Jean-Daniel Levy : "Il est encore trop tôt pour dresser des scenarii de l'impact sur l'opinion de la tuerie de Toulouse"

Jean-Daniel Levy : "Il est encore trop tôt pour dresser des scenarii de l'impact sur l'opinion de la tuerie de Toulouse"

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Jean-Daniel Levy

Directeur du Département Politique & Opinion de l’Institut Harris Interactive

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Alors que l’auteur présumé des tueries de Toulouse et Montauban demeure encore cloitré dans un appartement du quartier de la Côte Pavée à Toulouse , et après une pause toute relative lors de la campagne présidentielle, Délits d’Opinion a sollicité Jean-Daniel Levy, directeur du département Opinion et Politique de Harris Interactive, pour décrypter les conséquences que cet événement pourrait avoir sur le scrutin, à 30 jours du 1er tour.

Délits d’Opinion : Après 72h dédiée au drame de Toulouse et de Montauban, comment l’opinion va-telle réagir ? Quels candidats pourraient bénéficier de cette séquence totalement inédite ?

Jean-Daniel Lévy : « Alors que nous sommes encore dans l’action, toutes les données du problème n’ont pas encore été posées. On ne peut encore savoir si ce fait sera lu par l’opinion sous l’angle du terrorisme, de l’immigration, de la sécurité, du racisme ou de l’incapacité des forces de polices à identifier en amont ces individus à risques. La mutiplicité des sujets qui entourent cette affaire rend complexe l’identification de celui qui ressortira en première ligne au lendemain de cette séquence. Les prochains jours devraient cependant clarifier les choses sur ce point.

A ce stade, pour éclairer notre jugement, il est préférable de s’appuyer sur des événements du nature proche qui ont pu se passer lors des campagnes présidentielles précédentes. En 2007, au mois de mars, les événements particulièrement violents qui s’étaient déroulés à la Gare du Nord étaient en mesure d’interroger la société franaçise sur la capacité du pouvoir et de la police à maintenir l’ordre sur le territoire. A cette époque, et contrairement à ce que certains avaient pu imaginer, Nicolas Sarkozy, alors ministre de l’Intérieur, n’avait pas été fragilisé. Au contraire, ces violences avaient fait émerger un désir de sécurité fort et les électeurs avaient estimé que le candidat et Ministre était le mieux placé pour répondre à ces enjeux. En 2002, l’épisode Papy Voise, survenu quelques jours avant le premier tour, avait, là encore, permis à un homme de voir son potentiel électorat s’accroitre. En effet, l’agression d’un viel homme isolé avait renforcé Jean-Marie Le Pen. Rappelons que le candidat d’extrême-droite était perçu par les Français comme le candidat le plus efficace en matière de sécurité et qu’il s’agissait de la première des préoccupations des Français. Ces deux événements ont en commun d’entrer en raisonnance avec les attentes des électeurs.

Aujourd’hui, la sécurité ne constitue pas le point central et structurant du comportement électoral potentiel des Français. Le contexte électoral ne place pas cette dimension au centre des débats et des attentes des électeurs. Les thématiques économiques et sociales, jusqu’à présent, préoccupent plus les Français. Comme indiqué dans un sondage publié par Harris Interactive, ceux-ci ne semblent pas faire de la sécurité un enjeu fort pour l’élection. Il apparait donc

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prématuré de dresser des scenarii sur l’impact de cette séquence sur l’opinion.

Enfin, on peut noter que les séquences de cérémonies funèbres présidées par Nicolas Sarkozy (on se rappelera notamment de la cérémonie aux Invalides en l’honneur des dix soldats morts en septembre 2008 en Afghanistan) lui ont plutôt été favotables dans l’opinion. Mais là encore, il est encore trop tôt pour affirmer avec assurance que l’on observera le même type de mouvements dans l’opinion.

Délits d’Opinion : Les candidats qui ont pu prôner la poursuite de la campagne peuvent-ils pâtir de leur prise de position ?

Jean-Daniel Lévy : »A ce stade, les différentes enquêtes menées par notre institut ne font pas apparaitre de mouvements de reports ou de « sanction » de la part de l’opinion pour ces quelques candidats qui ont voulu poursuivre la campagne. Nous n’avons pas observé de bronca de la part de nos sondés; et à ce titre on est en droit de se demander si, aux yeux des Français, la campagne s’est véritablement stoppée ou si elle s’est en fait poursuivie sous d’autres formes ».

Délits d’Opinion : Cet événement va-t-il agir seulement comme un marqueur de la campagne ou peut-il réorienter complètement celle-ci sur des questions liées à l’immigration et à la sécurité ?

Jean-Daniel Lévy : »Indiscutablement, la tuerie de Toulouse sera un point marquant de la campagne. Comme évoqué plus tôt, il faudra observer la lecture que les Français feront de ce drame : « fait divers » ou « fait de société » qui traduit un malaise ou une fragilité de notre société ? Si l’on se situe sur l’option numéro 2 alors il est possible que la campagne change de visage en remettant des thématiques demeurées au second plan, sur le devant de la scène.

 

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