Jack Lang : touche pas à mon pote !

Jack Lang : touche pas à mon pote !

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Matthieu Chaigne

Co-fondateur Délits d’Opinion

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Biographie

Diplômé de Dauphine, de l’EDHEC et d’un master de Lettres à la Sorbonne, Matthieu Chaigne commence sa carrière en tant que planneur stratégique au sein d'Ogilvy. En  2012,il intègre le cabinet de communication stratégique Taddeo comme Directeur Conseil. Il est aujourd'hui Directeur Associé du groupe BVA (pôle conseil/ Le pouvoir des idées)  il est par ailleurs l'auteur de "La France en Face" aux éditions du Rocher.  

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Le P.S sans Jack Lang : inimaginable pour les Français. Ce dernier avait voté début juillet en faveur de la réforme de la Constitution, osant s’affranchir de la consigne du P.S. Partisans d’une exclusion, certains cadres du PS ont vu leurs ardeurs refroidies par un sondage CSA – Le parisien paru en Juillet 2008 : 64 % des Français en effet pensent que le PS ne doit pas exclure Jack Lang. Le chiffre grimpe à 74% parmi les sympathisants socialistes.

Première explication de cette levée de bouclier, la popularité inaltérable dont jouit Jack Lang. Même si sa cote d’avenir – souhait des français de voir Jack Lang jouer un rôle important dans les mois ou les années à venir- a légèrement baissé par rapport aux années 2001-2005, l’ancien ministre de la Culture bénéficie encore du soutien d’un tiers des Français, le plaçant ainsi dans le carré de tête des socialistes les plus populaires.

Mais, plus profondément, ce refus de voir Jack Lang sanctionné peut apparaitre comme un démenti de l’opposition systématique opérée par le P.S sous l’ère Hollande. Selon le même sondage CSA en effet, 53% des français jugent que Jack Lang a eu raison de voter pour la réforme de la Constitution, si cette réforme « correspond à ce qu’il souhaite», contre 23% d’un avis contraire. En d’autres termes, aux yeux des Français, l’avis personnel doit prévaloir sur la logique collective, quitte à s’affranchir des appartenances partisanes. Un état d’esprit qui permettrait aussi d’expliquer, en partie du moins, le maintien de la cote de popularité du ministre des affaires étrangères Bernard Kouchner. Ce dernier est toujours la personnalité préférée des français, un an après son entrée dans un gouvernement de droite, selon le baromètre TNS SOFRES de juin 2008.

Ces résultats sont en phase avec un mouvement sociétal constaté depuis des années, de prise de distance vis à vis de l’autorité, qu’elle soit religieuse, familiale ou professionnelle. Et c’est peut-être là que se trouve l’enseignement le plus douloureux pour le PS : les Français ne se sont pas retrouvés dans cette séquence clanique d’ostracisme, parce qu’il s’agissait de Jack Lang, mais aussi parce que le principe de sanction semblait issu d’un autre temps. Conséquence directe, le PS se coupe de son socle historique. Le cas Jack Lang laisse  ainsi indifférent les chômeurs et les étudiants qui à 41% et 39% déclarent n’avoir pas d’avis sur la question.

Enfin, dernier revers pour le PS, cette réforme est populaire. Ainsi, selon un sondage IFOP du 18 juillet 2008 pour Paris-Match, les Français adhèrent fortement aux différents volets de la loi. Ils sont 89% à approuver le principe d’une autorisation du gouvernement pour toute opération militaire dépassant 6 mois, 86% à être d’accord pour limiter à deux le nombre de mandats du président, ou bien encore 86% à approuver la saisie du conseil constitutionnel pour vérifier la conformité d’une loi aux principes fondamentaux.

La question du type d’opposition à mener ne peut plus être esquivée au PS. L’équilibre sera d’autant plus dur à trouver entre ligne dure et esprit constructif, que les épisodes du NON à la constitution ou bien le succès d’un Besancenot démontrent paradoxalement que les Français ne sont pas les derniers à jouer avec l’arme de l’opposition pavlovienne.

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