Baromètre Harris Interactive / Délits d’Opinion : Emmanuel Macron, une confiance revenue au niveau post-nomination

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Jean-Daniel Levy

Directeur du Département Politique & Opinion de l’Institut Harris Interactive

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Interview de Jean-Daniel Lévy, Directeur du Département Politique-Opinion de Harris Interactive.

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  1. Délits d’Opinion : Les courbes de confiance de François Hollande et de Manuel Valls se stabilisent à un niveau assez bas. N’y a-t’il aucun signe d’espoir pour l’exécutif à moins d’un an de la prochaine présidentielle ?

 Jean-Daniel Lévy : La confiance envers François Hollande et Manuel Valls est effectivement stable, mais basse. Les 20% de confiance (+1) pour le Président de la République, comme les 22% (sans changement) pour le Premier ministre ne constituent pas des socles d’appui très élevés. On remarquera que l’écart de confiance entre les deux têtes de l’exécutif n’a jamais été aussi faible et que le Président, qui pouvait, dans une certaine mesure, s’appuyer sur le Premier ministre a moins aujourd’hui cette faculté. On remarquera également que seuls 67% des sympathisants socialistes accordent leur confiance à François Hollande contre 62% à Manuel Valls. Les termes, critiques, à l’égard du Premier ministre sont assez durs : « Trop de dureté dans son Gouvernement actuel, l’absence de dialogue avec les Français. » ; « Il ne sait pas discuter, n’écoute plus les Français, pour imposer sa loi, il utilise le 49.3 : résultats 2 mois de grève, c’est pire qu’avec un Gouvernement de Droite. » ; « Ses paroles et ses discours ne sont pas suivi d’effets ce qui à la longue devient problématique. Il y a un vrai décalage entre ses paroles et ses actes. » ; « Son soutien à la Loi travail, l’utilisation du 49.3 et sa volonté d’interdire les manifestations. ».

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Les questions ici posées ne sont pas en relation directe avec la présidentielle. Reste qu’il n’existe pas de points d’appui solides actuels chez les Français. Le couple exécutif ne peut, dans ce contexte, espérer susciter chez ces personnes une forme de relais de la politique menée et de ses conséquences.

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  1. Délits d’Opinion : Quels sont les Ministres qui subissent les plus fortes érosions de leur cote de confiance ce mois-ci ?

Jean-Daniel Lévy : En lien avec votre précédente question, remarquons que la confiance dans la majorité des Ministres baisse. L’un des plus emblématiques, Emmanuel Macron (37%, – 4) n’a pas connu un tel niveau de confiance depuis les premiers mois de sa nomination, lorsque sa notoriété était peu établie. La baisse est notoire chez les sympathisants de Droite et du Centre (54%, – 4 points et 56%, -2 points plus précisément chez Les Républicains). S’il reste le Ministre préféré des sympathisants de Droite, on peut voir que le niveau de confiance baisse. Najat Vallaud-Belkacem (24%, -5 points) connait également une forte baisse, après avoir connu toutefois, le mois dernier, une forte hausse similaire, après l’annonce de la revalorisation de la rémunération des enseignants. L’effet aura donc été de courte durée. La baisse de ce mois-ci est particulièrement prononcée chez les proches du PS (66%, -6). Observons la remontée (conjoncturelle liée à l’Euro ?) de Patrick Kanner (18%, +3 points) et celle instructive de Bernard Cazeneuve. Avec 42% (+2 points), le Ministre de l’Intérieur ne semble pas pâtir des violences ayant émaillé le début de l’Euro, pas plus que des tensions liées aux dernières mobilisations sociales. Il s’agit, d’ailleurs du Ministre en lequel les proches du PS ont le plus confiance (81%, +8 points). Comme après Sivens et la mort de Rémi Fraisse, le Ministre n’est pas affecté, en matière d’opinion, par les violences accompagnant les mobilisations sociales. La critique en absence de concertation et en autoritarisme touchant l’exécutif d’une manière générale ne semble pas l’atteindre en particulier.

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Observons enfin, en dehors du Gouvernement, la remontée de l’ancien Ministre Arnaud Montebourg chez les proches du Front de Gauche (+18 points). Dans un contexte de primaire à Gauche fin janvier et de retour en politique de l’ancien Ministre, ce fait et à considérer. Sans que cela soit, forcément, une bonne nouvelle pour l’exécutif.

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  1. Délits d’Opinion : Les cotes de confiance des différents candidats à la primaire de Droite se resserrent-elles ?

Jean-Daniel Lévy : Rappelons, utilement, qu’il s’agit de confiance et non d’intentions de vote. Reste que l’on observe une remontée d’Alain Juppé chez les Français (42%, +2 points) mais une baisse d’un point chez les proches LR et de quatre dans l’ensemble de la Droite et du Centre. Les scores sont confortables mais marquent une inflexion. Tandis que Nicolas Sarkozy de son côté peut se réjouir de voir la confiance des proches de la Droite et du Centre progresser à son égard de 8 points et ceux LR de 3 points (respectivement à 43% et 65% de confiance). François Fillon gagne 6 points au cœur de son électorat LR (67%), Bruno Lemaire en perd 6 (53%). On le voit, tout se passe comme si, aujourd’hui, les électeurs ne parvenaient pas à exprimer de confiance exclusive à un acteur et pas aux autres.

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