Election européenne : vers une abstention record

Election européenne : vers une abstention record

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Jérôme Fourquet

Directeur du département Opinion et Stratégies d'Entreprises de l'Ifop

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<img class="alignleft size-full wp-image-1073" title="abstention" src="http://www.delitsdopinion.com/wp-content/uploads/2009/05/abstenti

on.jpg » alt= »abstention » width= »150″ height= »150″ />A un mois de l »?lection europ?enne, seuls 22 % des Fran?ais avaient parl? de ce sujet avec leurs proches au cours de la semaine ?coul?e selon le barom?tre Ifop/Paris-Match. En 2004, ? la m?me distance du scrutin, cette proportion, d?j? faible ? l »?poque, s »?tablissait ? 27 %… L »indicateur de participation issu des enqu?tes d »intentions de vote actuellement r?alis?es enregistre ?galement un d?sint?r?t massif de nos concitoyens et laisse entrevoir la perspective d »une abstention de 62 ? 63 % contre un peu plus de 57 % en 2004. La faible lisibilit? du fonctionnement du Parlement europ?en et la difficult? ? appr?hender les enjeux concrets de cette ?lection sont des ressorts importants de cette abstention. On ?voquera ?galement la crise ?conomique qui frappe durement et occupe l »esprit des Fran?ais et les d?tournerait ainsi de la campagne. Pourtant pour une majorit? d »entre eux, quoique convaincue de l »impact du passage ? la monnaie unique dans la hausse des prix ces derni?res ann?es, l »euro a permis ? la France de mieux faire face ? la crise financi?re que si nous ?tions rest?s au franc. De la m?me fa?on, l »Europe appara?t aujourd »hui ? beaucoup comme l »?chelon adapt? pour r?fl?chir et agir ? une relance ?conomique. Alors comment comprendre ce d?sint?r?t grandissant des Fran?ais ?

Force est de constater que les affrontements ou les grands sujets qui avaient donn? de la consistance et du relief au d?bat europ?en lors des pr?c?dentes consultations sont aujourd »hui ?teints ou d?pass?s. Avec l »?largissement successif, le clivage entre souverainistes et f?d?ralistes s »est fortement estomp? et l »usage quotidien de l »euro par des dizaines de millions de personnes depuis plusieurs ann?es a rendu obsol?te le d?bat sur la monnaie unique. La question de l »entr?e de la Turquie dans l »UE ne divise gu?re puisque les partis de droite y sont tous oppos?s et que ceux de gauche n »y sont que tr?s mollement favorables. Enfin, m?me le dossier des dates d »ouverture de la chasse, qui mobilisait jadis une partie de l »?lectorat, semble avoir ?t? plus ou moins enterr?.

Ceci se traduit (Also see the Home affordable health Guide from the NAIC)LifeThis guide explains some of the basics of life insurance, including the two main kinds of life insurance and how they work. d »ailleurs par une harmonisation assez spectaculaire des programmes des principales formations politiques : les ?lecteurs ayant le choix entre ? une Europe qui prot?ge ?, ? un bouclier europ?en ? et ? une protection sociale europ?enne ?… Dans ce contexte, on comprend la perplexit? des Fran?ais et ce d »autant plus que les grands partis ont d?lib?r?ment fait le choix de se lancer tr?s tardivement en campagne. Au PS, hormis le d?sint?r?t de certains cadres locaux davantage pr?occup?s par l »?ch?ance des r?gionales, cette d?cision de retarder l »entr?e en campagne fut dict?e par le souhait de ne pas raviver les cicatrices encore fra?ches de l »affrontement entre les tenants du ? non ? et du ? oui ? au r?f?rendum.

De son c?t?, l »UMP a ?galement opt? pour une campagne courte. Le feuilleton, seulement tr?s r?cemment clos, de la composition des listes europ?ennes comme la d?cision d »organiser en mars les primaires pour les r?gionales en sont autant de preuves. Le sc?nario pour la formation pr?sidentielle est alors le suivant : mener une campagne ? ?clair ? en capitalisant au maximum sur le souvenir positif laiss? par la pr?sidence fran?aise de l »UE et rassembler, sur un discours de soutien ? la poursuite des r?formes, l »ensemble de l »?lectorat de la majorit? derri?re les seules listes UMP (les vell?it?s autonomistes du Nouveau Centre et des Radicaux ayant ?t? dissuad?es). Pour les strat?ges UMP, une campagne courte avec une forte abstention ? la cl?, devrait permettre d »?viter l »?rosion (le RPR en 1999 et l »UMP en 2004 perdirent ? chaque fois pr?s de 3 points durant la campagne) et de donner un avantage strat?gique ? la droite. Les cat?gories lui ?tant g?n?ralement acquises (l »UMP ?tant actuellement ? 40 % d »intentions de vote parmi les plus de 65 ans) sont en effet celles qui participent le plus.

A l »inverse, avec un taux d »abstention pr?visible de 62 ou 63 % sur l »ensemble du corps ?lectoral, on peut estimer qu »? peine un quart des jeunes ou des ouvriers se rendront aux urnes, ce qui ne sera pas sans effet sur l »issue du scrutin. Le PS sera ainsi handicap?, tout comme le Front National mais aussi le NPA dont les soutiens se concentrent pr?cis?ment dans ces cat?gories (le Front de gauche, ? l »?lectorat plus ?g?, pouvant lui en tirer parti et s?rieusement concurrencer le parti d »Olivier Besancenot).

A n »en pas douter, les r?sultats de cette ?lection europ?enne seront abondamment comment?s. Ils constitueront de fait un indicateur pr?cieux de l »?tat du rapport de force dans le pays ? un an des r?gionales. N?anmoins, il conviendra de garder en t?te que cette photographie du paysage ?lectoral pourrait ?tre quelque peu d?form?e par une abstention importante voire massive dans certains milieux.

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