2012 vu d’ailleurs, Épisode 4 : Royaume-Uni, « God Save Sarkozy (ou pas…) »

2012 vu d’ailleurs, Épisode 4 : Royaume-Uni, « God Save Sarkozy (ou pas…) »

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Marc-André Allard

Directeur général de Dragon Rouge – Études & planning stratégique Chargé de cours au CELSA

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Interdépendance croissante des économies, révolutions arabes, crise de la zone Euro, thématique de la « démondialisation »… chacun sent bien que les enjeux internationaux s’invitent au cœur des élections présidentielles 2012. Pourtant, peu de place leur est accordée dans les médias, ceux-ci privilégiant souvent un prisme d’analyse « franco-français ».

La série 2012 vu d’ailleurs propose un éclairage nouveau de la Présidentielle. Chaque épisode passera en revue les relations entre la France et l’un des principaux pays du globe : état des relations diplomatiques, intérêt des opinions publiques pour les élections et perception des candidats français, etc.

On croyait avoir tout lu sur la relation amour-haine qui unit la France et le Royaume-Uni depuis, disons, plusieurs siècles… et pourtant, une étude réalisée en décembre 2011 par TNS Sofres (1) vient raviver les antagonismes : la « cote d’amour » de la France (pourcentage de personnes déclarant l’aimer « assez » ou « beaucoup ») n’est que de 54% au Royaume-Uni… soit, et de loin, le score le plus faible parmi les onze pays (France exceptée) étudiés dans l’enquête !

Mais qu’en pensent

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au juste les Français ? D’où vient ce sentiment de désamour ? Et quel impact a-t-il sur les relations bilatérales France/Royaume-Uni, ainsi que sur les prochaines échéances électorales ?

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LES FRANÇAIS NE LEUR DISENT PAS « I LOVE YOU »

Force est de constater que, si les Britanniques ont une opinion mitigée des Français, ceux-ci le leur rendent bien… Toujours selon la même enquête TNS Sofres (1), nos compatriotes ne sont que 50% à déclarer « aimer » le Royaume-Uni. Ils ne sont pas non plus dupes de l’état des relations franco-britanniques : 49% les jugent « mauvaises », contre 36% seulement qui les jugent « bonnes ».

Pourtant, l’année 2011 semblait plutôt propice à un rapprochement des deux pays. La France et le Royaume-Uni avaient alors pris la tête d’une coalition pour une intervention en Lybie au printemps et à l’été dernier, profitant de la prudence (voire de l’effacement) des Etats-Unis sur ce sujet.

Les opinions publiques des deux côtés de la Manche, bien que partagées, semblaient à peu près en ligne : 54% de soutien à l’intervention pour le Royaume-Uni, et 49% pour la France, selon un sondage IFOP réalisé en juin 2011 (2). Nicolas Sarkozy et David Cameron s’affichaient alors ostensiblement côte à côte, espérant probablement que ce volontarisme en matière de politique internationale se traduirait aussi par des gains de popularité auprès des opinions nationales.

Peine perdue, en revanche, en ce qui concerne l’estime que les Britanniques portent aux Français… Selon l’enquête TNS Sofres citée pus haut (1), seuls 27% des Britanniques estimaient en décembre dernier que les prises de position de la France avaient eu des conséquences positives sur la situation en Lybie…

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COMMENT EN EST-ON ARRIVES LA ?

Il semble que la cote d’amour désastreuse enregistrée par la France en décembre 2011 auprès des Britanniques s’explique notamment par des divergences de vue au sujet de la crise économique, et notamment une crispation autour des solutions à apporter pour sortir l’Europe de cette crise.

Les tensions entre Nicolas Sarkozy et David Cameron sont clairement apparues en décembre dernier, le Royaume-Uni refusant le principe d’un nouveau traité pour renforcer la discipline budgétaire, et Nicolas Sarkozy affublant en retour David Cameron du sobriquet de « gamin buté ». Quelques jours plus tard, Nicolas Sarkozy semblait « snober » la poignée de main de David Cameron à Bruxelles. Cette image, passée relativement inaperçue en France, faisait en revanche le tour des médias britanniques. Le Daily Telegraph titrait alors : « La France a déclaré la guerre des mots à la Grande-Bretagne »… tout cela, quelques jours à peine avant la conduite de l’enquête TNS Sofres citée plus haut (1) !

Ainsi, après avoir tenté d’engranger des soutiens à domicile en jouant la convergence de points de vue au sujet de la Lybie, les dirigeants français et britannique semblaient affectés d’un étrange strabisme : un œil fixé de ce côté-ci de la Manche, pour séduire et mobiliser l’opinion publique domestique, et un autre œil fixé par-delà la Manche, pour critiquer, stigmatiser et fédérer « contre » cet encombrant voisin.

Dès le mois d’octobre, le Guardian, quant à lui, dressait sur sa page Web (3) consacrée aux deux principaux candidats à l’élection présidentielle un portrait assez caustique des deux prétendants, et tout particulièrement de Nicolas Sarkozy (il est vrai que le Guardian, quotidien papier considéré comme faisant partie de la presse de qualité, est plutôt classé à gauche, comme une sorte d’équivalent britannique de Libération).

Voici quelques morceaux choisis de ce portrait de Nicolas Sarkozy par le Guardian (3) :

  • Etudes : étudiant médiocre (…). Admis à l’Institut d’études politiques (Sciences-Po) mais échoue à décrocher le diplôme.
  • Taille : cinq pieds et cinq pouces. Un pouce de moins que Napoléon – et profondément conscient de ce fait. Porte des talonnettes. Est connu pour se tenir sur des marchepieds pour faire ses discours, et pour exiger de n’être entouré que de personnes de petite taille, comme lui, sur les photos.
  • Marque de fabrique : montre Rolex et lunettes de soleil Aviator.

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LE ROYAUME-UNI ENTRE « CABALE ANTI-HOLLANDE » ET OSTRACISME ANTI-SARKO

Pourtant, ces dernières semaines, une esquisse de rapprochement semblait pourtant se faire entre David Cameron et Nicolas Sarkozy, du fait d’un « axe conservateur » réunissant les principaux dirigeants européens, dont François Hollande serait la victime. Ni Angela Merkel, ni David Cameron n’auraient ainsi accepté de recevoir le candidat du Parti Socialiste lors de ses déplacements à l’étranger, une étape pourtant bien utile pour asseoir sa crédibilité internationale dans la course à la présidentielle.

Malgré cela, et comme souvent vu de l’étranger ces jours-ci, le diagnostic est (quasiment) sans appel à l’égard de Nicolas Sarkozy. Le briefing de deux pages mis à disposition des députés sur le très officiel site documentaire du Parlement britannique (4) se fait l’écho des derniers sondages menés auprès des électeurs français, et table sur une victoire de François Hollande au second tour, fort d’un soutien constant autour de 57% (et ce, « même si de nombreux électeurs disent pouvoir encore changer d’avis »). Quant aux autres concurrents, ils ne sont guère évoqués qu’en passant.

Peu importe finalement que « la presse financière anglo-saxonne vote Sarkozy », comme le rapporte le Figaro dans un article paru le 23 février dernier (5) : il semblerait bien que seul Dieu puisse à présent sauver Nicolas Sarkozy, et lui octroyer la grâce d’un second mandat présidentiel…

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(1) L’image de la France dans le monde, étude TNS Sofres pour France 24/MCD/RFI (décembre 2011) dans douze pays : Allemagne, Brésil, Egypte, Espagne, Etats-Unis, France, Inde, Japon, Pologne, Royaume-Uni, Mali, Maroc

(2) L’approbation de l’intervention militaire en Libye – Regards croisés entre le Royaume-Uni et la France, étude IFOP pour L’Humanité (juin 2011)

(3) French presidential election: Nicolas Sarkozy v François Hollande, article du Guardian.co.uk daté du 16 octobre 2011

(4) In brief: French presidential elections 2012, note de la House of Commons Library, datée du 28 février 2012

(5) La presse financière anglo-saxonne vote Sarkozy, Le Figaro (23 mars 2012)

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