La perte du AAA : le coup de grâce pour Nicolas Sarkozy ?

La perte du AAA : le coup de grâce pour Nicolas Sarkozy ?

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Raphaël Leclerc

Co-fondateur Délits d'Opinion

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Biographie

Ancien élève de la Sorbonne, du Kings Collège à Londres et diplômé de la London School of Economics, Raphaël Leclerc a travaillé en institut d’études sur des thématiques d’opinion puis en cabinet de conseil en communication. Il est aujourd’hui Directeur Conseil au sein d’ELABE, un acteur hybride qui associe études, planning stratégique et conseil.

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A cent jours du premier tour de l’élection présidentielle, le chemin qui sépare Nicolas Sarkozy d’un second mandat n’a rien à envier au périple de Napoléon Ier au printemps 1815. Celui que l’on a souvent comparé au petit caporal vient de perdre en ce vendredi 13 un des derniers atouts sur lequel il aurait pu bâtir sa campagne.

Sur le papier, sur le terrain et dans les sondages, l’affaire semble entendue. Le Président le plus impopulaire à l’heure d’aborder une échéance électorale ne possède plus beaucoup de joker et si la crise ne lui est pas imputable, sa gestion ne donne pas satisfaction, à droite comme à gauche.

En participant depuis un an à la communication relative aux agences de notations, la Président s’est positionné comme celui qui tiendrait la barre, saurait gérer la crise et permettrait à la France de demeurer membre du club des AAA. En échouant, il s’est mis dans une position plus que difficile. En effet, si les marchés avait en réalité anticipé cette dégradation depuis quelques semaines, l’annonce de S&P constitue néanmoins un cataclysme politique.

Alors que les instituts de sondages ne devraient pas tarder à illustrer le sentiment qui prévaut chez nos compatriotes, les résultat d’une enquête OpinionWay publiée en décembre 2011 confirme les incidences de cette décision aux yeux des Français. 68% des Français estimaient à l’époque que la perte du AAA serait à mettre au débit du Président ; un chiffre supérieur à 75% chez tous les sympathisants politiques mis à part ceux de droite (32%). Plus grave, dans un contexte de compétition électorale, 87% des Français affirmaient que la dégradation aurait pour conséquences la mise en place de nouvelles mesures d’économies.

Cependant, il n’est pas dit que cette catastrophe économique profite au concurrent direct socialiste, François Hollande. Plus vraisemblablement ce sont les offres politiques alternatives qui risquent de bénéficier d’un regain d’intérêt. Déjà placées sur une bonne dynamique, la candidature de François Bayrou placée sur le thème de l’union nationale et celle de Marine Le Pen, marquée du sceau anti-UE et résolument protectionniste, pourraient venir déstabiliser le duel annoncé.

Dans une campagne où tout ira très vite et où rien ne semble en fait vraiment acquis il n’est pas dit que Nicolas Sarkozy ne parvienne pas à convaincre. En 2007, alors au pouvoir, il avait su démontrer qu’il incarnait la rupture, en 2012 il faudra parvenir à démontrer que le bout du tunnel existe et qu’il peut y amener le pays.

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