Élection présidentielle américaine : Hillary Clinton en position de force

Élection présidentielle américaine : Hillary Clinton en position de force

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Mathieu

Analyste Délits d’Opinion

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Biographie

Après des études à l’IEP de Grenoble et un master en sociologie politique à Sciences Po Paris, Mathieu a travaillé dans un institut de sondages. Il est aujourd’hui chargé d’études au sein d’une administration publique.

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A trois jours de l’élection présidentielle américaine, la situation semble plus incertaine que jamais. Suite à l’annonce par le FBI de la réouverture d’une enquête à propos des e-mails de Hillary Clinton, l’avance de la candidate démocrate sur Donald Trump a fondu, aussi bien au niveau national que dans les fameux swing states, ces États clé qui décideront du nom du prochain président des États-Unis.

En utilisant des données de sondages, mais aussi celles portant sur le financement des campagnes, leur organisation sur le terrain ou encore sur la situation économique des États-Unis, nous vous proposons un Cahier de Délits d’Opinion faisant le point sur les chances respectives des deux candidats. Au terme de cette analyse, une conclusion s’impose : Hillary Clinton devrait être élue, dans la nuit de mardi à mercredi, 45ème présidente des États-Unis.

Hillary Clinton bénéficie des changements démographiques de l’électorat américain.

Comptant pour 5% des électeurs au sortir de la Seconde Guerre mondiale, les minorités ethniques pourraient cette année représenter trois électeurs sur dix. Cette croissance démographique favorise les démocrates, qui bénéficient du vote massif des afro-américains, les hispaniques et les asiatiques. Tous les quatre ans, la tâche devient plus difficile pour les républicains face à un électorat de moins en moins favorable.

Une difficulté accrue cette année par le basculement des classes moyennes blanches dans le camp démocrate. Alors que, depuis des décennies, elles formaient une des bases électorales les plus solides du parti républicain, la personnalité de Donald Trump aussi bien que son discours populiste semblent pousser cet électorat dans les bras d’Hillary Clinton.

En revanche, Donald Trump devrait obtenir un score historique au sein des catégories populaires blanches. Un basculement lié à son discours mêlant populisme économique et nativisme, populaire au sein de cet électorat. Une évolution qui risque d’être insuffisante : les « petits blancs » sont en plein repli démographique, et le risque que cet électorat traditionnellement abstentionniste ne se rende pas aux urnes est élevé.

Hillary Clinton est jugée plus crédible pour accompagner la reprise économique

La crise économique de 2008 est désormais derrière les États-Unis : le niveau du chômage est revenu à son niveau d’avant-crise, et le revenu moyen par foyer a fortement progressé en 2015, revenant là aussi à son niveau d’avant 2008. Une situation qui favorisera Hillary Clinton, même si Donald Trump pourrait profiter de la montée des inégalités, la reprise profitant davantage aux Américains les plus aisés.

L’amélioration de la situation économique reste pour autant la priorité des Américains, qui se disent aussi très préoccupés par le maintien de la sécurité sociale et du système de santé. Autant d’enjeux sur lesquels Hillary Clinton est généralement jugée plus crédible que Donald Trump. Ce dernier, qui a mis la question de l’immigration au cœur de sa campagne, est même dominé par la démocrate sur cet enjeu, jugé secondaire par la grande majorité des Américains.

Un climat politique qui est plus favorable aux démocrates

Si les deux candidats sont historiquement impopulaires Donald Trump l’est plus encore que son adversaire : dans les derniers sondages, 41% des Américains en moyenne font confiance à Hillary Clinton, contre 35% à l’homme d’affaire. Mais si l’ancienne First Lady n’est pas aimée, de larges majorités des Américains lui prêtent des traits de personnalité essentiels qui font défaut à son adversaire : expérience, connaissance des dossiers, capacité à gérer une crise, etc.

La candidate démocrate bénéficie aussi de la popularité du président sortant, un avantage non négligeable quand un parti brigue la Maison Blanche pour un troisième mandat d’affilé. Barack Obama quitte en effet le pouvoir avec une popularité record d’environ 53%, un niveau qu’il n’avait pas atteint depuis sa réélection en 2012. Enfin, l’image positive du parti démocrate est aussi un atout pour Hillary Clinton, face à un parti républicain que les Américains perçoivent comme divisé, extrémiste éloigné des préoccupations des Américains.

La campagne démocrate bénéficie d’un meilleur financement et d’une organisation supérieure

Depuis le lancement de sa campagne en 2015, Hillary Clinton et les organisations qui la soutiennent ont levé plus d’un milliard de dollars, contre à peine plus de 500 millions de dollars pour Donald Trump. Un tel différentiel entre le financement des campagnes est rare, et pourrait coûter cher au républicain.

Ce financement a notamment permis à la campagne démocrate de développer une infrastructure de terrain puissante, appuyée sur de nombreux permanents et volontaires et sur un nombre record de bureaux locaux. Autant d’éléments susceptibles d’aider les démocrates dans la mobilisation de leur électorat, et qui contrastent avec la faiblesse de l’organisation républicaine, dont Donald Trump aurait pourtant cruellement besoin pour pousser aux urnes les « petits blancs ».

Enfin, l’avantage financier de Hillary Clinton lui a permis d’inonder les swing states de publicités télévisées et radio, devançant largement son adversaire en terme de budget autant que de nombre de publicités diffusées. Un avantage qui pourrait avoir un impact léger mais décisif auprès des électeurs indécis.

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L’étude complète est disponible sur notre site.

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