Baromètre Harris Interactive / Délits d’Opinion : la remontée de Macron

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Jean-Daniel Levy

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Délits d’Opinion : La confiance en l’exécutif progresse. 49% (+3) pour le Président, 48% (+4) pour le Premier ministre. Est-ce la première fois que l’on assiste à une inversion de la courbe de confiance ?

Jean-Daniel Lévy : Depuis le début de ce quinquennat, oui. Mais nous n’en sommes qu’au début. La singularité de cette remontée est triple :

  1. Jusqu’à présent – ou à tout le moins lorsqu’il s’agissait de Nicolas Sarkozy ou François Hollande – la confiance remontait essentiellement alors que la situation sur le front international se tendait et que le Président prenait une initiative forte. Là tel n’est pas le cas ;
  2. La confiance est croissante notamment chez les électeurs se situant à Droite de l’échiquier politique. 50% (+11 points) de sympathisants Les Républicains accordent leur confiance, tandis que celle – nette – des proches de La République en Marche (94%) reste stable
  3. Par ailleurs, la raison pour laquelle 49% des Français déclarent faire confiance au Président repose, déjà, sur le fait qu’il « fait ce qu’il dit ». Rappelons-nous qu’en tout début de mandat les raisons constitutives du soutien reposaient en premier lieu sur la « jeunesse », le « dynamisme » et le « renouvellement » du personnel politique.

A ce titre, les ordonnances sur la loi travail – qui suscitent une défiance des Français – ne structurent pas les représentations. Ou – à tout le moins – semblent moins prégnantes sur les jugements que l’idée qu’il s’agisse de l’application d’un engagement de campagne.

Délits d’Opinion : Il n’y a pas de points de faiblesse ?

Jean-Daniel Lévy : D’un point de vue d’opinion, si. Même si, en proportion, on identifie plus de confiance de la part des proches du PS (52%) que des Républicains (50%) chez les proches de la Gauche la confiance est en baisse (-8 auprès des sympathisants PS). Qui plus est apparait un terme critique : « mène une politique pour les riches » qui, on le sait, peut être à terme pénible pour l’exécutif. Ajoutons, enfin, la difficulté rencontrée par Edouard Philippe de se distinguer du Président. Et à être jugé en tant que Premier Ministre et non au regard d’une politique impulsée – que ce soit jugé positivement ou négativement – par Emmanuel Macron.

Délits d’Opinion : Et cette confiance rejaillit sur les ministres…

Jean-Daniel Lévy : Tout à fait. La quasi-totalité des ministres est jugée plus positivement qu’en août (période au cours de laquelle ils avaient vu une baisse des jugements positifs à leur égard). Tous ne sont pas cependant logés à la même enseigne. Si la confiance est toujours nette auprès du « trio de tête » (Laura Flessel (53%), Nicolas Hulot (52%), Jean-Yves Le Drian 51%)) la ministre des sports semble bénéficier d’un effet post-JO (+3) et est la seule ministre à être jugée positivement tant par les proches de la Gauche, de la République en Marche que de ceux de la Droite (alors que l’image de Jean-Yves Le Drian « penche » plus à Droite et celle de Nicolas Hulot plus à Gauche). Relevons également la forte croissance de jugement positif à l’égard de Jean-Michel Blanquer (39%, +11), surtout lié au soutien des proches de la Droite (50%, +11), ce qui n’est pas évident en période de rentrée scolaire. Le ministre bénéficie probablement – à retard – de l’exposition médiatique de l’été et surtout de ce qui apparait – aux yeux des Français – comme étant un programme clair pour l’éducation. Enfin, trois ministres ont été mis en avant dans le cadre de crises. Annick Girardin progresse de 9 points après IRMA (ce qui n’est pas systématique, on se rappelle des effets de l’Erika sur la confiance en Dominique Voynet), + 6 pour Florence Parly et – enfin – +6 pour Muriel Pénicaud alors même que les ordonnances ont été portées par la Ministre et que sont toujours sous-jacents les débats sur son implication dans le cadre du « dossier Business France ».

Délits d’Opinion : Concernant les autres acteurs ?

Jean-Daniel Lévy : Notons, déjà, la faible confiance. Alain Juppé, premier, ne recueille celle que de 39% de Français. De son côté, Jean-Luc Mélenchon, organisateur de la manifestation du 23 avril, voit sa cote baisser de 3 points pour… être plus clivée. Il génère 61% de confiance à Gauche (+4) et 10% à droite (-4). L’ancien candidat à la présidentielle est la deuxième personnalité « préférée » des proches de la Gauche (derrière Martine Aubry). De l’autre côté de l’échiquier politique, Marion Maréchal Le Pen reste stable (20%), Marine Le Pen baisse de 2 points (19%) et Florian Philippot de 3 (13%). Le fondateur des Patriotes perd 7 points chez les proches du FN (47%, -7) tandis que la baisse au sein de cette famille politique est plus mesurée pour les deux « Le Pen ».

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