Malgré Marine Le Pen, les femmes ne veulent pas du FN

Malgré Marine Le Pen, les femmes ne veulent pas du FN

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Raphaël Leclerc

Co-fondateur Délits d'Opinion

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Biographie

Ancien élève de la Sorbonne, du Kings Collège à Londres et diplômé de la London School of Economics, Raphaël Leclerc a travaillé en institut d’études sur des thématiques d’opinion puis en cabinet de conseil en communication. Il est aujourd’hui Directeur Conseil au sein d’ELABE, un acteur hybride qui associe études, planning stratégique et conseil.

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Dans 2 jours, jeudi 8 mars ce sera la journée de la femme. Une occasion de se pencher sur cette frange de la population à quelques 45 ans jours du 1er tour.

Depuis 1945 les femmes votent. Celles qui votèrent pour la première fois à la fin des années 1940 n’ont cependant plus grand chose à voir avec leurs petites et arrière petites-filles qui s’apprêtent à mettre un premier bulletin dans l’urne dimanche 22 avril.

Hier électorat plus abstentionniste, très catholique et donc situé plutôt sur la droite de l’échiquier politique, il est devenu un électorat moderne. Le tournant s’est opéré à la fin des années 1980 quand l’électorat féminin, demeuré moins actif que l’électorat masculin a basculé pour une partie à gauche et chez les verts. Soucieuses du maintien de leurs acquis sociaux et sans doute plus proches que les hommes du besoin de penser un développement plus respectueux de l’environnement, les femmes se sont émancipées politiquement.

En 2012, les électrices composeront 53% du corps électoral dont 11 millions de femmes de plus de 65 ans. Véritablement une prise de poids pour qui trouveraient les mots justes.

A l’occasion de cette campagne, Marine Le Pen a, la première et en réalité la seule, désigné cet électorat comme l’un de ceux qu’elle souhaitait séduire. Consciente des faiblesses historiques de son camp en la matière, c’est sur le terrain des propositions que son parti s’est positionné : la création d’un smic garanti à 80% pendant 7 ans pour une mère de 3 enfants, l’adoption prénatale, le déremboursement de l’IVG, l’égalité salariale, l’augmentation du nombre de crèches, le renforcement des peines pour les auteurs de violences conjugales, etc.

A ce jour, et selon une récente enquête CSA réalisé pour Terra Femina, Marine Le Pen est située en 5e position des candidats jugés les plus à l’écoute en matière de droits des femmes (8% dont 10% chez les électrices).  Plus globalement, le dernier sondage Ifop indique que les femmes sont seulement 14% à déclarer vouloir voter pour Marine Le Pen au 1er tour, contre 17% au total.

De par sa structure et son évolution politique, l’électorat féminin ne peut être traité comme un ensemble homogène; il ne peut en effet être séduit par des mesures electoralistes. Si depuis sa prise de pouvoir au mois de janvier 2011, Marine Le Pen semble avoir réussi à dédiaboliser son parti, le fait d’être une femme et de s’engager dans la conquête de cet électorat ne lui a pas permis de récupérer ces suffrages. A ce jour, les femmes représente donc un électorat profondément disparate, moderne et incertain; sauf sur un point, celui de se refuser à voter pour l’extrême droite. Encore et toujours. C’est ici un des échecs de Marine Le Pen, une faiblesse qui semble l’empêcher de rééditer l’exploit de son père en 2002.

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