Musulmans de France : le portrait robot

Musulmans de France : le portrait robot

Photo du profil de Matthieu Chaigne

Matthieu Chaigne

Co-fondateur Délits d’Opinion

Réseaux sociaux

twitterlinkedin

Biographie

Diplômé de Dauphine, de l’EDHEC et d’un master de Lettres à la Sorbonne, Matthieu Chaigne commence sa carrière au département Stratégies d’opinion d’un institut d’opinion. En 2007, il intègre le groupe de communication Ogilvy & Mather en tant que planneur stratégique. Il est depuis 2012 Directeur Conseil du cabinet de communication stratégique Taddeo.

Tous les articles de cet expert

C’est un sondage de l’IFOP pour l’institut Montaigne qui a relancé la polémique dans une France hystérisée par 2 mois de polémiques sur le burkini.

Que dit ce sondage ?

Que les musulmans partagent globalement un certain nombre de rites et habitudes communs : parmi ces derniers, on relève notamment la consommation Hallal. Une écrasante majorité consomme exclusivement Hallal. Et sensiblement la même proportion estime que les enfants devraient pouvoir manger de la nourriture Hallal au sein des écoles et des lycées. Le Hallal est devenu un marqueur de la pratique religieuse musulmane. Tout comme le voile. Une majorité de musulmans sont favorables au port du voile, même si deux tiers des femmes ne le portent pas. Ce second point constitue une zone de crispation potentielle : Car les Français, selon les différentes enquêtes de l’IFOP témoignent d’un rejet qui ne se dément pas face au voile : Opposition de 78% au port du voile ou du foulard dans les universités, opposition de 88% dans les écoles publiques ; opposition moins forte mais néanmoins majoritaire de 63% dans la rue. Et enfin, opposition de 64% au port du Burkini sur les plages

C’est tout le paradoxe : l’étude Montaigne dresse le portrait robot d’une communauté musulmane majoritairement sécularisée, attachée à la laïcité. Mais dont la  façon d’exprimer sa foi heurte de façon croissante les Français.

Cette étude va aussi donner du grain à moudre auprès de tous ceux qui craignent le péril islamique : Le sondage révèle en effet qu’il existe une minorité radicale. Cette minorité juge la charia plus importante que les lois de la république. Elle prône un islam radical, rigoriste, qui passe notamment par le port de la burka. Elle refuse l’égalité homme-femme et revendique une séparation stricte entre les sexes.

Le nombre, près de 30%, est conséquent. Mais ce qui frappe encore davantage, c’est la part de musulmans radicaux parmi les plus jeunes. Près de 50%. Pourquoi une telle adhésion à cette vision rigoriste d’un Islam qui n’est pas celui de leurs parents ?

Pour cette minorité sans reconnaissance et sans repère, souffrant particulièrement du chômage,  la religion est devenue une identité. Offrant un modèle alternatif,  l’islam rigoriste est à la fois une nouveau cadre de vie régissant le quotidien, l’opportunité d’intégrer un  groupe social,  l’étendard enfin d’une contre-France.

L’enjeu ; savoir si ce phénomène est un effet d’âge ou de génération. S’il est un effet d’âge, il est à espérer que les pulsions radicales d’une partie des jeunes musulmans se tarira avec le temps. S’il est un effet générationnel,  notre pays est face à un vrai défi existentiel.

Partager ce contenu :

Laisser un commentaire