Nicolas Sarkozy est-il fini ?

Nicolas Sarkozy est-il fini ?

Photo du profil de Cécile Lacroix-Lanoë

Cécile Lacroix-Lanoë

Analyste Délits d’opinion

Réseaux sociaux

twitterlinkedin

Biographie

Diplômée de l'IEP de Grenoble et titulaire du master Progis (études d'opinion et de marché), Cécile Lacroix-Lanoë a travaillé au département opinion de l’Ifop, avant de rejoindre le service de la communication des ministères économiques et financiers en tant que cheffe de projet études. Elle est aujourd'hui directrice d'études à Kantar Public (ex TNS Sofres).

Tous les articles de cet expert

Les derniers sondages pour la primaire de la droite et du centre montrent un recul net des intentions de vote en faveur de Nicolas Sarkozy. Malgré le succès de son ouvrage en librairie et de ses séances de dédicace, l’ancien président de la République apparaît en difficulté pour remporter l’investiture de son parti pour l’élection présidentielle de 2017. Outre un calendrier judiciaire qui pourrait venir heurter de plein fouet son calendrier électoral, l’ancien président reste confronté à un important désamour des citoyens et sa cote de popularité demeure en berne.

 

Un ancien président de la République très impopulaire

Alors qu’Alain Juppé, son principal concurrent à la primaire, occupe sans discontinuer la première place des baromètres de popularité depuis deux ans, Nicolas Sarkozy figure lui parmi les personnalités politiques les moins appréciées des Français. Seules des personnalités de l’extrême-droite – Marine Le Pen et Marion Maréchal-Le Pen – et François Hollande le détrônent dans ce classement des politiques les plus impopulaires.

 

L’ancien président a certes toujours été « clivant », suscitant un net rejet avec ses prises de positions et ses postures dans une large partie de la gauche, mais son impopularité s’est nettement creusée durant son quinquennat. Avant que François Hollande ne collectionne les records d’impopularité, Nicolas Sarkozy les avait lui-même battu. Et bien que l’ancien maire de Neuilly ait obtenu un score très honorable au second tour de l’élection présidentielle (48,4%) en parvenant à mobiliser l’électorat de droite, la déception qu’il a suscité lors de sa présidence est loin d’être effacée. Si, dans un premier temps, sa popularité a augmenté juste après sa défaite, durant sa période de retrait de la vie politique, elle a recommencé à chuter à partir du début de l’année 2014. Son retour dans l’arène politicienne et son élection à la présidence du parti Les Républicains n’ont pas enrayé cette chute. Et Nicolas Sarkozy atteint aujourd’hui des records d’impopularité depuis son départ de l’Elysée.

 

La capacité de Nicolas Sarkozy à représenter son parti à l’élection présidentielle est donc largement questionnée, d’autant plus que dans le même temps, son principal rival, Alain Juppé, a gagné des soutiens dans l’opinion (sa cote d’avenir, qui a varié de 31 % à 37 % durant l’année 2013 s’est toujours établie au-dessus de ce score depuis les élections municipales d’avril 2014).

 

Un candidat non-déclaré qui peine dans la compétition de la primaire de la droite

Alors que 80 % des Français ne souhaitent pas que Nicolas Sarkozy soit de nouveau candidat à la présidence de la République en 2017, son intention de se ranger sur la ligne de départ pour la primaire de la droite et du centre ne fait guère de doute. Les enquêtes d’intentions de vote ne sont pourtant pas favorables à ce candidat qui ne s’est pas encore officiellement déclaré. Il est assez nettement devancé par Alain Juppé et perd du terrain au fur et à mesure que l’échéance se rapproche. Alors qu’il recueillait 34 % des intentions de vote en novembre dernier, il n’en obtient aujourd’hui plus que 26 %, et l’écart avec son ancien ministre des Affaires étrangères ne cesse de se creuser. Ce dernier devance désormais Nicolas Sarkozy de 10 points dans les intentions de vote, alors que les deux hommes faisaient jeu égal en fin d’année 2015.

 

 

A dix points du premier, Nicolas Sarkozy est également à dix points du « troisième homme », dont l’identité varie au gré des enquêtes. Alors que Bruno Le Maire semblait pouvoir prétendre à ce titre, boosté par sa déclaration de candidature fin février, le dernier sondage de l’Ifop montre une progression de François Fillon, qui devance désormais le député de l’Eure. L’écart entre eux et l’ancien président de la République reste aujourd’hui conséquent, mais se réduit substantiellement au fil des enquêtes.

 

Un président de parti qui convainc de moins en moins les siens

La chute de Nicolas Sarkozy est d’autant plus sérieuse qu’elle intervient d’abord auprès du cœur de l’électorat de droite, qu’on lui croyait fermement attaché. Si durant longtemps l’ancien président de la République a gardé la confiance des sympathisants de LR, en devançant assez nettement Alain Juppé auprès de cette catégorie, ce n’est plus le cas aujourd’hui. Par conséquent, la bataille de la primaire s’annonce compliquée pour Nicolas Sarkozy, même dans l’hypothèse où seul le noyau des sympathisants des Républicains se déplacerait aux urnes, hypothèse qui semblait auparavant pouvoir lui assurer la victoire face à Alain Juppé, auquel aurait manqué l’apport des centristes boudant les isoloirs. Désormais, l’ancien Premier ministre est favori y compris dans l’optique d’une primaire parvenant peu à mobiliser au-delà de l’électorat traditionnel des Républicains.

En effet, depuis la fin de l’année 2014, Alain Juppé et Nicolas Sarkozy font pratiquement jeu égal auprès des sympathisants LR. Dans les cotes d’avenir du baromètre politique TNS Sofres / Le Figaro Magazine, Nicolas Sarkozy a perdu près de 20 points depuis juin 2012. Dans le même temps, la cote d’avenir d’Alain Juppé a été globalement stable et elle tutoie donc désormais celle de l’ancien président.

 

 

Auprès des sympathisants de son parti, Nicolas Sarkozy voit son image se dégrader fortement sur pratiquement toutes les dimensions : son honnêteté (54 % des sympathisants LR le jugent honnête, soit -15 points entre février et septembre), sa capacité à tenir ses engagements (61 %, -23 points), sa compréhension des problèmes des Français (62 %, -20 points), sa volonté de changer les choses (73 %, -16 points) et même, dans une moindre mesure, sa « présidentialité » (80 % estiment qu’il a l’étoffe d’un président de la République, -7 points).

Et cette dégradation de son image n’est pas sans conséquence sur les intentions de vote à la primaire des sympathisants LR. Auprès de cette cible, Nicolas Sarkozy devançait jusqu’alors Alain Juppé, mais depuis un mois, les deux hommes se trouvent à égalité, un résultat à imputer entièrement au recul de Nicolas Sarkozy, Alain Juppé ne progressant pas parmi les sympathisants de son parti.

 

 

Handicapé par son bilan et nourrissant de plus en plus de doutes sur sa capacité à rassembler son camp, Nicolas Sarkozy apparaît donc en réelle difficulté pour gagner l’investiture de son parti pour la prochaine élection présidentielle. Des difficultés qui ne sont pas sans rappeler celles de François Hollande dans le camp adverse. Plus 2017 se rapproche, plus il est clair que les Français ne veulent pas d’un match retour entre les deux finalistes de l’élection de 2012.

Partager ce contenu :

1 Comment

  1. MARIE Christian
    MARIE Christian07-01-2016

    Bonsoir.
    La possibilité étant offerte, voilà mon opinion au sujet de l’élection présidentielle de 2017 : Compte tenu de l’état actuel du pays, de la crise économique planétaire, nous n’avons pas de temps à perdre. Il faut à la tête de l’Etat quelqu’un qui a déjà eu les commandes, quel qu’il soit, afin de se mettre au travail tout de suite et éviter que certains qui ne nous souhaitent pas que du bien, profitent de cette période de balbutiement. Alors au diable tous ces jeunes qui promettent tant, ils ont trop à apprendre, ils ne seront jamais efficaces à temps et partout. Au diable ces anciens qui placent en avant leur ego, voulant à tous prix la présidence, ils peuvent être utiles en tant que de sages conseillers.
    Il faut un travailleur, un fonceur, un chef n’ayant pas froid aux yeux, capable de tenir tête et de traiter avec tous les pays . Fina finarum, le choix est vite fait ! Aux oubliettes les côtes d’impopularité, la fin justifie les moyens! On n’a pas de travail, on a honte, on a mal, on a froid, on a faim, on doit partager notre maigre pitence avec des « compatriotes « , il faut combattre à l’étranger alors que des intéressés sont des planqués chez nous. Un vrai noeud gordien qui doit être tranché à la manière d’Alexandre le Grand. Merci .

Laisser un commentaire