Bernard Sananès : « Le Président de l’UMP est redevenu le leader de l’opposition »

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Au lendemain du premier tour des élections cantonales, Bernard Sananès, Président de l’Institut CSA est revenu sur les principaux enseignements de ce scrutin.

Délits d’Opinion : Quels sont les enseignements de ce premier tour ?

Bernard Sananès : « Le premier enseignement c’est indiscutablement le recul puissant enregistré par la gauche si on compare le score obtenu avec celui de 2011 (12 points perdus). Pour expliquer ce score il faut ajouter au vote sanction contre le gouvernement la division des forces de gauche. La conjonction de ces deux éléments fait craindre que la défaite du 1er tour ne se transforme en une déroute dimanche prochain. Le deuxième enseignement c’est l’enracinement politique et électoral du Front national. Même si son score est légèrement inférieur qu’attendu, le parti de Marine Le Pen a confirmé son poids électoral avec un bond de 10 points par rapport aux cantonales de 2011. C’est évidemment un succès majeur pour le FN qui sera présent dans deux tiers des cantons au deuxième tour. On retiendra notamment des scores en en hausse dans les zones rurales.  Enfin, le troisième enseignement de ce 1er tour c’est la stratégie gagnante d’alliance UMP-UDI qui a permis d’activer le vote utile. A la différence des scrutins du printemps 2014, la droite républicaine est parvenue à regagner le leadership de l’opposition face au Front national ».

Délits d’Opinion : Comment expliquer un niveau d’abstention finalement moins fort qu’anticipé ?

Bernard Sananès : « On a observé un regain d’intérêt pour la campagne en fin de scrutin. En effet, la nationalisation et la politisation de l’élection, la mobilisation des leaders politiques et l’intérêt croissant des médias ont contribué à limiter l’abstention, même si celle-ci reste très forte au niveau national. L’investissement personnel du Premier ministre ou du leader de l’UMP lors de meetings (parfois diffusées à la télévision !) ont permis de remobiliser un électorat qui pensait ne pas s’exprimer. L’attachement à l’échelon local n’y est pas pour rien non plus dans cette remobilisation. Dans le détail si l’électorat du FN s’est montré très mobilisé tout au long de la campagne, on ne peut pas exclure que certains électeurs se soient finalement reporté sur l’UMP, par ailleurs on observe également une légère remobilisation de la gauche ».

Délits d’Opinion : Ce résultat indique-t-il l’installation d’un tripartisme durable en France ?

Bernard Sananès : « Cette élection a confirmé que la tripartition sera bien la règle du jeu aux prochaines élections, qu’il s’agisse des régionales, de la présidentielle ou des législatives. Le FN enregistre une légère progression en suffrages depuis les européennes et confirme son poids électoral. Après ce succès le FN va devoir apporter la preuve qu’il est en mesure de l’emporter dans des configurations de duels qui lui sont moins favorables. C’est un enjeu clef pour le parti. Au lendemain de ce premier tour on ne peut exclure que le FN fassent élire 50 candidats et s’impose dans un département comme le Vaucluse. Enfin, l’autre conséquence c’est l’impact qu’aura le FN sur les stratégies électorales des autres formations politiques. Dans la perspective de 2017, le sujet des alliances va s’avérer crucial à droite comme à gauche pour éviter l’élimination au second tour.

Délits d’Opinion : Quels sont les leaders qui ont marqué des points à l’occasion de ce 1er tour ?

Bernard Sananès : « Le Président de l’UMP reste le grand vainqueur de ce 1er tour. Dans ce scrutin, son parti est redevenu le premier parti d’opposition en devançant largement le FN. Six mois après son retour en politique, ce premier succès conforte Nicolas Sarkozy. Après avoir repris le leadership dans son parti, Nicolas Sarkozy reprend celui de l’opposition et cela va renforcer son poids face à ses potentiels concurrents dans la perspective de la primaire à droite. Pour Manuel Valls le bilan est plus contrasté. Sa campagne a permis de stopper l’hémorragie à gauche. Il sort certes perdant de cette campagne, mais pas affaibli. Enfin, Marine Le Pen peut se satisfaire du succès de sa méthode : dédiabolisation, professionnalisation et implantation locale. Cette séquence électorale apporte la preuve que la machine électorale du FN est en marche et qu’elle fonctionne à plein régime ».

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