2019 : quelles perspectives pour l’exécutif ? (1/2)

2019 : quelles perspectives pour l’exécutif ? (1/2)

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Olivier Vanbelle

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Biographie

Après des études à Sciences Po et à l’ENS de la rue d’Ulm, Olivier a travaillé au sein d'un institut de sondages. Il a ensuite évolué au sein de cabinets de conseil auprès du secteur public.

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Crise sociale, cote de popularité en berne, affaire Benalla 2, croissance économique revue à la baisse : l’année 2019 commence avec un alignement des planètes particulièrement délicat pour l’exécutif. Comment tirer profit de cette année qui s’annonce clé pour l’exécutif (et pour la France !) et rebondir vers la série électorale lourde jusqu’en 2022 ?

Plus qu’une popularité en berne, une rupture de confiance

Un climat de défiance rarement connu sous la Vème République s’est installé depuis quelques mois : outre les effigies d’Emmanuel Macron décapité, la métaphore filée entre Brigitte et Marie-Antoinette et les témoignages se multipliant d’élus LREM insultés ou menacés, on assiste à un véritable raz-de-marée de haine qui témoigne d’une rupture forte entre les promesses d’un  « nouveau monde », annoncées il y a à peine 18 mois, et une partie de la population.

Au-delà de la partie la plus « radicalisée » des contestataires, représentant au final, d’un point de vue quantitatif, une portion congrue de la population, une défiance plus générale s’est installée au sein de l’opinion.

Premier élément marquant : une cote de popularité en forte baisse

La tendance est connue, rabâchée et largement commentée ces dernières semaines : le Président de la République et le Premier Ministre connaissent un effondrement majeur de leur côte de popularité respective. Depuis décembre 2017, où le premier pouvait encore se prévaloir d’une opinion majoritairement favorable (52% d’opinions favorables selon le baromètre Ifop/JDD), celle-ci n’a fait que chuter pour atteindre désormais un score, oscillant entre 20% et 25% selon les différents instituts . Il se situe désormais à un niveau comparable à celui de son prédécesseur et bien en-deçà de ce qui était mesuré pour Nicolas Sarkozy à même époque.

 

L’analyse détaillée de ces résultats révèle que seuls les cadres et professions intellectuelles supérieures apportent une poche de résistance avec 41% d’opinion favorable, quand les employés ou les ouvriers affichent une défiance jaugée entre 80% et 85%.

Cet écart marqué entre ces catégories de population se reflète d’ailleurs au travers du soutien au mouvement des gilets jaunes et avait déjà été souligné lors d’un article précédent (( http://delitsdopinion.com/1analyses/la-delitement-de-la-societe-france-derriere-les-gilets-jaunes-22877/ )).

Désormais, la frange de la population au revenu net mensuel supérieur ou égal à 3500€, est majoritairement favorable à un arrêt du mouvement (61% contre 38% qui souhaitent qu’il se poursuive). ((http://www.odoxa.fr/sondage/perspectives-2019-francais-attendent-desormais-resultats-front-pouvoir-dachat/))

 

Derrière la côte de popularité, une capacité à affronter les « principaux problèmes qui se posent au pays » largement remise en cause.

La vague de décembre du baromètre Elabe met en avant une baisse continue du niveau de confiance inspiré par le Président de la République et son Premier Ministre. En un an, la part des Français déclarant ne pas faire « confiance du tout »  au chef de l’Etat, a progressé de 31 points (de 20% en janvier 2018 à 51% en décembre 2018).

Même parmi son électorat, ils ne sont plus que 59% à lui faire confiance. Chez les cadres et professions intellectuelles supérieures, 61% font état de leur défiance à l’égard du Président de la République.

Le Chef de l’état et le Chef du gouvernement sont désormais au même niveau que leur prédécesseur du quinquennat précédent à la même période.

 

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  1. 2019 : quelles perspectives pour l'exécutif ? (2/2) | Délits d'Opinion
    2019 : quelles perspectives pour l'exécutif ? (2/2) | Délits d'Opinion01-16-2019

    […] Suite de notre premier article, nous analysons ici la situation économique et les marges de manœuvre politique possibles pour 2019. […]

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