Le FN peut-il ranimer la flamme ?

Le FN peut-il ranimer la flamme ?

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Raphaël Leclerc

Co-fondateur Délits d'Opinion

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Biographie

Ancien élève de la Sorbonne, du Kings Collège à Londres et diplômé de la London School of Economics, Raphaël Leclerc a travaillé en institut d’études sur des thématiques d’opinion puis en cabinet de conseil en communication. Il est aujourd’hui Directeur Conseil au sein d’ELABE, un acteur hybride qui associe études, planning stratégique et conseil.

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logo-fnA moins d’un mois du premier tour des élections régionales, un dernier sondage publié par Opinion Way le 20 février confirme la tendance d’autres instituts : Le FN ne décolle pas dans cette campagne, se situant bien loin des 14, 7 % réalisés en 2004. Avec 9% des intentions de vote, le parti semble avoir perdu de sa flamme alors que ce scrutin sera selon toute vraisemblance le dernier combat politique de son leader historique. Malgré un poids politique déclinant depuis avril 2002 (14,7 % en 2004, 10,88% en 2007 9,8% en 2009), le FN entend démontrer que l’après « Jean-Marie » peut être envisagé avec sérénité.

Ce scrutin régional, le FN souhaiterait d’abord qu’il soit le point de départ d’une reconquête,  qu’il démontre dans les urnes les limites du siphonage sarkozyste. Au cœur de la logique frontiste, il y a la certitude que le débat sur l’identité nationale ne peut au final que lui servir. Une enquête IFOP confirme que le débat sur cette thématique  a  vraisemblablement repositionné le parti frontiste et ses thèses sur le devant de la scène. Ainsi, 43% des Français estiment que le débat a permis de recentrer le FN dans le débat public. Pourtant, la pression sur l’identité nationale ne s’accompagne pas d’une montée en puissance des thèmes frontistes. A l’inverse,  le recul des idées défendues par le FN au sein de la population est manifeste comme l’a démontré la récente enquête de TNS Sofres publiée au mois de janvier 2010 : le sentiment d’adhésion aux idées exprimées par le FN a chuté de 8 points depuis décembre 2006.

Réalisée en plein débat sur l’identité nationale, le scrutin régional est donc un test national à la fois pour le FN et pour l’UMP dans la perspective de 2012. On note tout d’abord que l’électorat FN, d’habitude si déterminé dans ses choix exprime une incertitude (relative)  dans  la détermination de son vote: 62% contre 69% au PS à l’UMP selon un sondage TNS Sofres. Cette faiblesse actuelle est également mise en lumière par l’enquête CSA de février. Alors que l’UMP craignait un retour au bercail d’ex-frontistes convertis au sarkozysme en 2007, seul un nombre extrêmement limité d’électeurs sarkozystes de 2007 affirment vouloir se reporter sur le FN lors de ces régionales (4%).

Pour le FN, ce scrutin a aussi pour objectif de redynamiser le tissu électoral frontiste en faisant monter en puissance des figures locales.  Pour cela, les dirigeants ont fait le pari des territoires en faisant émerger des nouvelles têtes pouvant s’imposer comme lieutenants de demain aux côtés de Marine Le Pen. Parmi eux, on citera Patrick Binder en Alsace (18,58 selon l’Ifop) ou Steve Briois qui épaule Marine Le Pen dans le Nord. Leur mission pour ces élections régionales : assurer le maintien au second tour et faire basculer l’élection lors de triangulaires comme semble en mesure de le faire Jean-Marie Le Pen en PACA, qui avec 17% des intentions de vote (16%+1% de la liste Bompard selon l’étude de Ifop/Public Sénat du 22 février) entend jouer son rôle préféré de trublion.

Depuis le mois d’octobre 2009, les intentions de vote en faveur du FN n’ont jamais excédé les 10% selon Opinion Way. Le FN, comme de coutume, parle déjà d’un résultat surprise à même de faire mentir les sondages. Mais force est de constater à la lumière des précédents scrutins, que l’écart entre les estimations du FN et les résultats finaux ne cessent de s’amenuiser. Le mythe des « voix cachées » semble avoir vécu.

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