Ma petite entreprise… ne veut plus connaître la crise !

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Pauline

Biographie

Diplômée de l’Ecole des Psychologues Praticiens et spécialisée en Ressources Humaines et Etudes et Recherches Marketing, Pauline travaille actuellement au sein du département Opinion d’un institut de sondage sur les thématiques Corporate et Management.

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Un peu plus de deux ans après le début de la crise économique, rares sont les entreprises à avoir pu en esquiver les effets négatifs. En février 2010, les PME étaient 90% à déclarer avoir été touchées par la crise selon un sondage de l’Ifop. Malgré cela, au plus fort des secousses économiques, les chefs d’entreprise de PME françaises ont su rester optimistes. A l’occasion d’une étude européenne réalisée en novembre 2009 pour KPMG, l’institut OpinionWay observait  que ces dirigeants projetaient  une sortie de crise plus rapide que leurs voisins (59% estiment que l’on peut espérer une fin de crise d’ici à fin 2010 contre 44% pour l’ensemble). Dans le même esprit ils étaient 59% à estimer  avoir réalisé de bonnes performances sur l’année 2009.

Dans ces conditions, et alors que les pays occidentaux semblent avoir du mal à émerger de la crise, comment les entreprises abordent-elles cette année ?

 

Des entreprises optimistes et dont les conditions s’améliorent sensiblement

La morosité n’est pas de mise chez les chefs d’entreprises des petites et moyennes entreprises françaises. En avril 2010 les chefs d’entreprises de moins de 500 salariés étaient 65% à déclarer que leur activité se maintenait voire croissait, d’après un sondage  pour Planète PME, CGPME et la Banque populaire par BVA. On observait alors une baisse importante et une marginalisation (6% contre 15%) des entreprises craignant pour leur survie.

En novembre 2010, après quelques mois creux et plus difficiles, le moral des entreprises est de nouveau orienté à la hausse, et la santé des PME PMI augmente significativement comme le démontre une étude Ipsos :  +10 points en 1 an

Pour autant la situation n’est pas toute rose. 59% des chefs d’entreprise estiment que leur entreprise restera complexe à piloter en 2011 du fait du manque de visibilité.Pour  38% d’entre eux, le chiffre d’affaire demeure en baisse, selon une enquête réalisée pour KPMG et la CGPME par l’Ifop en décembre 2010. Cependant on note tout de même une nette amélioration : elles étaient 58% à constater une baisse du CA en juin dernier.

Des rapports plus souples avec les banques participent également à la détente observée : leurs conditions de financement se sont largement assouplies au cours des six derniers mois (en juin 2010, 81% des chefs d’entreprise estimaient « qu’au moins une mesure de durcissement avait été mise en place », en décembre 2010 ils n’étaient plus que 64%, soit 17 points d’écart). Dans le même temps, les chefs d’entreprises de PME semblent s’adresser plus volontiers aux banques qu’au cours des derniers mois. Ils sont ainsi tout juste 1/4 à déclarer se restreindre dans leurs investissements et leurs demandes auprès de leur banque, tandis qu’ils étaient encore 43% à s’autocensurer six mois auparavant. En outre, la nécessité moins prégnante de trouver des financements (60% contre 69%, 6 mois auparavant) participe à ce léger regain d’optimisme et de sérénité.

 

Les dirigeants de PME abordent 2011 avec espoir et confiance

Les chefs d’entreprise de PME sont en bonne posture si on compare leur situation avec celle des autres dirigeants. Cela se ressent dans leurs projections pour l’année 2011.

En novembre 2010, 83% des chefs d’entreprises de PME et ETI étaient confiants pour 2011 (contre 75% des chefs d’entreprise de toutes tailles) selon une étude réalisée pour la Banque Palatine, Challenges et I<Télé par OpinionWay.

Cet état d’esprit a pour conséquence directe de raffermir les projets d’embauche : pour 2011 on note que 21 % des chefs d’entreprises  émettent le projet d’embaucher, tandis  que les projets de licenciements économiques diminuent, portant  à +13 le solde prévisionnel (une augmentation de 6 points en 1 an).

Cependant en dépit de leur optimisme et de ces bonnes dispositions au développement de leurs activités, les PME françaises restent frileuses et ne prévoient pas de mettre en place une stratégie offensive en termes d’innovation et de développement à l’internationale en 2011, confirmant une certaine prudence pour 2011.

 

Des investissements encore timides sur le plan de l’innovation et du développement international

Le rapport timoré des PME françaises à l’international n’a pas fondamentalement évolué depuis quelques années. En novembre 2007, 22% de ces entreprises avaient une activité d’exportation, 10% étaient implantées à l’étranger (principalement dans la zone Euro). Et seul ¼ des PME se montraient désireuses de se développer sur le plan international selon l’institut CSA.

Mais, l’apparition de la crise n’a pas arrangé la situation en France comme le souligne l’enquête d’OpinionWay. En novembre 2009 alors qu’1/4 des PME et ETI européennes ont recherché des opportunités à l’international (en particulier les entreprises de la Mittelstand en Allemagne : 37%) seules 19% des PME et ETI françaises se sont engagées dans cette voie. Bien au contraire, la crise économique est venue compromettre leur stratégie à l’export selon 58% des chefs d’entreprises français (contre  43% en Europe).

L’innovation fut le second parent pauvre des entreprises au plus fort de la crise : ce poste de dépense  s’est vu rogné à l’occasion de la crise économique. Durant l’année 2010 c’est en moyenne 4,6% du CA qui a été consacré à l’innovation (quand en 2007 les PME allemandes lui consacraient 24% de leur CA). Aujourd’hui 38% des PME et ETI françaises sont résolues à augmenter leur part d’investissement dans l’innovation.

 

Les outils existent, reste désormais à trouver et lire la notice

Tout semble en place pour permettre aux PME françaises de saisir les opportunités qui se présentent sur les marchés extérieurs : leur enthousiasme, un rapport aux banques plus serein et de nombreux dispositifs de soutien mis en place par l’Etat devraient permettre de relancer les exportations. En effet, depuis 2008 la loi de modernisation de l’économie, la loi TEPA et le plan de relance ont mis en place des aides à l’export, tout comme le fonds stratégique d’investissement (FSI), ou bien encore  les crédits d’investissements

Dans le même esprit, quelques dispositifs d’aide à l’innovation ont vu le jour : le crédit d’impôt recherche (CIR) et plus globalement des dispositifs visant au soutien financier des PME (crédits de trésorerie, allègement de la taxe professionnelle, …)

Les mesures de soutien existent : reste dorénavant à  accroitre le degré d’information et d’utilisation. Car, si les PME françaises ont le sentiment qu’elles connaissent ces différentes aides (61% selon un sondage réalisé par Ifop en février 2010), rares sont celles qui se sentent très bien informées. Et si l’on s’attache au FSI et à l’aide à l’export ce ne sont plus que respectivement 33% et 22% des chefs d’entreprises qui déclarent connaître ces mesures. Concomitamment les chefs d’entreprise sont plus de la moitié à estimer l’action gouvernementale à leur égard inefficace (58%).

Ce défaut d’information génère une représentation complexe des démarches administratives et des contraintes financières que nécessiterait le développement à l’international. Aussi le gouvernement, s’il souhaite voir les PME de ce pays adopter des stratégies plus agressives dans un contexte par ailleurs propice aux opportunités, devrait sans doute mettre en place de véritables relais d’information pertinents et adaptés. Les dispositifs imaginés n’en seraient que plus utiles et efficaces.

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