Les Républicains pris en étau par le FN et le PS

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Gilles Leclerc

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Journaliste politique, PDG de Gilles Leclerc Conseil

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Moins de deux jours après les résultats du premier tour des élections régionales, Gilles Leclerc revient sur les enseignements majeurs de ce scrutin. Il décrypte notamment la nouvelle donne pour la droite, désormais contrainte de se mobiliser sur deux fronts pour ne pas voir ses espoirs de victoire en 2017 s’envoler.

Délits d’Opinion : Le plafond de verre électoral a-t-il définitivement cédé avec le FN désormais au cœur d’un nouveau jeu politique à trois grands partis ?

Gilles Leclerc : « Le phénomène de la tripartition avait été évoqué lors des précédents scrutins intermédiaires mais ce premier tour ancre définitivement le FN comme un parti majeur. La géographie du vote et l’analyse de la sociologie des électeurs du FN tend à confirmer qu’un nouveau chapitre s’écrit et que le FN est solidement positionné, d’autant qu’à chaque scrutin il a pu et su mobiliser plus de troupes et plus de soutiens.
L’autre marqueur qui confirme ce changement de paradigme c’est la prise de conscience par l’ensemble de la classe politique d’un vote d’adhésion aux idées et aux combats du FN. En effet, s’il parvient encore à séduire les contestataires, le FN est en train d’opérer une mue vers un parti qui est perçu comme pouvant répondre aux attentes ».

Délits d’Opinion : Comment expliquer une telle déroute du PS au niveau national alors même que la popularité de François Hollande semblait rebondir suite aux attentats ?

Gilles Leclerc : « De mon point de vue les résultats du 1er tour ne sont pas une déroute mais une sévère défaite dans la mesure où la vague bleue devrait être évitée avec 3 à 4 régions conservées par le PS. Une résultat rendu possible notamment grâce à une attrition du score pour les alliés du PS à Gauche, lesquels sont désormais marginalisés dans plusieurs régions.
Sur ce point il faut souligner un élément. Malgré le fait que la division puisse parfois élargir la base des suffrages à Gauche, certaines régions ont été perdues du fait de cette division au 1er tour. En effet, la Gauche unie aurait pu s’inviter à la 2e place et contraindre la Droite à un désistement »
La situation de dimanche est également moins pire qu’envisagée il y a quelques mois par le PS, notamment parce que le FN est en passe de mordre dans 2 régions où Les Républicains pensaient l’emporter.
Quant au lien entre Hollande et les candidats, je pense qu’il est faible car les Français ont su faire la différence entre un Président chef de guerre qui parvient à rassurer face à la menace et un parti qui, à leurs yeux, ne répond plus à toutes leurs attentes.
Ce raisonnement peut d’ailleurs se faire pour les électeurs du FN qui ont bien conscience du pouvoir relatif du Président de région et donc de la différence avec le scrutin présidentiel par exemple ».

Délits d’Opinion : Quels peuvent être les conséquences de ce scrutin pour Les Républicains et les  candidats à la primaire ?

Gilles Leclerc : « Ce premier tour fragilise indiscutablement la Droite qui voyait un boulevard jusqu’à 2017. Elle doit désormais se battre sur deux fronts et sur des registres différents. A ce jour, la stratégie n’est pas claire parmi les leaders de Droite et la grille de lecture semble plus complexe après ce premier tour.
L’idée de Nicolas Sarkozy qui visait à repartir à la conquête des électeurs perdus (20% des électeurs Sarkozy du 1er 2012 sont allés vers le FN dimanche) n’est sans doute plus la solution miracle tout comme lui-même semble peiner à incarner le bouclier qu’il évoquait à son retour.
Pour Alain Juppé et Bruno Lemaire la voie au centre-droit semble devoir se confirmer afin de tenter un débordement de l’aile droite du PS pour un rassemblement plus large. Une décision confortée par la remise en cause par l’UDI de la stratégie à droite dès dimanche soir.
Pour tous l’hypothèse d’une Marine Le Pen en bonne position au 2nd tour en 2017 a changé la donne et impliquera une réflexion dès le 14 décembre ».

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