Macron Président : même après l’élection, l’opinion reste encore à conquérir

Macron Président : même après l’élection, l’opinion reste encore à conquérir

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Frédéric Pennel

Analyste Délits d’Opinion

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Biographie

Journaliste de formation, Frédéric Pennel est spécialiste en sciences politiques et en questions internationales. Après une expérience en institut de sondage, il a piloté les études d’opinion au sein du ministère de la défense. Il est actuellement consultant éditorial en agence de communication.

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« Pourquoi Emmanuel Macron a remporté le débat » affirmait Le Figaro pendant l’entre-deux-tours. « Une soirée de victoire pour l’histoire », s’enthousiasmait France Info le 7 mai au soir. « On est véritablement dans le roman, et même, osons le mot, dans l’épopée » s’enflammait-on dans les studios de France 2, en commentant l’intronisation. Tantôt un poil charmés, tantôt carrément conquis, les commentateurs semblent, depuis plusieurs semaines, épatés par le hussard Macron. La raideur de l’opinion, en contraste, est d’autant plus saisissante. Le premier sondage (réalisé par Elabe) mesurant la popularité du Président laisse apparaître des Français très partagés : 45% d’entre eux lui accordent leur confiance contre 46% qui la lui refusent. Ce taux d’opinions positives doit être mis en perspective avec les résultats recueillis par Jacques Chirac en 1995 (61%), Nicolas Sarkozy en 2007 (59%) ou François Hollande en 2012 (58%). Une comparaison qui n’est guère très flatteuse pour le nouveau Président. Pire : un quart de ses électeurs du second tour lui dénient aujourd’hui leur confiance. Cette grille de lecture confirme que sa très large victoire n’a pas valeur de carte blanche.

« La France d’en bas » reste à convaincre

Dans le détail, les lignes de clivages déjà esquissées lors de la campagne se dessinent. Emmanuel Macron récolte ses meilleurs taux de confiance auprès des retraités (59%) et des cadres (56%), des habitants de l’agglomération parisienne (52%) et du Nord-Ouest (50%). En revanche, il lui reste encore à faire ses preuves auprès des 18-24 ans (33%), des ouvriers (37%), des employés (30%) et des habitants du Nord-Est (36%). L’argument selon lequel il serait le président de « la France qui va bien » n’est donc pas prêt de s’épuiser.

Tout n’est pas noir pour autant. La nouvelle réjouissante à ses oreilles est qu’il séduit bien au-delà des sympathisants de la République en Marche, réunissant 71% des Socialistes et même 45% des Républicains. Dès lors, on comprend que les déchirures des cadres de LR ne sont que la retranscription, au sommet, de l’attraction qu’exerce Macron sur la base électorale de droite.

Si Emmanuel Macron est moins populaire que ses prédécesseurs lors de leur entrée en fonction, c’est aussi parce qu’il paye leurs pots cassés. Il succède à des personnalités qui avaient suscité, à l’origine, un vrai enthousiasme avant de voir leur capital sympathie fondre progressivement. Le défi d’alors consistait à ce que la popularité ne s’érode pas trop vite, pour ne pas en être réduit à la portion congrue, empêchant toute réélection. Macron est confronté au défi inverse : faire fructifier son capital de départ, plus faible. D’où la posture, beaucoup plus conquérante, d’y déployer tous ses talents.

 

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