Baromètre Harris Interactive / Délits d’Opinion : Hollande aborde les voeux à 27%

Baromètre Harris Interactive / Délits d’Opinion : Hollande aborde les voeux à 27%

Photo du profil de Jean-Daniel Levy

Jean-Daniel Levy

Directeur du Département Politique & Opinion de l’Institut Harris Interactive

Biographie

Directeur du Département Politique & Opinion de l’Institut Harris Interactive

Tous les articles de cet expert

En cette veille de voeux présidentiels, le baromètre Harris Interactive pour Délits d’Opinion témoigne d’une baisse notable de l’exécutif. François Hollande perd 4 points à 27% tandis que son premier Ministre chute également de 6 points à 35%. Décryptage de cette baisse ainsi que des nouvelles figures montantes de la droite à l’issue des régionales avec  Jean-Daniel Lévy.

Délits d’Opinion : Pourquoi la hausse de confiance envers François Hollande et Manuel Valls s’est-elle dissipée aussi rapidement ?

Jean-Daniel Lévy : Lorsque les Français réagissent de manière émotionnelle à un évènement, les mouvements d’opinion peuvent être assez nets. La hausse de la confiance à l’égard de l’exécutif relevée le mois dernier s’inscrivait dans le contexte des attentats du 13 novembre. Depuis nous sommes entrés dans une autre phase. Et celle-ci laisse davantage libre court aux positionnements des Français selon leur proximité politique. Ainsi François Hollande perd 3 points chez les sympathisants du FN ainsi que chez les personnes ne déclarant aucune préférence partisane. Manuel Valls voit la confiance accordée par les sympathisants du Front de Gauche se réduire de 5 points, celle des sympathisants des « Républicains » reculer de 3 points, et celle des sympathisants du FN se contracter également de 5 points. Observons, en outre, que le Président comme le Premier ministre voient la proportion de proches du PS répondre favorablement à la question posée se tasser pour atteindre respectivement 84 et 80%.

Notons qu’en complément du clivage politique ré-émergeant, la démarcation sociale s’avère également nette. Et le retour à la situation pré-attentats se fait ressentir fortement. Les CSP – accordant leur confiance à l’exécutif ne mentionnent plus le terme « attentats », à la différence de l’ensemble de la population, et critiquent une politique qu’ils jugent trop « de droite » et dont les effets aussi bien pour le pays que pour eux-mêmes ne se font pas selon eux sentir.

Délits d’Opinion : Faut-il voir dans la progression de Laurent Fabius, un effet de la COP21 ?

 

Jean-Daniel Lévy : Rappelons que la confiance en Laurent Fabius n’avait quasiment pas évoluée à la suite des attentats à la différence de celles de Jean-Yves Le Drian, Bernard Cazeneuve ou Emmanuel Macron. Notons que la plupart des Ministres voient leur niveau de confiance baisser. Le Ministre des affaires étrangères échappe ce mois-ci à ce mouvement global d’opinion. Avec 48% de confiance, il se situe dans l’étiage habituel le concernant. Cette évolution (+5 points) est le reflet : 1. Du fait que les Français ne sont pas insensibles aux thématiques écologiques et environnementales dès lors que celles-ci ne viendraient pas contrecarrer le niveau de vie ou à tout le moins la norme sociale, 2. Du fait également que les Français sont fiers de la France dès lors que celle-ci s’inscrit comme une nation leader au niveau international.

On remarquera que Laurent Fabius enregistre les plus fortes hausses entre novembre et décembre auprès des jeunes (+8 points chez les moins de 35 ans) et des plus âgés (+9 points chez les plus de 50 ans), auprès des cadres et professions libérales (+15 points), auprès des plus diplômés (+11 points) ainsi qu’auprès des centristes du MoDem ou de l’UDI, mais aussi chez les sympathisants du Front de Gauche ou d’EELV.

Délits d’Opinion : A l’issue des élections régionales, quelles personnalités politiques sortent renforcées ? Et quelles sont celles qui semblent avoir pâties de cette séquence ?

 

Jean-Daniel Lévy : « Malheur aux perdants ! ». Telle semble être la conséquence d’opinion, au moins provisoire, de ces élections régionales. -2 points pour Marine Le Pen, -4 pour sa nièce, -3 pour Florian Philippot, – 8 pour Nicolas Sarkozy, – 5 pour Claude Bartolone.

Chez les leaders d’extrême-droite, la baisse est plus prononcée chez les sympathisants de la formation Les Républicains que parmi ceux du FN. Ainsi Marine Le Pen voit la confiance accordée baisser de 8 points chez les premiers, alors qu’elle progresse de 2 dans le cœur de son électorat. A Droite, Nicolas Sarkozy pâtit le plus de la situation : – 8 points auprès de l’ensemble des Français (rappelons qu’il avait progressé de 7 points après les attentats), la baisse se manifestant également à Droite (- 17 points ce mois-ci, -3 sur deux mois) ou au FN (-16 et -2 points depuis octobre). A Gauche, Claude Bartolone baisse de 5 points et surtout de 16 points chez les proches des socialistes, mais également de 9 chez EELV, et – au centre droit – de 3 et 13 points (au Modem et à l’UDI[1]). De leur côté, Valérie Pécresse et surtout Xavier Bertrand profitent de la situation. Ce dernier progresse de 5 points chez les sympathisants des « Républicains », 19 à l’UDI[2], 43 au MoDem et même 31 au Parti Socialiste. Il n’est que chez les sympathisants FN que sa cote de confiance baisse. Effet de lumière médiatique ? On le voit Laurent Wauquiez, dans une configuration électorale différente et avec une exposition médiatique moindre, voit la confiance exprimée à son égard ne progresser que de 2 points.

[1] Les données auprès des sympathisants UDI sont à lire avec précaution au regard des effectifs.

[2] Idem.

Partager ce contenu :

Laisser un commentaire