Pourquoi Nicolas Hulot sera candidat, même à défaut

Pourquoi Nicolas Hulot sera candidat, même à défaut

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Raphaël Leclerc

Co-fondateur Délits d'Opinion

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Biographie

Ancien élève de la Sorbonne, du Kings Collège à Londres et diplômé de la London School of Economics, Raphaël Leclerc a travaillé en institut d’études sur des thématiques d’opinion puis en cabinet de conseil en communication. Il est aujourd’hui Directeur Conseil au sein d’ELABE, un acteur hybride qui associe études, planning stratégique et conseil.

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Les scrutins électoraux français diffèrent tellement les uns des autres que la comparaison du potentiel électoral d’un parti ou d’un candidat ne peut se faire que sur la base d’une même élection. En 2007, Les Verts et leur candidate, Dominique Voynet n’ont rassemblé que 1,57% des suffrages soit le total le plus faible de l’histoire du parti après la première tentative de 1974.

A la manière d’un Bernard Kouchner en son temps, Nicolas Hulot a toujours souhaité demeurer en dehors du combat politique, préférant jouer le rôle d’alerteur. En 2007 un premier pas avait pourtant été franchi avec l’hypothèse d’une candidature rapidement enterrée après la signature par les trois grands candidats du Pacte Ecologique proposé par sa Fondation.

En 2012, l’habit de spectateur et d’observateur semble de moins en moins lui convenir, conscient de l’attente qu’il suscite et semble-t-il, prêt à débattre pour faire bouger les lignes, changer les mentalités et modifier la manière dont on pense la politique.  

 

Une candidature dictée par l’opinion publique ?

Devant l’attente des Français et à mesure que le débat interne au sein de la famille des Verts avançait (désormais Europe Ecologie Les Verts), l’Ifop décida de réintégrer le présentateur emblématique d’Ushuaïa (scores entre 83% et 89% d’opinions positives à l’hiver 2006-2007) à son tableau de bord des personnalités politiques réalisé en partenariat avec Paris Match. Avec 82% d’opinions positives en décembre 2010 et 78% en janvier 2011 il devance ses poursuivants Dominique Strauss Kahn (76%) et Jacques Chirac (74%). Dans le détail on note que les moins de 35 ans sont encore plus nombreux à en avoir une bonne opinion : 83%.  A l’inverse, Eva Joly ne recueille que 48% d’opinions positives alors que 24% des Français affirment ne pas la connaitre suffisamment pour émettre un jugement.

Il y a une semaine, l’Ifop a interrogé les Français sur le candidat Verts qu’ils souhaitaient voir se présenter en 2012. Là encore, Nicolas Hulot obtient un score largement supérieur à celui de la magistrate franco-norvégienne : respectivement 61% et 30%. L’écart est équivalent si l’on analyse les réponses des sympathisants Verts (64% contre 34%). Alors qu’en juin 2010 Cécile Duflot et Eva Joly se disputaient la place de possible candidate (33% pour chacune), le score est aujourd’hui sans appel. Dans cette enquête on note une nouvelle fois le soutien important des jeunes actifs pour Nicolas Hulot, un électorat historiquement favorable aux partis Verts : 64% chez les 25-34 ans et 67% chez les 35-49 ans.

 

Hulot, un candidat dans la tradition des Verts

Nicolas Hulot, on l’a vu, séduit les sympathisants Verts et en particulier les jeunes actifs qui constituent le pilier historique du parti. A la question de savoir lequel des deux candidats probables des Verts incarnent le mieux les valeurs de l’écologie, les Français répondent à  81% en faveur de Nicolas Hulot contre seulement 16% à Eva Joly. Dans le détail, les moins de 35 ans (87%) et les sympathisants d’EELV (84%) comptent parmi les principaux soutiens. Le constat est le même quant à « l’honnêteté » du candidat Hulot (63%, soit 31 points de plus qu’Eva Joly) et à sa « capacité à comprendre les problèmes des gens » (57%, 20 points de plus qu’Eva Joly).

Dans cette étude de l’Ifop, Nicolas Hulot est mis en ballotage à deux reprises sur des thèmes qui traditionnellement ont pu fragiliser les leaders Verts. Tout d’abord, seuls 47% des Français pensent qu’il a la carrure d’un président (les sympathisants de droite étant plus positifs sur ce point). Deuxièmement, les Français doutent des capacités de Nicolas Hulot à maîtriser les sujets économiques et sociaux ;  là encore, une faiblesse connue des candidats Verts même si des récentes enquêtes conduites en 2010 ont démontré la meilleure crédibilité des Verts sur certains sujets comme la politique de la ville ou les transports.

Pour que 2012 soit fertile pour les Verts, 2011 devra être utile aux écologistes et à celui qui portera le drapeau de cette cause. Parce qu’il est attendu par les écologistes qui voit en lui celui qui pourra faire émerger définitivement l’écologie politique, Nicolas Hulot devra se présenter aux primaires d’EELV. S’il évoque encore des hésitations, sa candidature semble lui appartenir de moins en moins et déjà il doit entamer la réflexion d’ensemble qui doit lui permettre d’apparaitre comme un candidat porteur d’un projet environnemental mais aussi et surtout d’une politique économique et social viable.

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