2012 se tranchera dans l’isoloir et pas ailleurs

2012 se tranchera dans l’isoloir et pas ailleurs

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Raphaël Leclerc

Co-fondateur Délits d'Opinion

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Biographie

Ancien élève de la Sorbonne, du Kings Collège à Londres et diplômé de la London School of Economics, Raphaël Leclerc a travaillé en institut d’études sur des thématiques d’opinion puis en cabinet de conseil en communication. Il est aujourd’hui Directeur Conseil au sein d’ELABE, un acteur hybride qui associe études, planning stratégique et conseil.

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Le choix du bulletin, un choix long à se dessiner

Malgré le nombre croissant d’enquêtes relatives aux intentions de votes publiés (ou non), par les instituts de sondages avant une élection, chaque scrutin vient rappeler à quel point la cristallisation du vote n’intervient que tard. En effet, six mois avant l’élection, près d’un Français sur deux n’est pas en mesure de donner son choix final. Selon l’institut CSA (8 avril 2007), 42% des Français n’avaient pas encore fait leur choix deux semaines avant le premier tour en 2007. Le jour du vote, on évalue qu’un électeur sur quatre (22% selon le Cevipof) peut encore changer d’avis. Dans ce contexte, à quoi bon sonder, décrypter, analyser et projeter nos fantasmes politiques d’un lendemain d’élection ?

En 2007, le niveau de participation avait atteint un niveau record (83,77%) ; soutenu il est vrai par une mobilisation forte de l’Etat ainsi que par la campagne elle-même. Alors qu’en 2012 on se dirige vers une élection dont les protagonistes sont des acteurs majeurs de la vie politique depuis plus d’une décennie, on pourrait douter de l’intérêt des Français pour le scrutin. Pourtant, il n’en n’est rien selon une récente enquête de l’Ifop qui indique un niveau d’intérêt supérieur aujourd’hui que cinq and plus tôt (45% des Français déclarent en parler contre 41% en 2006).

Le contexte économique tendu et le désir d’alternance formulé par une majorité de citoyens permettent d’expliquer cette forte attractivité pour le scrutin présidentiel, historiquement le plus prisé par nos concitoyens.

 

Le vote : entre matérialisme et foi démocratique

Dans ce contexte, l’institut BVA a interrogé les Français sur leur désir d’avoir recours au vote par Internet en 2012. La réponse est sans appel, c’est un non franc et fort : 61% des Français âgés de plus de 15 ans et plus ne souhaitent pas que l’on puisse voter par ce biais. A y regarder de plus près ce rejet ne peut se justifier par la fracture numérique (plus des 2 tiers des Français sont connectés) mais plutôt par un désir de voter, d’utiliser son droit de citoyen et de se déplacer au bureau de vote de sa commune. La dernière primaire socialiste a d’ailleurs démontré la valeur du vote et son intégration dans un processus civique possiblement renforcé par les luttes au Maghreb, là où le peuple est encore mort pour gagner le droit de vote. Elément intéressant de ce constat, ce sont les plus jeunes, pourtant très « connectés » qui rejettent le plus cette méthode. L’argument du risque de fraude n’est pas indiqué mais il apporterait sans doute un éclairage nouveau sur ce chiffre.

L’élection présidentielle de 2012 se profile. Dans six mois les Français se prononceront pour élire leur Président ; une fois n’est pas coutume la décision se fera dans l’isoloir a l’aide d’un bulletin de vote et d’une carte d‘électeur, héritages d’une tradition démocratique à laquelle le peuple semble encore bien accroché.

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