Noël restera Noël… malgré tout

Noël restera Noël… malgré tout

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Raphaël Leclerc

Co-fondateur Délits d'Opinion

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Biographie

Ancien élève de la Sorbonne, du Kings Collège à Londres et diplômé de la London School of Economics, Raphaël Leclerc a travaillé en institut d’études sur des thématiques d’opinion puis en cabinet de conseil en communication. Il est aujourd’hui Directeur Conseil au sein d’ELABE, un acteur hybride qui associe études, planning stratégique et conseil.

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Il est encore trop tôt pour savoir comment l’année écoulée sera traitée dans les manuels d’histoire dans 10 ou 15 ans mais il est certain qu’elle comptera et marquera une fin de cycle. Qui aurait dit il y a un an que la France serait à la fois en état d’urgence, toujours engluée dans la crise économique, endeuillée par deux attentats et pourtant symbole d’un monde qui veut penser un avenir plus durable après l’accord de Cop 21?

En 2015, plus que jamais, l’espace temps aura semblé se rétrécir et se densifier. Pas une semaine n’aura échappée à la règle. En cette veille de réveillon, et alors que le pays s’apprête à célébrer la fin d’année, les fêtes sont perçues comme un pilier auquel tous se raccrochent. Un moment hors du temps, avec ses proches et qui permet de prendre un peu de recul… Avant la rentrée !

La tradition de Noël, un pilier social qui tient bon

Alors que l’idée du vivre ensemble s’impose comme un thème durable du débat public, personne ne doit oublier que la France a vu la proportion de personnes vivants seules passer de 7% en 1975 à près de 16% en 2015. C’est dans ce contexte que les fêtes de fin d’année sont avant tout perçues comme un moment de convivialité. Dans un sondage réalisé il y a un an, l’Institut CSA indiquait que « la famille » était la première chose à laquelle 81% des Français associaient Noël.

Selon BVA, la tradition du sapin est celle qui conserve le plus d’adeptes (67%). Un symbole sans doute plus laïc que la crèche (42%) ou la messe du 24 décembre (20%). Au niveau des plats qui seront à l’honneur pour le traditionnel dîner du réveillon, un élément ne manquera pas de surprendre : la fin de cycle qui semble toucher la dinde. En effet, ce plat emblématique n’est que 8e parmi ceux qui seront servis (16,6%). Une baisse de popularité encore difficile à expliquer pour les plus grands chefs même si certains évoquent le « risque de préparation » sur un plat qui se cuisine davantage que le foie gras (66%), les coquilles Saint-Jacques (48,4%) ou le saumon (37,4%) ; le trio gagnant pour 2015.

Un Noël qui sera célébré avec autant de cadeaux 

Depuis plusieurs années Noël est l’occasion de mesurer des nouvelles habitudes de consommation des Français. Déjà en 2014 Délits d’Opinion évoquait la croissance de l’e-commerce et de la culture de la revente. Cette année les attentats ont accentué cette tendance avec moins de monde dans les magasins malgré une bonne tenue des ventes selon la FEVAD. En 2015 on devrait voir près de 40% des achats de la période effectués par Internet.

Côté budget les Français semblent la encore tenir à faire perdurer la tradition, notamment pour « continuer à vivre » comme cela a souvent été évoqué après les attentats. En dépit de la crise et de la baisse du pouvoir d’achat, 59% des Français comptent dépenser « autant que l’an dernier » (26% prévoient de dépenser moins, 13% envisagent d’être plus dépensiers). Dans le détail, le budget moyen consenti par les Français pour l’achat des cadeaux de Noël atteint 415 euros par individu. Une somme qui représente environ 20% du revenu moyen pour un ménage selon l’INSEE.

En 2015, les traditions semblent tenaces dans un environnement pourtant plus incertain. Il semble même que la population s’habitue à ces situations d’exceptions qui perdurent et s’installent. De la même façon que les Français ont « appris » à vivre dans un pays en crise économique doté d’un chômage de masse; ils semblent en mesure de continuer à vivre dans un contexte de menace terroriste. Et la magie de Noël ne semble pas y être pour grand chose. S’en est presque rassurant !

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