Génération Y et présidentielle : une jeunesse apathique

Génération Y et présidentielle : une jeunesse apathique

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Frédéric Pennel

Analyste Délits d’Opinion

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Biographie

Journaliste de formation, Frédéric Pennel est spécialiste en sciences politiques et en questions internationales. Après une expérience en institut de sondage, il a piloté les études d’opinion au sein du ministère de la défense. Il est actuellement consultant éditorial en agence de communication.

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Ils avaient auparavant les Beatles, Mai 68 et Salut les copains. Désormais, l’I Phone, Youtube et Facebook règnent sur leur quotidien. Dotée de codes spécifiques, les jeunes des sociétés occidentales sont estampillés d’une lettre : Y. La génération Y se situe au carrefour d’une révolution technologique et de l’information inédite, d’un contexte de chômage de masse structurel, ainsi que d’une crise de l’autorité des adultes. Un sondage Ifop du mois d’octobre démontre que les parents estiment majoritairement se montrer « trop laxistes » (75%), « trop stressés » (71%), « trop copains » (65%) à l’égard de leurs enfants. Les principales caractéristiques des Y sont sa soumission à la tyrannie de l’instantanéité et du zapping, sa défiance à l’égard de la hiérarchie, son inclination à l’individualisme et sa propension au narcissisme. Mais avec un coeur généreux.

La première vague de cette nouvelle génération se présentera aux bureaux de vote dans quelques semaines. La jeunesse n’a pourtant pas constitué, lors des élections récentes, un enjeu numérique prioritaire. Elle représente certes 14% du corps électoral, mais elle s’abstient plus que toutes les autres catégories d’âge, avec un grand nombre d’électeurs intermittents,

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votant pour une élection et pas à une autre. 2007 a représenté une notable exception, les 18-24 ans ayant participé à la même hauteur que les autres (84%).

La jeunesse constitue pourtant l’avenir du pays ; les valeurs qu’elle porte irrigueront progressivement toutes les nervures de la société. Si l’élection présidentielle est bien la rencontre entre un homme et le peuple, il serait inconcevable pour un candidat de ne pas cheminer vers la jeunesse. Mais quelles aspirations animent les jeunes dans notre société ? Existe-t-il un vote qui leur serait propre ?

LA GENERATION Y : UNE REALITE SOCIOLOGIQUE OU UN CONCEPT MARKETING ?

Les sondages valident un certain nombre de critères caractérisant la génération Y. Ils confirment que les jeunes accordent une importance forte au temps libre, à la famille et aux amis, mais, qu’ils ressentent également un vrai goût pour le travail (91%). Ils valorisent beaucoup le diplôme qu’ils estiment important pour s’insérer dans le monde professionnel (35% seulement pensent que la motivation permet de trouver un travail intéressant si l’on n’a pas de diplôme). Les 18-24 ans constituent une génération mobile professionnellement (69% pense qu’ils auront plusieurs jobs dans leur vie), qui a bien fait le deuil de l’emploi à vie.

La jeunesse n’a plus d’idéal fort et ne place pas l’engagement (politique, associatif ou syndical) comme une valeur prioritaire pour réussir sa vie (seulement 19%). Mais elle garde des convictions fortes : elle stigmatise d’abord les inégalités et la malhonnêteté comme les deux principaux défauts de la société française. Cela étant, tous les jeunes ne s’inclinent pas devant la loi : ainsi, la pression d’Internet a évacué un certain nombre de biens de la sphère marchande. Les jeunes sont ainsi très

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majoritairement opposés à la loi Hadopi (76%).

Il n’existe pas de rupture idéologique entre eux et leurs aînés ; les jeunes n’opposent pas une contre-culture au reste de la société. Les sociologues insistent sur les nombreuses références musicales ou cinématographiques que les jeunes empruntent à leurs parents. Les sondages mettent quant à eux en évidence les valeurs soulignées par les jeunes qui correspondent parfaitement à celles de la République dans sa version originelle et la plus généreuse : solidarité, égalité, laïcité, Nation, France etc. constituent autant de termes jugés positifs par les jeunes. En revanche, ils se montrent plus ambivalents sur les notions de réformes, de profit ou de mondialisation, rejoignant les perceptions empreinte de méfiance par leurs aînés. Plus surprenant

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encore, ils ne se distinguent pas par leur permissivité : une très grande majorité d’entre eux s’oppose à la dépénalisation du cannabis (60%).

Le concept de génération Y comprend notamment la prédisposition des jeunes à l’entreprenariat, une forme de résilience face à la crise. Les sondages ne confirment pas ce postulat puisque la part de jeunes envisageant de créer une entreprise est similaire au reste des Français (10% y pense sérieusement).

L’INTEGRATION AU MONDE DU TRAVAIL, LA CLE D’ENTREE POLITIQUE VERS CETTE GENERATION

Les jeunes se sentent peu intégrés et reconnus par la société. Non pas en raison d’une rupture culturelle comme dans les années 60, mais du fait de l’épaisseur du mur les séparant d’un marché du travail difficilement accessible. Ils estiment ainsi que les entreprises leur laissent peu de chance (89%). D’un point de vue électoral, la lutte contre le chômage constitue la première aspiration de la jeunesse (83%). Chômage, école, pouvoir d’achat et santé : ils rejoignent ainsi leurs parents et grands-parents dans le quatuor des préoccupations prioritaires. La faiblesse de leur construction idéologique a empêché l’émergence de toute aspiration spécifique forte. Une seule exception, liée elle aussi à leur âge : ils se montrent davantage préoccupés par le logement que les autres (42% contre 30% pour l’ensemble des Français).

Contrairement à toutes les annonces les plus alarmistes sur leur état d’esprit, les jeunes se montrent plutôt optimistes pour leur avenir (72%) ; c’est la société française dans son ensemble qui fait l’objet de leur pessimisme (76%). Ils rejoignent en ce sens le reste de l’opinion, décliniste quant à sa perception de la situation de la France, mais plutôt optimiste pour elle-même.

Les informations ont beau circuler toujours plus vite pour les jeunes, leur opinion ne diverge pas vraiment de celle de l’ensemble des Français. En dépit de toutes les frustrations qu’ils peuvent ressentir, ça ne sera sûrement pas le génération Y qui sera à l’origine du Grand Soir.

UN INTERET TRES LIMITE POUR LA CAMPAGNE

les jeunes montrent un intérêt tout relatif à la campagne. Ainsi, apparemment sans grande excitation, les primo-votants abordent leur première présidentielle sous un angle critique :

– seuls 55% d’entre eux estiment que la campagne leur donne envie de voter ;

– 34 % analysent que la campagne aborde les vrais problèmes des gens comme eux.

Quant aux canaux médiatiques utilisés pour s’informer sur la campagne, l’importance d’Internet pour les digital native ne doit pas occulter que le premier levier d’information demeure, et de très loin, la télévision (pour 81%). Il s’agit aussi du moyen le plus « passif » pour s’informer, correspondant moins à une démarche volontaire de recherche. Les sites d’information sur Internet, qui nécessitent quant à eux un effort personnel, arrivent ensuite (36%), devant la radio (27%) et les discussions avec la famille (26%).

LE COEUR A GAUCHE MAIS L’ABSENCE D’UN ANTISARKOZYSME PRONONCE

Il s’agit une constante : les jeunes se situent majoritairement à gauche de l’échiquier politique. La faiblesse de leurs revenus les poussent à des élans généreux, leur jeune âge les montrent réceptifs aux idées nouvelles – qui émergent le plus souvent à gauche – et ouverts sur les questions sociétales. Lors de la dernière présidentielle de 2007, Ségolène Royal avait recueilli les suffrages de 56% des 18-24 ans (contre 47% en moyenne). La candidate socialiste avait également pu faire son miel sur un antisarkozysme virulent dans cette frange de la population. A cette époque, Nicolas Sarkozy avait particulièrement échaudé une partie de la jeunesse par sa posture de fermeté dans les banlieues.

Désormais, ce sont les 25-34 ans, les « anciens jeunes », qui se montrent les moins favorables au chef de l’Etat (en mars, 24% d’opinion favorable contre 41% en moyenne). Les 18-24 ans en ont apparemment une image plus apaisée (42% d’opinion favorable). Ils ne font certes pas exception à la règle de sociologie politique et gardent majoritairement leur cœur ancré à gauche. Mais moins qu’auparavant. Selon l’Ifop, Marine Le Pen avait même réussi à mobiliser jusqu’à un quart de leurs voix, mais ses intentions de vote ont fondu de 26% à 16% entre janvier et aujourd’hui. Cela a pu profiter à Nicolas Sarkozy dont les suffrages virtuels ont gonflé quant à eux de 20 à 27% dans le même laps de temps. Et François Hollande ne réalise pas ses meilleurs résultats chez les jeunes avec seulement 24%.

Globalement, les résultats des jeunes pour chacun des candidats se rapprochent de ceux de l’ensemble des Français : il n’existe donc pas de « vote Y » spécifique, contrairement à 2007 où la jeunesse avait contribué à porter Ségolène Royal.

Au second tour, et de manière encore plus prononcé que pour l’ensemble des Français, l’écart entre les deux candidats les plus à même d’être qualifiés s’est réduit de moitié entre janvier et maintenant, passant de 20 points à 10 points. Cependant, François Hollande reste encore – mais au second tour uniquement – largement le candidat plébiscité par la jeunesse. Nicolas Sarkozy est parti à sa conquête, en lançant l’idée d’une « banque de la jeunesse » pour les aider à gagner leur autonomie pour créer des entreprises, obtenir des prêts étudiants. Mais cela suffira-t-il pour que les jeunes zappent Hollande ?

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