France, le choix du chômage ?

France, le choix du chômage ?

Un nouveau Zinc de Délits d’Opinion s’est tenu ce mercredi 4 mai, en partenariat avec Saxo Banque et  en présence de :

  • Nathalie Kosciusko-Morizet, Présidente du groupe des Républicains au Conseil de Paris, députée et candidate à la primaire ouverte de Droite
  • Dominique Seux, Directeur délégué de la rédaction des Echos, éditorialiste économique sur France Inter
  • Christopher Dembik, Economiste à Saxo Banque

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Ces trois invités ont échangé sur le fait de savoir si la France avait choisi de sécuriser les « insiders » au détriment de ceux tentant d’entrer ou de réintégrer le marché du travail, et ont débattu sur les évolutions du mode du travail ainsi que sur les actions à mettre en œuvre pour réduire le chômage.

Les photos de l’évènement avec notre partenaire Infos-Reportages  : https://www.dropbox.com/sh/k5ol4sprdgik5cu/AACX_uU43XkwA7t_004DBb6Ta?dl=0

 Quelques propos recueillis pendant ce Zinc :

Pour Christopher Dembik (@Dembik_Chris), le chômage en France est à la fois conjoncturel et structurel, et le problème réside par conséquent plutôt dans l’absence de réformes structurelles menées dans notre pays. Si le projet de loi Travail démontre que quasi-toutes les formations politiques ont pris conscience de la nécessité de conduire ce type de réformes, la dernière mouture est décevante. L’enjeu réside en effet non pas tant dans la compétitivité des entreprises que dans leur productivité, insuffisante aujourd’hui. La France montre en effet un retard dans la maîtrise et l’intégration des nouvelles technologies dans l’entreprise et dans l’investissement en faveur de l’innovation.

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Selon Dominique Seux (@dseux), le chômage structurel est désormais le lot de tous les pays développés. La structure de l’emploi a profondément changé et certains pays ont fait le choix de réduire le chômage en développant l’emploi précaire (Allemagne, Grande-Bretagne, Etats-Unis…) tandis que d’autres, à l’instar de la France, ont refusé de faire ce choix. Angela Merkel a obligé les partenaires sociaux allemands à mettre sur pied le chômage partiel, tandis que les syndicats, mais aussi pour partie les entreprises, ont préféré en France rester sur le modèle « dedans ou dehors », et n’ont pas souhaité « faire tourner » davantage l’emploi.

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Pour Nathalie Kosciusko-Morizet (@nk_m), le monde du travail est profondément en train de changer, avec notamment l’essor du travail indépendant. Celui-ci est porté par des drivers très profonds, à la fois économiques, technologiques mais aussi culturels. Aujourd’hui, les plus jeunes veulent créer leur emploi, les valeurs des nouvelles générations reposant davantage sur l’émancipation, l’indépendance, l’horizontalité, le travail en réseau… Les changements technologiques, qui entrent en résonance avec ces valeurs, préfigurent vraisemblablement une transformation sociale profonde. Il faut que le politique se réinterroge sur son rôle dans ce contexte. Il doit réinscrire ces changements dans une perspective plus large et anticiper les conséquences, par exemple concernant le financement de la protection sociale qui repose aujourd’hui en grande partie sur le salariat. Or il est probable que le salariat ne soit au final qu’une parenthèse dans l’histoire.

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Interrogés sur les moyens de réduire le chômage aujourd’hui en France, les intervenants ont soulevé plusieurs pistes. Pour Christopher Dembik, la seule solution rapide serait de mettre en place des mini-jobs « à l’allemande ». Mais sur le plus long terme, il faut réfléchir à la formation des chômeurs et des jeunes. Pour Nathalie Kosciusko-Morizet, il est nécessaire de sortir des anciennes catégories de pensée et mettre en œuvre des réformes qui redonnent du sens, par exemple le statut général du travailleur indépendant ou la retraite à points. Dominique Seux voit dans la retraite à points un exemple de réformes réintroduisant de la lisibilité pour les salariés, qui aujourd’hui sont incapables d’anticiper leurs droits à la retraite. De même, sur le principe, le compte personnel d’activité est une bonne idée reposant sur la portabilité des droits. Tous s’accordent enfin à dire que la France, et plus largement l’Union Européenne, doivent accentuer leurs efforts concernant la 4ème révolution industrielle, par exemple en regroupant les pôles de compétitivité (Christopher Dembik), en prenant le train de la robotisation après avoir raté celui de l’automatisation (Nathalie Kosciusko-Morizet), ou encore en favorisant l’entrepreneuriat sur ces sujets, et notamment l’entrepreneuriat féminin, et en facilitant la croissance des entreprises dans ce secteur (Dominique Seux).

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