« Le futur Président sera illégitime dès le premier jour de son mandat… »

« Le futur Président sera illégitime dès le premier jour de son mandat… »

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Matthieu Chaigne

Co-fondateur Délits d’Opinion

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Biographie

Diplômé de Dauphine, de l’EDHEC et d’un master de Lettres à la Sorbonne, Matthieu Chaigne commence sa carrière en tant que planneur stratégique au sein d'Ogilvy. En  2012,il intègre le cabinet de communication stratégique Taddeo comme Directeur Conseil. Il est aujourd'hui Directeur Associé du groupe BVA (pôle conseil/ Le pouvoir des idées)  il est par ailleurs l'auteur de "La France en Face" aux éditions du Rocher.  

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Nous vous proposons  de retrouver  ci-dessous  l’article publié sur le site de l’Express il y a quelques jours.

Pour Matthieu Chaigne, cofondateur du site Délits d’Opinion, le candidat qui sera élu à l’élection présidentielle devra lutter contre un procès en illégitimité, né d’une campagne qui a raté son rendez-vous avec les Français.

 » Au bout du tunnel, il y a l’enfer. Des semaines que François Hollande et Nicolas Sarkozy enchaînent salles de meetings et plateaux TV, le visage blafard malgré le fond de teint. Ils ont le 6 mai en ligne de mire. Drôle de Graal qui signera, pour le vainqueur, le début d’un long chemin de croix.

Et là réside la seule certitude de ce scrutin par défaut: quel qu’il soit, le prochain président de la République sera illégitime dès le premier jour de son mandat. La motivation première des électeurs de François Hollande? Dans une écrasante majorité, le rejet de Nicolas Sarkozy. Seuls 39% sont d’abord mus par la perspective de voir François Hollande exercer la fonction présidentielle, selon le baromètre Ifop du mois de février. La réciproque est vraie parmi les électeurs de Nicolas Sarkozy. Comment expliquer cette défiance annoncée?

Courte lune de miel

Le futur élu payera d’abord pour la démagogie passée. Devenir président, c’est endosser le costume de menteur en puissance taillé par des décennies de promesses non tenues. Vaccinés contre les surenchères de campagnes, nos compatriotes sont sans illusions: une écrasante majorité de sondés -88% selon TNS Sofres- considère que le candidat élu ne respectera pas les promesses faites. L’état de grâce a définitivement vécu. Déjà en 2007, et malgré une élection confortable avec 53% des suffrages, le président Sarkozy ne bénéficie que d’une lune de miel éphémère avec les Français. Entre septembre 2007 et mai 2008, sa cote de popularité chute de plus de 32 points. L’idylle aura duré quatre mois.

Quatre mois de trêve avec l’opinion relèverait du conte de fée pour le futur président élu à l’issue d’une bien morne campagne qui excelle dans l’art de la démobilisation: 32% des électeurs ont l’intention de bouder les urnes, selon un sondage Ifop pour le JDD du 1er avril. C’est un chiffre historique et en progression. Plus l’échéance se rapproche, plus la pression médiatique expose les candidats et leur programme, et moins nos compatriotes ont envie de voter.

Des thèmes inadaptés

En cause notamment, le dialogue de sourds entre les thèmes développés dans les QG et les questions des « vrais gens ». A droite, après avoir étouffé toutes les candidatures de son camp, le président sortant jouit du monopole pour imposer les thèmes régaliens. Articulant son discours sur la maîtrise du destin individuel et collectif, Nicolas Sarkozy joue habilement sur le sentiment de dépossession économique et culturel des Français. Mais en focalisant son attention sur les questions d’immigration et de sécurité, il ignore que la peur du déclassement des classes moyennes cohabite avec une envie de reconquête économique et sociale. »

Lire la suite sur l’Express : http://www.lexpress.fr/actualite/politique/le-futur-president-sera-illegitime-des-le-debut-de-son-mandat_1100939.html

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