« Paris 2024 suscite une adhésion rarement vue pour un tel projet »

« Paris 2024 suscite une adhésion rarement vue pour un tel projet »

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Yves-Marie Cann

Directeur des études politiques - Elabe

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Yves-Marie Cann, directeur des études politiques à l’Institut ELABE, revient sur le sondage réalisé auprès des 15-25 ans pour Paris 2024 et détaille les motivations de la jeunesse.

Comment expliquez-vous que les Jeunes soient plus favorables que le reste de la population à la candidature ? Quels sont les éléments pour les séduire ?

« L’étude montre un soutien très important chez les 15-25 ans puisque 82% sont favorables au projet Paris 2024. Plus précisément, 40% des jeunes interrogés sont tout à fait favorables. Cela démontre que l’on dépasse le simple cadre de l’opinion et que l’on est dans le domaine de la conviction. Il s’agit d’une situation assez rare lorsqu’on observe l’adhésion aux projets portés par des acteurs politiques. Généralement, ceux-ci pâtissent d’un important contexte de défiance. On voit donc que l’olympisme suscite une réelle adhésion et que cela transcende les catégories parmi la jeunesse car le soutien est véritablement massif. Cela s’explique par l’image très positive dont bénéficient les Jeux Olympiques et Paralympiques. Ils sont perçus comme un projet positif qui suscite un optimisme lié aussi bien aux valeurs d’espoir qu’aux perspectives économiques en termes de création d’emploi que peut générer l’organisation et l’accueil d’un tel événement. »

Plus de la moitié des jeunes veulent s’engager. Est-ce un chiffre parlant à 150 jours de l’élection ?

« C’est un chiffre important car près de 54% se déclarent intéressés par la perspective de s’engager pour l’organisation des Jeux. Il s’agit d’une question assez engageante et 18% des interrogés se disent très intéressés par cette possibilité. Cela souligne la proportion conséquente des jeunes prêts à s’investir. Au-delà du soutien, il y a une vraie volonté chez les jeunes de s’engager si la possibilité leur est donnée. Les Jeux sont perçus comme un formidable projet collectif pour cette génération à travers le dynamisme, l’enthousiasme et le lien social que ce projet peut susciter. »

« Un projet tel que celui-ci pourrait pâtir d’un contexte de défiance actuel mais Paris 2024 est immunisé par des soutiens venus de tous bord. Cela se traduit par une forte adhésion des personnes interrogées dans cette enquête »

© Julien Crosnier / KMSP

Paris 2024 semble réussir l’unité des acteurs politiques. En période électorale est-ce un élément qui permette de consolider la candidature en la mettant à l’abri ?

« C’est à la fois la chance et la force de Paris 2024 qui peut compter sur des soutiens de gauche comme de droite avec des personnalités bien identifiées telles que Valérie Pécresse, Anne Hidalgo ou François Hollande. Ces soutiens de différents horizons permettent de fédérer autour du projet. Cela se traduit par cette forte adhésion et qui immunise Paris 2024 des clivages et des polémiques politiciennes qui sont fréquentes dans un contexte où le paysage politique est si morcelé. Ce sondage souligne que Paris 2024 recrée une unité, un enthousiasme qui fédère aussi bien les politiques que la société. »

Paris 2024 est vu comme un projet qui semble en mesure de provoquer des changements dans la société. Pensez-vous que le message autour de Jeux « utiles, durables et responsables » parviennent à passer en France ?

« Il est évident que les messages ne sont pas encore reçus à 100%, même chez les jeunes. Pour autant, le potentiel et les apports des Jeux Olympiques et Paralympiques sont bien identifiés car il s’agit d’éléments qui sont aussi portés par la ville de Paris. Dès lors le comité est perçu comme un organe qui permet de mettre en place les aspirations de la jeunesse. Ce sont des bases solides sur lesquelles construire une adhésion et une mobilisation fortes ».

Propos recueillis par Raphaël Leclerc

 

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