marquée par la tenue des premiers scrutins depuis l’alternance politique, obligeait le Président à bouger, même s’il a plusieurs fois affirmé ne pas s’en soucier. En effet, la très faible confiance que lui accorde l’opinion aujourd’hui porte en elle un triple risque.

Le premier, c’est d’exposer la majorité à un vote sanction lors des élections intermédiaires de 2014, avec toutes ses conséquences négatives : perte d’ancrage local, voire encouragement à ceux qui s’opposent, dans la rue, à la

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Le second, c’est de renforcer, au sein même de la majorité, les voix discordantes et critiques à l’égard de son action. Alors que la gauche radicale se comporte déjà comme un mouvement d’opposition, il est d’autant plus indispensable de limiter les dissonances au sein du Parti Socialiste.

Le troisième risque, c’est celui que comporte l’installation durable de l’opinion dans le mécontentement. Plus une impopularité forte se pérennise, plus les marges de manœuvre pour la renverser se réduisent. François Hollande peut espérer un retournement de la conjoncture économique mais pour pouvoir en profiter, il ne faut pas avoir accumulé trop longtemps l’insatisfaction à son égard. Dès lors, il fallait répondre à la critique récurrente qui lui est faite depuis plus d’un an, à savoir l’absence de lisibilité de sa politique.

Visiblement, la stratégie assumée dès novembre 2012 de donner la priorité à la compétitivité des entreprises n’était pas perçue par l’opinion. Le Président a donc choisi d’aller plus loin, en s’affirmant « social-démocrate » et en affichant plus clairement encore sa volonté d’alléger les cotisations sociales sur les entreprises. Le paradoxe est que si l’orientation choisie est en phase avec l’opinion, elle ne produit pour le moment aucun effet sur l’image du Président, en raison notamment de sa forte impopularité et de la défiance politique généralisée qui touche le pays. Désormais, avant de lui en faire crédit, les Français attendent de voir comment l’orientation fixée par François Hollande se traduira en mesures concrètes pour les entreprises.

Délits d’Opinion : La dernière tentative de fixer un cap, « inverser la courbe du chômage », s’est soldée par un échec : un nouvel échec sur un tel engagement laisserait-il des marges de manœuvre pour une réélection en 2017 ?

Bruno Jeanbart : Il me semble que les marges de manœuvre pour la réélection du Président sont d’ores et déjà très entamées, quel que soit l’avenir du pacte de responsabilité. Il a en effet perdu le soutien de nombre de catégories qui lui ont permis de l’emporter face à Nicolas Sarkozy le 6 mai 2012 : ainsi, les ouvriers, qui avaient majoritairement voté pour lui au second tour de la présidentielle sont 50% à être « très mécontents » de l’action du Président dans la dernière vague de notre baromètre Clai/Metronews/LCI. Sa base électorale est elle-même très affaiblie : moins d’un électeur sur deux ayant voté pour lui au premier tour est satisfait de son action (48%). En comparaison, au plus fort de son impopularité, Nicolas Sarkozy conservait plus de 60% de satisfaits auprès de ses électeurs. Certes, il reste beaucoup de temps d’ici 2017 au Président pour se rétablir mais il lui faudra pour cela transformer profondément une image qui s’est fortement dégradée depuis près de deux ans, notamment sur la dimension du « leadership » : seuls 25% des Français estiment qu’il « sait où il va » ou qu’il « sait faire preuve d’autorité » et moins de 20% qu’il est « capable de rassembler les Français ». Or transformer une image politique prend beaucoup de temps et la rétablir bien plus qu’il n’en faut pour la dégrader. La question me semble donc être moins de savoir si l’échec du pacte de responsabilité sera de trop mais plutôt si un succès suffira à inverser cette spirale négative.

Délits d’Opinion : L’entente cordiale affichée avec Pierre GATTAZ n’est-elle pas malvenue à un mois des municipales ? Quel risque de coupure avec l’électorat le plus à gauche dans cette élection locale ?

Bruno Jeanbart : Il y a effectivement un risque vis à vis de l’électorat de gauche dans cette volonté de faire du Président du Medef un interlocuteur « privilégié ». Toutefois, il me semble que la situation dans laquelle se situait François Hollande à l’orée de ce choix limite ce danger. Tout d’abord parce que l’électorat de la « gauche radicale » a déjà décroché depuis plus d’un an du Président. D’ailleurs, ni les vœux, ni la conférence de presse du Président ne l’ont fait chuter davantage dans cet électorat. Ensuite, parce que l’une des formations politiques qui incarne cet électorat, le Parti Communiste, ne reviendra pas, en dépit de son opposition à la politique gouvernementale, sur l’alliance à gauche localement. Dans de nombreuses villes, cette alliance se fera même dès le premier tour. Enfin, il faut le rappeler, la grande majorité de l’électorat de la gauche se situe au centre gauche et n’est donc pas hostile à une politique qui s’appuie sur les entreprises. Le pacte de responsabilité n’est pas pour le moment perçu comme une « reddition devant le patronat » et de ce point de vue, Pierre Gattaz lui-même, en critiquant la thématique des contreparties, facilite la tâche du gouvernement en ne donnant pas le sentiment qu’il cède à ses exigences.

Si les municipales se traduisent par une défaite de la gauche en raison de l’abstention de son électorat ou de mauvais reports de voix de ses différentes composantes au second tour, il me semble que l’imputer au pacte de responsabilité serait hasardeux. Rappelons que dès novembre 2013, soit avant son annonce, le Président avait atteint un record d’impopularité et que s’il est revenu à son plus bas niveau en février, c’est principalement en raison des mauvais chiffres du chômage en décembre voire des polémiques concernant sa vie conjugale. Le pacte ne produit dans le fond pour le moment aucun effet, ni dans un sens, ni dans l’autre, les Français attendant de voir désormais ce qu’il implique.

Délits d’Opinion : Croyez-vous en la possibilité – et la pertinence – d’un prochain remaniement ? Quelles seraient les conditions de réussite d’un tel remaniement ?

Bruno Jeanbart : Si François Hollande poursuit sa logique d’un quinquennat en deux temps – rétablissement des finances du pays pour commencer puis mise en place d’une politique plus redistributive ensuite – il lui faut faire coïncider ce calendrier avec un remaniement ministériel profond, voire un changement de Premier ministre. Or, pour le moment, le lancement de cette seconde phase du quinquennat ne semble pas d’actualité. Quant à l’idée que remanier avant les municipales pourrait « sauver » cette élection, elle me semble pour le moins baroque. Il est difficile de répondre avec certitude à l’inéluctabilité d’un vote sanction lors des

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municipales de mars, ce scrutin ayant aujourd’hui une très forte dimension locale pouvant limiter cette envie fréquente lors des scrutins intermédiaires. Mais si les Français veulent sanctionner la gauche lors de ces élections, ils le feront, remaniement ou pas. Je ne vois donc que des inconvénients à un remaniement avant cette échéance et je n’y crois pas. En cas de défaite électorale, tout le bénéfice de la mise en place d’une nouvelle équipe serait annihilé par le résultat du scrutin. En revanche, on peut supposer que le Président sera tenté de jouer cette carte soit après les municipales, soit, hypothèse que je pense être la plus probable, après les Européennes. Mais pour produire des effets dans l’opinion, un remaniement devra être interprété comme le signal d’un changement de politique. Toutes les études que nous menons soulignent en effet que si la manière de gouverner des ministres et du Premier ministre est parfois critiquée par l’opinion, c’est le Président lui-même et la politique menée qui sont à l’origine du mécontentement.

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